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	<title>Savetibet &#187; Multimédia</title>
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		<title>Interview du Dr. Lobsang Sangay  par la Libre Belgique</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Nov 2011 14:58:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Interview du Dr. Lobsang Sangay par la Libre Belgique...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Avec l&#8217;aimable autorisation de <em>La Libre Belgique</em></strong><br />
<em><a href="http://www.savetibet.fr/pdf/LIBRE_012.pdf"><img class="alignnone size-full wp-image-1166" title="Lisez l'article (format PDF)" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2011/11/itv_libre_dr_lobsang_sangay.jpg" alt="" width="625" height="515" /></a></em></p>
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		<title>Comment la Chine s’attaque à Bruxelles</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Mar 2011 09:23:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<description><![CDATA[Le bâtiment est très officiel et froid. Il accueille une centaine de personnes : diplomates, chercheurs, universitaires. C’est la mission diplomatique chinoise à Bruxelles...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>
<p><div id="attachment_1024" class="wp-caption alignnone" style="width: 591px"><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2011/03/chine-europe.jpg"><img class="size-full wp-image-1024   " title="chine-europe" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2011/03/chine-europe.jpg" alt="" width="581" height="385" /></a><p class="wp-caption-text">Image : http://www.eurosduvillage.eu/</p></div></h2>
<h2>« En face de nous, beaucoup d’incompréhension »</h2>
<p>Le bâtiment est très officiel et froid. Il accueille une centaine de personnes : diplomates, chercheurs, universitaires. C’est la mission diplomatique chinoise à Bruxelles, la voix de la Chine auprès de l’Union Européenne.<br />
Pour avoir des renseignements sur ce que font concrètement ces officiels chinois, il faut s’armer de patience. Le service de presse n’est pas autorisé à parler « en direct » au téléphone. Les questions doivent être posées par écrit, à l’avance, les réponses sont fournies 2 à 3 semaines plus tard, très laconiques et par écrit également. Tout reste sous contrôle.<br />
Nous obtenons quelques informations sur le service économique de vive voix : il est composé d’une équipe de 17 personnes, dont les principaux contacts sont les fonctionnaires de la Commission. Actuellement, deux enquêtes européennes sont en cours contre des sociétés chinoises.  Un regret exprimé par cette source anonyme, une jeune femme parlant parfaitement l’anglais : « On passe beaucoup de temps à expliquer nos positions. En face de nous, beaucoup d’incompréhension ! ».<br />
A notre demande d’interview du maître des lieux, la réponse est polie mais ferme.« L’ambassadeur Song Zhe est trop occupé pour vous recevoir ». L’homme a pourtant la réputation d’un homme accessible. Cinquante ans, économiste de formation, il a été pendant 9 années diplomate en Europe, dont 7 à Londres. L’Europe, c’est sa spécialité.  L’ambassadeur se déplace régulièrement à Strasbourg : à chaque fois que le Parlement discute en session plénière d’une résolution importante pour la Chine. A Bruxelles, il participe à divers sommets, colloques, think tanks. Il accepte les échanges informels. En 2010, il s’est déplacé à quelques 80 événements et manifestations.</p>
<h2>52 thèmes de discussion identifiés</h2>
<p>Entre l’Europe et la Chine, il y a de quoi discuter. Changement climatique, coopération scientifique, propriété intellectuelle, accès aux marchés publics chinois&#8230; On ne compte pas moins de 52 thèmes de discussions identifiés, objets de réunions régulières.  La Chine tente d’expliquer, de convaincre, de séduire.<br />
Cela passe aussi par des initiatives plus grand public. 2011 a ainsi été décrétée« Année Chine-Europe de la jeunesse ». Et puis, une journée « portes ouvertes » sera organisée à la Mission Permanente de la Chine à Bruxelles, en mai prochain. Il sera alors possible de visiter le bâtiment décrit plus haut.</p>
<h2>Des rapports difficiles avec le Parlement européen</h2>
<p>L’ambassadeur Song a moins de soucis à la Commission qu’au Parlement. Le Parlement a en effet l’habitude de prendre position sur tous les dossiers « Droits de l’Homme » en Chine. Ainsi en est-il lorsque le 8 octobre 2010, le Prix Nobel de la Paix est décerné à l’intellectuel Liu Xiaobo, qui purge 11 ans de prison en Chine. Il appelait à la liberté d’expression ainsi qu’à l’instauration d’élections dans son pays. Le Parlement européen se réjouit de ce Nobel. Cela fait plus de 10 mois que des députés réclament à la Chine la libération de Liu Xiaobo. Le député vert allemand Reinhard Bütikofer interroge donc tout naturellement la Commission en novembre : « Quelles mesures va-t-elle prendre pour contribuer à libérer M. Liu en Chine ? ».<br />
Ce genre de questions, la diplomatie chinoise n’aime pas du tout. Le fait qu’elle vienne d’un membre « suppléant » de la Délégation pour les relations avec la République Populaire de Chine, encore moins. Cette délégation, créée au Parlement à la fin des années 80, suit toutes les affaires qui font débat entre Pékin et Bruxelles. Elle est présidée par Renzo Rivellini, un député italien de droite. Une carrière politique à Naples, un slogan « Plus de sud en Europe ! ». Mais rien dans sa biographie qui évoque une quelconque connaissance approfondie de la Chine contemporaine.<br />
La représentation chinoise à Bruxelles n’a sans doute rien à craindre du député Rivellini, mais lorsque d’autres députés osent critiquer la politique de la Chine au Tibet, c’est autre chose. En novembre 2010, une motion circule au parlement pour s’inquiéter de la prédominance du mandarin dans les écoles tibétaines. La riposte chinoise ne se fait pas attendre et arrive par mail : « La Chine fait des efforts pour le développement de la langue tibétaine, 10 000 professeurs bilingues sont recrutés dans les écoles. » Et l’Ambassadeur de conclure dans sa lettre : « J’espère que ces informations contribueront à la vérité sur notre désir d’une éducation bilingue au Tibet ».  Un fonctionnaire du parlement résume : « Les Chinois recherchent le dialogue sur le sujet, mais dès qu’on aborde des questions précises, des noms, ils sont gênés »<br />
Et rien de tel pour amadouer le Parlement que d’inviter les députés à une mission de découverte, tous frais payés par la Chine.« Des voyages d’une semaine, pendant lesquels on ne peut pas échapper à la propagande. Mais on le sait, avant de partir » confie un employé du parlement qui a accompagné un des groupes de parlementaires.</p>
<h2>Reconnaissance de l’économie de marché et levée de l’embargo sur les armes : les deux priorités de la Chine</h2>
<p>En deux ans, l’ambassadeur Song a rencontré deux fois Philippe Étienne, son homologue de la Représentation Permanente de la France à Bruxelles. « Un échange de vues assez général » commente Laurent Cabréra, conseiller économique pour les relations internationales, en charge de l’Asie.« Les Chinois sont plus actifs auprès des capitales que des représentations des États à Bruxelles ». Et font-ils une différence entre les grands et les petits États ? « Avec nous, ils sont directs et polis. Avec les petits États, des collègues m’ont rapporté qu’ils pouvaient être plus cassants. » Confirmation de cette attitude auprès d’un spécialiste de la Chine au Parlement européen : « Même si [les officiels chinois] affirment traiter tous les pays sur un pied d’égalité, ils ne sont pas naïfs, ils privilégient les grands ! ».<br />
Ces derniers mois, deux affaires mobilisent la Chine auprès des 27. D’une part, la levée de l’embargo des ventes d’armes. Et d’autre part, la reconnaissance du statut d’économie de marché à la Chine. L’embargo date de 1989 et fait suite à la répression de Tiananmen.  Le statut d’économie de marché est une revendication qui fait suite à l’adhésion de la Chine à l’OMC en décembre 2001. Ce statut faciliterait les exportations de la Chine vers l’Europe.<br />
Les « aimables pressions » chinoises sur ces deux sujets s’adressent notamment à Lady Ashton, qui gère désormais les Affaires Étrangères de l’Union. L’Europe va t-elle faire un geste, va-t-elle négocier, en échange, le respect de quelques règles de bonne conduite dans le domaine économique ?   Au siège de Business Europe, l’antenne du patronat européen, Carsten Dannöhl est conseiller à l’international, en charge de plusieurs pays d’Asie dont la Chine. « Nos relations avec le monde économique chinois à Bruxelles passent surtout par le personnel de l’ambassade. L’ambassade a aussi autorité sur une petite structure qui renseigne les entreprises chinoises qui veulent investir en Europe, la CCIPT – China Council for the Promotion of International Trade &#8211; qui emploie 2 personnes à Bruxelles. En dehors du cadre officiel, nous avons peu de contacts avec les sociétés chinoises ».</p>
<h2>Des entreprises chinoises attirées par la dimension « capitale de l’Europe » de Bruxelles</h2>
<p>Et pourtant, elles sont bien là. Implantées à Bruxelles à la fois pour conquérir le marché belge et conforter leur rayonnement européen. Car la capitale de l’Europe a valeur de symbole.<br />
Ces derniers mois, les investissements et implantations d’entreprises chinoises à Bruxelles connaissent d’ailleurs une nette accélération.<br />
Ainsi, sous l’impulsion du groupe chinois HNA, un énorme projet hôtelier se prépare à Woluwe-Saint-Lambert pour fin 2012, dans l’agglomération bruxelloise, à la place d’un ancien hôtel appartenant à la compagnie aérienne belge Sabena. Le plus luxueux hôtel cinq étoiles de la capitale européenne pourrait devenir le futur lieu de résidence du gouvernement chinois lors de ses visites officielles.  Le symbole politique est clairement assumé par HNA.<br />
Autres investissements, bancaires cette fois. Les deux plus grandes banques chinoises ont installé une succursale à Bruxelles, à deux mois d’intervalle. En décembre 2010, l’inauguration de Bank of China, l’une des 4 banques d’Etat compte parmi ses invités, le gouverneur de la Banque Centrale Belge, un ministre belge, deux ministres de la région de Bruxelles.<br />
En janvier 2011, ICBC &#8211; International Commercial Bank of China -, numéro un mondial dans le domaine de la capitalisation boursière ouvre à son tour. Commentaire du ministre belge de l’Entreprise, Vincent Van Quickenborne :« On peut comparer les investissements de la Chine en Belgique aux investissements américains des années 60 et 70 »  Une autre analyse, celle-là à plus long terme et en off par un autre officiel : « Les banques chinoises vont permettre aux entreprises chinoises d’investir ou de racheter des entreprises locales. Elles s’intéressent aussi aux sociétés étrangères qui font des affaires avec la Chine. Et plus tard, elles entreront en compétition avec les banques locales, en jouant sur les coûts. ».</p>
<h2>Des lobbyistes efficaces et discrets</h2>
<p>Même si les plus grosses sociétés chinoises n’ont pas de bureaux officiels à Bruxelles, elles ont bien compris l’importance d’être proche des institutions européennes pour anticiper les ennuis à venir.<br />
C’est le cas du géant Huawei Technologies, équipementier dans les télécoms d’origine chinoise &#8211; équivalent en taille du groupe Alcatel Lucent -, qui est enregistré auprès de la Commission européenne comme lobbyiste. Ses dépenses déclarées dans cette activité de lobbying européen sont estimées entre 50 000 et 100 000 euros en 2010.<br />
Le siège de Huawei Europe est basé à Düsseldorf, en Allemagne. A Bruxelles, Huawei sollicite des consultants non chinois à Bruxelles. Témoignage anonyme une fois de plus.  « Des employés basés à Düsseldorf viennent de temps en temps en formation. Ils parlent anglais et ont besoin d’un cours accéléré sur les subtilités du fonctionnement de l’Union Européenne. Huawei a besoin aussi de rendez-vous à la Commission. La société compte au moins 20 collaborateurs dans son service média, ils ne sous-traitent pas leur lobbying ».<br />
Huawei était dans le collimateur de la Commission européenne l’an dernier, suite au dépôt d’une plainte de la société belge Option. Huawei possède en effet une petite activité de production de clés modem 3G qu’il vend très bon marché aux opérateurs européens. Du coup, Option, dont les produits étaient plus chers, a perdu tout son marché. Les Belges ont déposé plainte auprès de la Commission Européenne mais l’enquête n’est pas allée jusqu’au bout. Huawei a en effet proposé une alliance technologique sous forme d’un rachat à la société belge qui a naturellement retiré sa plainte, ainsi qu’un projet de centre de R&amp;D commun en Belgique.<br />
Dans le registre des lobbyistes chinois de la Commission Européenne, on trouve pêle-mêle un représentant des industries de teintures et pigments, une société de consultants basée à Hong Kong, des sociétés pas toujours très connues du grand public européen.<br />
Par exemple, China Lanfa Enterprise, société de commerce spécialisée dans les ustensiles de cuisine, les vêtements et les lampes LED. Budget annoncé de lobbying : 500 000 euros. Ou encore Hutchinson Whampoa, un groupe aux multiples filiales : énergie, infrastructures portuaires, vente de détail télécommunications. La société déclare 250 000 euros de dépenses de lobbying en 2009.</p>
<h2>« Les Chinois peuvent tout se permettre »</h2>
<p>Paul de Clerck, animateur du collectifALTER-EU &#8211; Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation &#8211; est persuadé que « de plus en plus d’entreprises vont louer ici les services de consultants pour booster leur réputation auprès des décideurs européens ».<br />
Une opinion partagée par un représentant d’un cabinet de conseil, anonyme, mais qui ne cache pas un certain alarmisme : « La grande question, c’est : où vont-ils s’arrêter dans l’occupation de l’Europe ? Les Chinois peuvent tout se permettre : contrôler des ports en Grèce, investir dans des aéroports, des réseaux Télécom, sauver quelques pays européens de la faillite ! »  .<br />
Et comment réagit la Commission ? Au cas par cas. Elle ne trouve par exemple rien à redire quand une société néerlandaise de fibres optiques &#8211; Draka Holding &#8211; est approché par un groupe chinois. La compétition a tourné finalement au profit d’un partenaire européen mais en amont, les politiques en France ou en Italie ont crié au scandale.<br />
En revanche, la Commission n’est pas dupe sur les méthodes de lobbying douteuses.<br />
Retour sur une bataille qui a opposé la CEPIFINE (Confédération des industries européennes du papier) et les grands industriels chinois du papier, en particulier Chenming Paper Group et une alliance de producteurs chinois et indonésiens.<br />
Une opposition symbolisée par la mise en ligne d’un site internet, testé par les papetiers chinois : « Un million d’emplois est menacé dans l’imprimerie et l’édition européenne … Cliquez ici ! ». Il s’agissait de démontrer que les barrières douanières en Europe ont des conséquences catastrophiques pour la filière. Et qu’il fallait les laisser vendre leur papier en Europe à un prix très bas. Réaction outrée des professionnels français des industries graphiques : « On se moque du monde. C’est la Chine qui fait disparaître des emplois en Europe et pas l’inverse ! »  La Direction de la Concurrence de la Commission Européenne a maintenu le cap, considérant que l’importation de papier chinois faisait l’objet de dumping. Le papier couché chinois, utilisé pour les documents publicitaires et les magazines, devrait être taxé de 39% dans les mois qui viennent. Une affaire quelque peu ironique quand on sait que le papier a été inventé&#8230; en Chine.</p>
<h2>Une nouvelle ère pour dépasser les incompréhensions ?</h2>
<p>Les faiblesses de la communication chinoise en direction de l’Europe, Stanley Crossick les a analysées. Cet « ami de la Chine » décédé récemment, était membre honoraire de l’Institut des Études Contemporaines Chinoises à Bruxelles. Il s’exprimait ainsi sans complaisance au printemps dernier « Les déclarations publiques de la Chine sont en général inappropriées et souvent contre-productives. Alors que les Chinois pensent être compris, leurs propos sont reçus par les acteurs européens comme des slogans, leur rhétorique est inaudible. Face aux critiques, les Chinois manquent souvent de réactivité. Ils devraient s’appuyer sur des communicants occidentaux pour fluidifier leur communication et leur lobbying ».<br />
Le conseil sera certainement retenu. En attendant qu’une nouvelle génération de diplomates apprivoise les mœurs et les coutumes de l’environnement européen.<br />
Inversement, les Européens devront aussi probablement évoluer, et apprendre à mieux connaître la Chine et à ne plus la percevoir uniquement comme une source de menaces.<br />
<br/><br />
<strong>édité le 22 février 2011</strong> | Par <a href="http://www.eurosduvillage.eu/_Catherine-VERGER,4441_.html">Catherine VERGER</a> sur <a href="http://www.eurosduvillage.eu/Comment-la-Chine-s-attaque-a,4562.html?lang=fr">http://www.eurosduvillage.eu/Comment-la-Chine-s-attaque-a,4562.html?lang=fr</a></p>
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		<title>Lettre ouverte à Hu Jintao, Président de la République Populaire de Chine</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Feb 2011 11:39:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia]]></category>

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		<description><![CDATA[En tant que leader chinois personnellement impliqué au Tibet, vous avez déclaré que le Tibet était une «question fondamentale» et sensible dans les relations sino-américaines...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par <strong>Tencho Gyatso</strong>, <strong>Tsering Jampa</strong> et <strong>Pema Wangyal</strong> membres de l’ONG d’<strong>International Campaign for Tibet.</strong><br />
<strong>Cette tribune a été publiée par <em><span style="font-weight: normal;">Asian Age </span></em></strong><strong>(Inde) le 19 janvier 2011</strong> (<a href="http://www.asianage.com/life-and-style/open-letter-hu-jintao-067">http://www.asianage.com/life-and-style/open-letter-hu-jintao-067</a>)</p>
<div id="attachment_992" class="wp-caption aligncenter" style="width: 586px"><br />
<a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2011/02/hu-et-obama.jpg"><img class="size-full wp-image-992 " title="hu-et-obama" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2011/02/hu-et-obama.jpg" alt="" width="576" height="437" /></a><p class="wp-caption-text">Image : International Campaign for Tibet (« President Hu et Président Obama : <br/>Ne tournez pas le dos au Tibet »)</p></div>
<h2><span style="font-weight: normal;">Lettre à Hu Jintao,</span></h2>
<p>En tant que leader chinois personnellement impliqué au Tibet, vous avez déclaré que le Tibet était une «question fondamentale» et sensible dans les relations sino-américaines. Nous espérons que ce sujet sera à l’ordre du jour dans vos discussions avec le Président Obama, cette semaine.<br />
Monsieur Hu, vous avez commencé votre ascension politique au Tibet en tant que dirigeant du Parti communiste (bien que l’altitude ne semble pas vous convenir) et grâce au rôle déterminant que vous y avez joué, avec l&#8217;élaboration et la mise en œuvre de la politique.</p>
<p>Le processus de succession est en marche dans le Parti communiste chinois. Quelles traces laissera cette dynamique au Tibet ?<br />
Les Tibétains n&#8217;oublieront pas la loi martiale que vous avez instaurée en 1989 à Lhassa. En outre, vous avez été l&#8217;un des premiers leaders régionaux à avoir félicité ceux qui ont ordonné aux troupes d&#8217;ouvrir le feu sur la place Tienanmen, trois mois plus tard.<br />
Pour l’heure, la répression au Tibet est profonde. Les Tibétains risquent leur vie tant pour exprimer leur fidélité au guide spirituel le Dalaï-lama, que pour sauvegarder leur culture. Leur angoisse est le résultat de plus de 50 années de répression. En réponse de quoi, vous renforcez l’autorité et les mesures strictes. Nul doute que ce fut l&#8217;origine de la protestation pacifique dans les régions tibétaines de la RPC en mars 2008.<br />
Vous avez renforcé le contrôle à tel point que le peuple est en train d’étouffer. Vos nouvelles mesures oppressantes ont pour conséquence d’affaiblir les institutions du bouddhisme tibétain et de rayer la langue et la culture tibétaine. Bien que vous soyez le dirigeant d&#8217;un État communiste qui promeut l&#8217;athéisme, vous déclarez que les Lamas tibétains ne peuvent pas se réincarner sans l’autorisation gouvernementale.<br />
Vos actions sont malsaines envers les autorités et les dirigeants chinois. Vos affirmations sont des postures de domination agressive allant à l’encontre des leaders mondiaux. Vous êtes en opposition avec les politiques pacifiques du Parti communiste, ce qui est une menace pour votre pays et sa &#8220;sécurité&#8221;. Votre pays n&#8217;a pas une approche digne d&#8217;un Etat fort. Comme les Tibétains, nous ne sommes pas les seuls à croire que la grandeur d&#8217;une nation ne se fonde pas seulement sur le mercantilisme. Nous pensons que, si la Chine doit réaliser de grandes choses, vous devez les conduire avec une autorité morale exemplaire, en prenant en considération les souhaits et les pétitions légitimes du peuple chinois et des Tibétains.<br />
Le besoin de changement est urgent. Votre gouvernement et le Parti se sont engagés dans une attaque systématique contre la primauté du droit et contre la société civile. Vous définissez notre chef Sa Sainteté le Dalaï-lama et l’érudit chinois Liu Xiaobo comme des « criminels. » Pourtant, ce sont des voix qui sont aujourd’hui reconnues sur la scène internationale comme les plus progressistes et les plus importantes en faveur de la paix.  Le Tibet est une prison virtuelle.  Des peines de prison très lourdes y sont affligées. Elles ont pour objectif de réduire au silence l&#8217;expression d’opinions pacifistes, au Tibet.<br />
Souhaitez-vous vraiment que le leitmotiv de votre héritage soit qualifié d’enfer, de coercition et de peur ?<br />
M. Hu, le Tibet n’est pas une question d’affaire interne à la Chine mais une « question centrale » pour le monde. Considérée comme le troisième pôle de la Terre, la région possède les plus  grandes réserves d&#8217;eau douce, après l&#8217;Arctique et l&#8217;Antarctique. La fragilité de l’écologie du plateau tibétain et la gestion des sources de la plupart des grands fleuves d&#8217;Asie, dont le Yangtze, sont d’une importance déterminante pour les sociétés qui vivent dans les pays en aval et qui dépendent de cette eau.<br />
Cependant, vous avez mis au point et poursuivez de manière accélérée des stratégies économiques, accablant une région de projets connus pour leurs effets néfastes sur le réchauffement climatique et sur la dévastation des risques dans les communautés en aval, y compris en Inde.<br />
Nous ne sommes plus au XIXème siècle, en ce temps où la construction nationale était basée sur la production des ressources naturelles. Les Chinois, les Tibétains et les scientifiques occidentaux s’accordent pour dire que votre politique de régulation des nomades au Tibet conduit à la dégradation de l&#8217;environnement et à une pauvreté croissante. Selon les scientifiques, les connaissances traditionnelles des nomades tibétains concernant l’écosystème protègent la terre et les moyens de subsistance. Elles aident à restaurer des zones déjà dégradées. La participation des Tibétains est donc primordiale pour le maintien sur le long-terme de la qualité des ressources en terre et en eau, dont dépendent la Chine et le reste de l&#8217;Asie.<br />
M. Hu, la nouvelle génération de leaders a la responsabilité d&#8217;écouter les voix du peuple qui soutiennent le changement au Tibet et en Chine. Elle a aussi celle de traiter de façon responsable la politique tibétaine.<br />
Il n&#8217;est pas trop tard pour vous de franchir cette étape importante et historique, avant que la succession ne suive son cours.<br />
Le Dalaï-lama est reconnu par la communauté internationale comme le représentant éminent du peuple tibétain. Le potentiel d&#8217;instabilité augmentera avec sa mort et non, au contraire, ne s’affaiblira.<br />
Le moment est venu pour vous d’engager un leadership clairvoyant auprès de ce chef influent et vénérée par des milliers de Chinois, avant qu’il ne soit trop tard.<br />
Nous espérons que votre visite à Washington sera féconde.<br />
<strong> Les auteurs Tencho Gyatso, Tsering Jampa et Pema Wangyal font partie d’International Campaign for Tibet.</strong></p>
<p><em><br />
Traduction du bureau d’International Campaign for Tibet à Bruxelles en collaboration avec Elodie Bernard. </em></p>
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		<title>France-Inter. Le téléphone sonne, jeudi 9 décembre 2010</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Jan 2011 17:43:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le Nobel de la Paix au dissident Liu Xiaobo : quel impact en Chine pour la démocratie, les droits de l&#8217;homme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Le Nobel de la Paix au dissident Liu Xiaobo : quel impact en Chine pour la démocratie, les droits de l&#8217;homme et les réformes politiques tant attendues ?</h2>
<p><a href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2011/01/telephone-sonne.jpg"><img class="size-full wp-image-986 alignnone" title="telephone-sonne" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2011/01/telephone-sonne.jpg" alt="" width="532" height="100" /></a></p>
<h3><a href="http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/letelephonesonne/index.php?id=98674">http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/letelephonesonne/index.php?id=98674</a></h3>
<p>Une chaise vide à Oslo&#8230; Une ouverture politique est-elle maintenant possible 30 ans après le grand tournant économique initié par Deng Xiao Ping ? Le Prix Nobel de la Paix remis symboliquement demain en Norvège au dissident chinois toujours emprisonné Liu Xiaobo va-t-il peser sur le pouvoir chinois, et dans quel sens ? Et au-delà, où en sont les droits de l&#8217;homme dans une Chine devenue une des premières puissances économiques et commerciales du monde ?</p>
<p><strong>Invité, à Oslo avec Dominique André :</strong></p>
<p>- <strong>Vincent Metten</strong>, Responsable de l&#8217;ONG &#8220;International campaign for Tibet&#8221;</p>
<p><strong>Et en studio à Paris :</strong></p>
<p><strong>- Marie Holzman</strong>, sinologue, Présidente de l&#8217;<strong>Association Solidarité Chine</strong>, spécialiste de la Chine contemportaine, co-auteure avec Noël Mamère de &#8220;Chine : on ne baîllonne pas la lumière&#8221; aux Editions Jean-Claude Gauwsewitch</p>
<p><strong>- Chen Yan, Historien </strong>et journaliste, chef de la Rédaction chinoise de RFI (Radio France Internationale)</p>
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		<title>Nicolas Sarkozy en Chine : les droits humains sont-ils au programme ?</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Apr 2010 09:05:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Metten</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition Universelle]]></category>
		<category><![CDATA[Shanghai]]></category>

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		<description><![CDATA[Visite d'Etat de Nicolas Sarkozy en Chine: Un collectif de huit associations réitère leurs préoccupations en matière de droits humains...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte vml 1]><v:shapetype id="_x0000_t75"  coordsize="21600,21600" o:spt="75" o:preferrelative="t" path="m@4@5l@4@11@9@11@9@5xe"  filled="f" stroked="f"> <v:stroke joinstyle="miter" /> <v:formulas> <v:f eqn="if lineDrawn pixelLineWidth 0" /> <v:f eqn="sum @0 1 0" /> <v:f eqn="sum 0 0 @1" /> <v:f eqn="prod @2 1 2" /> <v:f eqn="prod @3 21600 pixelWidth" /> <v:f eqn="prod @3 21600 pixelHeight" /> <v:f eqn="sum @0 0 1" /> <v:f eqn="prod @6 1 2" /> <v:f eqn="prod @7 21600 pixelWidth" /> <v:f eqn="sum @8 21600 0" /> <v:f eqn="prod @7 21600 pixelHeight" /> <v:f eqn="sum @10 21600 0" /> </v:formulas> <v:path o:extrusionok="f" gradientshapeok="t" o:connecttype="rect" /> <o:lock v:ext="edit" aspectratio="t" /> </v:shapetype><v:shape id="_x0000_i1025" type="#_x0000_t75" style='width:375pt;  height:164.25pt'> <v:imagedata src="file:///C:\DOCUME~1\VMA2F3~1.D62\LOCALS~1\Temp\msohtml1\09\clip_image001.png" mce_src="file:///C:\DOCUME~1\VMA2F3~1.D62\LOCALS~1\Temp\msohtml1\09\clip_image001.png"   o:title="" /> </v:shape><![endif]--><!--[if !vml]--><!--[endif]--></p>
<p><strong><a href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/Pavillon2-40b731.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-942" title="Pavillon2-40b73" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/Pavillon2-40b731.jpg" alt="" width="645" height="400" /></a></strong></p>
<p><strong>Nicolas Sarkozy en Chine : les droits humains sont-ils au programme ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em>Paris, le 26 avril 2010</em></p>
<p><em><br />
</em></p>
<p>Un collectif de huit associations pour le respect des droits humains en Chine s’unit en amont de la visite d’Etat de Nicolas Sarkozy mercredi à Pékin puis à Shanghai à l’inauguration de l’Exposition Universelle, pour réitérer leurs préoccupations en matière de droits humains en Chine.</p>
<p>De nombreux citoyens chinois, intellectuels, avocats, internautes, ouvriers, ou paysans, qui tentent de faire entendre leur voix de façon pacifique continuent de subir la répression, la violence de la police ou des autorités chinoises. A l’approche de l’Exposition universelle qui ouvre ses portes le 1er mai prochain, force est de constater qu’il n’y a pas de signes d’ouverture. La France, comme l’Union Européenne et en particulier la nouvelle représentante pour les Relations extérieures Mme Ashton, doivent saisir l’opportunité de ces visites en Chine, pour apporter un soutien sans faille aux militants des droits humains et de la démocratie dans le pays.</p>
<p>Des Chinois, que la France a elle-même honorés en leur décernant le Prix des Droits de l’Homme ou le titre de Citoyen d’honneur de la Ville de Paris, sont toujours en détention. Ainsi de Hu Jia, qui milite pour l’écologie et lutte contre le SIDA, malade et sans accès au traitement, et de Chen Guangcheng, avocat aveugle. On compte également, Gao Zhisheng et Li Heping, deux avocats torturés par la police, et encore le Dalaï Lama, citoyen d’honneur de la Ville de Paris, empêché de se rendre auprès des victimes du récent séisme de Qinghaï.</p>
<p>Les manifestations et les révoltes sont quotidiennes dans toute la Chine, face aux abus de pouvoir et à l&#8217;injustice. La volonté des autorités chinoises de maintenir à tout prix la stabilité empêche la mise en place de réformes politiques. Le système souffre de multiples maux : corruption, absence de transparence, liberté d’expression bafouée.</p>
<p><strong>A la veille de la visite de Nicolas Sarkozy, le collectif d’associations dénonce:</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p>- des entraves systématiques à la liberté d’expression alors que le contrôle politique sur Shanghai et les journalistes va s’accentuer à l’occasion de l’Exposition universelle.</p>
<p>- la politique de censure des autorités chinoises notamment sur internet. L’entreprise Google a, elle-même, dénoncé le piratage de comptes de messageries électroniques de défenseurs des droits humains.</p>
<p>- la situation des Ouïghours et des Tibétains qui subissent, en permanence, l’oppression et toutes formes de discriminations. Au Xinjiang, les autorités accusent généralement les Ouïghours des « trois maux » : « terrorisme, séparatisme et extrémisme religieux ». Quant au Tibet, à la suite des manifestations qui ont débuté le 10 mars 2008, dont la grande majorité étaient pacifiques, plus de 700 personnes ont été arrêtées ou ont disparues et de nombreuses autres ont été condamnées à des peines allant de trois ans d&#8217;emprisonnement ferme à la réclusion à perpétuité ou la peine de mort</p>
<p>- le secret d’Etat qui entoure les informations sur la peine de mort, le nombre de condamnations et d’exécutions de 2009 et ne permet pas d’estimations fiables.</p>
<p><strong>COMMUNIQUE DE PRESSE COLLECTIF :</strong></p>
<p>ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)</p>
<p>Agir pour les Droits de l’homme</p>
<p>Amnesty International France</p>
<p>Fédération Internationale des Droits de l’Homme</p>
<p>Comité de soutien au Peuple Tibétain</p>
<p>International Campaign for Tibet</p>
<p>Solidarité Chine</p>
<p>Reporters Sans Frontières</p>
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		<title>Le «séisme en Chine» s’est en réalité produit au Tibet</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Apr 2010 14:09:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Metten</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia]]></category>

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		<description><![CDATA[Claude B. Levenson, auteure et spécialiste du Tibet, trouve curieux que les messages de sympathie aient été adressés à la Chine plutôt qu’aux Tibétains, ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Claude B. Levenson </strong></p>
<p>Crée le 20 avril 2010 (Le Temps)</p>
<div id="attachment_781" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><a href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/tremblement1.jpg"><img class="size-full wp-image-781" title="tremblement" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/tremblement1.jpg" alt="" width="500" height="364" /></a><p class="wp-caption-text">La population du Qinghai, à majorité bouddhiste, attend l&#39;incinération des victimes du séisme qui a touché la région mardi 13 avril. © EPA</p></div>
<p>Jour après jour après le violent séisme qui a endeuillé le haut plateau tibétain, alors que s’allonge la liste des morts, que les secours s’organisent vaille que vaille et que la fumée des bûchers funéraires obscurcit un ciel naguère d’une rare pureté, une autre bataille est d’ores et déjà engagée où la politique mène le jeu. Et les dirigeants d’ici et d’ailleurs qui se sont précipités pour envoyer des messages de condoléances au président chinois doivent se rendre à l’évidence qu’ils auraient été tout aussi bien inspirés d’en présenter au dalaï-lama et aux Tibétains, principales victimes de ce coup de colère tellurique.</p>
<p>Les autorités chinoises elles-mêmes sont maintenant forcées de reconnaître que pour des secours efficaces sur place et dans les hôpitaux des villes des alentours qui accueillent d’innombrables blessés, il faut recourir à des interprètes, les étudiants tibétains se trouvant en Chine s’étant spontanément offerts à servir d’intermédiaires. Quant aux titres de la presse internationale concernant le «séisme en Chine», ils traduisent à leur manière soit une déplorable méconnaissance de la géographie ou une incapacité à lire des cartes, soit l’extrême sensibilité des responsables chinois à tout ce qui touche au Tibet. Et mieux vaut ne pas s’appesantir sur de curieuses expressions du genre «le premier ministre s’entretient avec une Chinoise tibétaine» ou «un secouriste aide un Chinois d’ethnie tibétaine», qui ne font qu’ajouter l’insulte à la souffrance. A croire qu’il existe dorénavant une consigne générale imposant le «chinoisement» correct. Drame accentuant la tragédie, on en vient à nier aux victimes leur identité, succombant ainsi à une propagande perverse cherchant à assimiler de force un voisin militairement occupé il y a six décennies qui défend son altérité et ses propres valeurs en évitant la violence.</p>
<p>La confusion savamment entretenue sur l’appellation des lieux – Jyekundo selon le nom historiquement utilisé devenu Yushu en mandarin, ou le Kham et l’Amdo disparus au profit du Qinghaï imposé en 1965 lors du démembrement administratif du territoire tibétain en vue de la création officielle de la Région autonome du Tibet – témoigne d’une volonté d’appropriation de l’espace pour effacer la mémoire de l’histoire locale. L’arrivée sur place d’abord du premier ministre Wen Jiabao, dont la réputation n’est plus à faire de «visage compatissant» du pouvoir, puis du président Hu Jintao rentré du Brésil «afin de prendre en main la direction des secours» illustre également la sensibilité du régime à tout ce qui touche ces marches lointaines et délaissées dont la propagande officielle ne cesse de vanter le bien-être apporté à des populations arriérées et «libérées du servage». Les Tibétains, eux, retiennent que les premiers à leur porter secours ont été les moines accourus de divers monastères, ce qui n’est pas forcément du goût des autorités. Ils n’ont pas oublié non plus que Hu Jintao a fait ses armes comme proconsul au Tibet, où sa politique répressive lui avait valu en 1989 le surnom de «boucher de Lhassa».</p>
<p>C’est aussi un rappel opportun du but réitéré de la direction du Parti communiste qui proclame le caractère prioritairement politique du développement du Tibet visant à «assurer la stabilité et la sécurité par un contrôle central accru en vue d’une plus grande assimilation du Tibet dans un Etat chinois unifié». Une récente recommandation précisant la nécessité de tenir compte des «caractéristiques locales» dans cette politique ne fait rien à l’affaire, et n’a pas vraiment convaincu les principaux intéressés. Dans cette contrée foncièrement tibétaine et qui entend le rester, les survivants du séisme craignent que les soldats arrivés sous couvert de secours ne s’installent à demeure pour renforcer la surveillance, remarquant que les immeubles officiels et les quartiers résidentiels sont prioritaires, aux dépens des urgences des plus mal lotis. Non seulement les écoles ont beaucoup souffert, comme ce fut le cas en 2008 lors du tremblement de terre au Sichuan, mais surtout les «villages socialistes» où les nomades ont été sédentarisés de force par dizaines de milliers n’ont résisté ni au séisme ni aux répliques. Et les survivants préfèrent regagner collines et montagnes vivre sous tente plutôt que de rester sous un toit dans des villes où ils sont des parias.</p>
<p>La communauté exilée, qui a accueilli ces dernières années nombre de jeunes réfugiés de ces régions fuyant précisément la sédentarisation ou les campagnes de rééducation patriotique dans les monastères, recueille et recoupe des informations faisant état d’un certain ressentiment diffus contrastant avec les nouvelles officielles, alors qu’une lettre des sinistrés au président chinois demande que le dalaï-lama soit autorisé à se rendre sur place pour les réconforter.</p>
<p>C’est donc bel et bien un nouvel épisode du combat pour le Tibet qui se livre dans le sillage de ce séisme, comme pour rappeler le constat désabusé de Mao apprenant l’arrivée sain et sauf du jeune dalaï-lama en Inde en mars 1959: «Nous avons gagné la bataille de Lhassa, mais perdu la guerre.»</p>
<p>Auteure de Tibet, Tibétains, Glénat, 2010.</p>
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		<title>Tibet, le troisième pôle</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Dec 2009 12:22:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Le Tibet en bref]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia]]></category>

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		<description><![CDATA[Le plateau tibétain est une île dans le ciel, dont l’altitude moyenne oscille entre 4.000 et 5.000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Véritable baromètre et château d’eau de l’Asie...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"><a rel="lytebox" href="http://savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/12/plateau-tibet.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2" title="plateau-tibet" src="http://savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/12/plateau-tibet.jpg" alt="plateau-tibet" width="560" height="420" /></a></span></h3>
<p>Le plateau tibétain est une île dans le ciel, dont l’altitude moyenne oscille entre 4.000 et 5.000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Véritable baromètre et château d’eau de l’Asie, les principaux fleuves asiatiques y prennent leur source et le plateau tibétain joue un rôle important dans le cycle de la mousson. Avec ses 46.000 glaciers, le Tibet constitue le troisième pôle mondial d’alimentation en eau douce, après l’Arctique et l’Antarctique. Malheureusement, la situation environnementale au Tibet est alarmante. Selon les météorologistes chinois, les températures du plateau tibétain augmentent deux fois plus vite que celles du reste du globe. Malgré le manque d’études et de données scientifiques disponibles, il s’avère qu’un grand nombre de glaciers est en phase de réduction, ce qui a entraîné à ce jour la création d’une trentaine de lacs. La désertification progresse : elle gagne chaque année du terrain à concurrence de 2.300 km2. Ce réchauffement climatique a un impact énorme sur le permafrost qui stocke à lui seul 12,3 millions de tonnes de CO2. A la veille du Sommet de Copenhague et du nouveau traité international ambitieux qui, nous l’espérons, conclura cette réunion des chefs d’Etat du monde, il faut rappeler que l’avenir du plateau tibétain, troisième pôle, est un enjeu majeur pour l’Asie et pour le monde entier. Ce n’est</p>
<p>pas un dossier exclusivement chinois ou tibétain, c’est un dossier qui concerne de manière significative autant les pays frontaliers que la communauté internationale.</p>
<p>Pour les scientifiques, les politiques de gestion et d’exploitation des terres au Tibet contribuent à l’accélération du réchauffement climatique et de la destruction de l’environnement. Ce sont là certains des messages que la délégation tibétaine tentera de faire passer au Sommet de Copenhague. Les principaux aspects de ces politiques sont :</p>
<p>–les extractions minières et gazières à grande échelle, accompagnées de l’utilisation de produits chimiques qui contaminent les sols et l’eau. A titre d’exemple, pour obtenir une tonne de cuivre, les concessionnaires doivent extraire et creuser dans la roche et le sol 2.000 tonnes de minerais ;</p>
<p>–les inquiétants déplacements et sédentarisations des nomades tibétains, afin notamment de faciliter la construction de grandes infrastructures. Les autorités chinoises ont l’intention d’étendre l’actuel réseau ferroviaire de 2.000 km de plus de 1.300 km d’ici 2012 ;</p>
<p>–la déforestation ;</p>
<p>–la migration massive de Chinois Hans vers les villes tibétaines qui n’est pas sans conséquence sur le fragile environnement et sur la marginalisation des Tibétains.</p>
<p>Ces constats alarmants rendent légitime la demande du peuple tibétain de pouvoir gérer lui-même un environnement qu’il connaît parfaitement notamment au travers de pratiques traditionnelles de préservation environnementale. Ils rendent tout aussi légitime le souhait d’implication des populations locales, et en particulier celle des nomades, dans les prises de décisions relatives à l’utilisation des ressources naturelles du Tibet telles que les minerais, l’eau, les forêts, les montagnes et les prairies. Légitimes sont aussi le souhait et la demande du respect par les autorités chinoises de la propriété des terres tibétaines. Les préoccupations et la demande environnementales font partie intégrante du souhait d’autonomie réelle du peuple tibétain. Au-delà du processus de dialogue et de négociation nécessaire entre les autorités chinoises et les représentants tibétains – qui malheureusement n’avance guère par manque de volonté réelle d’ouverture du gouvernement chinois – les gouvernements du monde doivent, au Sommet de Copenhague, et après celui-ci, explorer tous les mécanismes multinationaux pour œuvrer au Tibet et rencontrer les enjeux des changements climatiques. La demande du peuple tibétain est simple : il souhaite préserver son environnement et participer en tant qu’acteur principal à la gestion des ressources naturelles du Tibet. Cela passe nécessairement par</p>
<p>l’identification du Tibet comme troisième pôle, essentiel pour l’avenir de la planète, en lui conférant un statut environnemental spécial et en y associant étroitement et par une participation directe aux prises de décisions le peuple tibétain. Cela passe aussi par une convention internationale sur la gestion de l’Himalaya d’où partent des fleuves aussi emblématiques que le Gange, le Brahmapoutre, le Mékong ou le fleuve Jaune.</p>
<p>Les 18 et 19 novembre 2009, les signataires de la présente carte blanche ont participé à la 5e conférence parlementaire mondiale pour le Tibet à Rome en présence du dalaï-lama qui, au-delà du fait d’être un chef spirituel, est avant tout la personne qui incarne l’espérance des Tibétains et de toutes celles et tous ceux qui militent pour le respect des droits de l’homme au Tibet. Les parlementaires issus de trente pays du monde, qui se sont réunis à cette occasion, n’ont pas participé à un meeting antichinois ! Nous avons apporté notre soutien à la demande légitime du peuple tibétain visant à une autonomie réelle du Tibet, dans le respect de l’intégrité territoriale de la Chine comme énoncé dans le mémorandum sur l’autonomie du gouvernement tibétain en exil en Inde. C’est un rassemblement pour la paix et la liberté des peuples qui a eu lieu. Nous avons tenu à apporter notre soutien au peuple tibétain qui, face à la force, aux armes et à l’intimidation, préfère tendre les deux mains. Une main, depuis 1959, est tendue vers les autorités chinoises, en guise de témoignage de leur volonté de dialoguer. Une main gauche est tournée vers l’extérieur : vers le monde libre, comme un appel non-violent à la solidarité.</p>
<h3 style="font-size: 1.17em;"><span style="font-weight: 800;"><a href="http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/2009-12-08/tibet-le-troisieme-pole-742340.shtml">http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/2009-12-08/tibet-le-troisieme-pole-742340.shtml</a></span></h3>
<p>Richard Gere Comédien, président de l’International Campaign for Tibet</p>
<p>Juliette Boulet Députée fédérale Ecolo</p>
<p>Georges Dallemagne Député fédéral CDH</p>
<p>Xavier Baeselen Député fédéral MR</p>
<p>mardi 08 décembre 2009</p>
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		<title>Chine, la fin d’un cycle</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 10:53:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon la tradition chinoise, un laps de soixante années représente un cycle de vie : en effet les douze animaux du zodiaque chinois se sont présentés cinq fois...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> Le Soir, mardi 29 septembre 2009</strong></p>
<h3>Marie Holzman Sinologue, auteur de nombreux ouvrages sur la Chine contemporaine, dont « Chine, on ne bâillonne pas la lumière » (chez J.C. Gawsevitch, Paris 2009)</h3>
<h3>Vincent Metten Directeur européen pour International Campaign for Tibet</h3>
<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_cycle.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-390" style="margin-top: 4px; margin-bottom: 4px; margin-left: 6px; margin-right: 6px;" title="tribunes_cycle" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_cycle-300x227.jpg" alt="tribunes_cycle" width="240" height="182" /></a>Selon la tradition chinoise, un laps de soixante années représente un cycle de vie : en effet les douze animaux du zodiaque chinois se sont présentés cinq fois dans les cinq éléments qui déterminent leur nature (feu, bois, métal, eau et terre) et 12 × 5 = 60. Donc, à l’âge de 60 ans, la République populaire de Chine se trouve bien à la fin d’un cycle. Elle doit se résoudre à entrer dans un nouveau cycle alors que la question de sa survie est toujours posée : va-t-elle rester arc-boutée sur un système monopolisé par le Parti communiste ou pourra-t-elle se permettre de laisser une forme d’opposition et de liberté individuelle se développer ? En effet, le système politique chinois n’a jamais opéré sa « démaoïsation ». La forte présence du fondateur de la République populaire de Chine, Mao Zedong, reste, plus que jamais, une des sources de légitimité des dirigeants actuels. Un nouveau film a été réalisé à sa gloire pour ce soixantième anniversaire. Son portrait et son mausolée écrasent encore le cœur vital de la Chine : sur la place et sur la porte de la Paix céleste, Tian’anmen.<br />
« Élevons notre niveau de vigilance » était l’un des mots d’ordre favoris du président Mao jusqu’à la fin de sa vie en 1976. En effet, le système s’est construit sur le concept de la lutte des classes. Cela a induit l’idée paranoïaque que l’ennemi intérieur devait être débusqué en tout lieu et à toute heure. Au début des années 1950, les Chinois se sont lancés dans la lutte contre les bourgeois, les capitalistes, les propriétaires terriens. À la fin des années cinquante, la cible s’est tournée contre les « droitiers », c’est-à-dire l’élite intellectuelle du pays. Dans les années 1960, le président Mao s’est appuyé sur la jeunesse pour lancer la Révolution culturelle. À la fin des années 1970, il y a eu une petite variante et le successeur de Mao a provoqué une guerre éclair contre le Vietnam pour maintenir la cohésion nationale dans la phase de transition la plus délicate qu’ait connue ce vaste pays. Il fallait en effet amener la population à se réconcilier avec une idée qu’elle avait dû réprimer pendant trente ans : le profit. Tout d’un coup, les notions d’égalitarisme, d’économie planifiée allaient s’écrouler pour laisser la place à l’initiative privée. Et pourtant, il ne fallait pas que le monopole du PCC en pâtisse. Une gageure rondement menée puisque, trente ans plus tard, le taux de croissance économique est devenu la seule source<br />
de légitimité d’un régime aux abois. L’État défend maintenant l’intérêt des patrons et veille à éviter que les conflits sociaux débouchent sur l’émergence de syndicats indépendants, qui sonnerait le glas du régime.<br />
Dans le contexte actuel, relancer la lutte des classes engendrerait un tel chaos que cette stratégie n’est plus envisageable. En revanche, depuis les événements du 11 septembre 2001, la lutte contre le terrorisme et sa variante chinoise du séparatisme ont pris le relais. En l’absence de toute idéologie constructive, quoi de plus « porteur » que de dénoncer les menées « hypocrites » du Dalaï-lama pour récupérer la direction du Tibet, ou la main noire de Rabyia Kadeer, célèbre exilée ouïghoure, pour expliquer les explosions de violence qui se sont produites au Xinjiang depuis juillet dernier ? Ce sont maintenant les ethnies qui vivent à la périphérie de la Chine qui jouent le rôle de catalyseur d’un nationalisme de plus en plus volatil. C’est ainsi que le monde entier a pu assister, par vidéos interposées, à l’entrée des tanks et de l’armée dans Lhassa en mars 2008, et, cet été, à de véritables massacres interethniques dans les rues d’Urumqi qui auraient fait près de deux cents morts, Han et Ouighours confondus, et plus de sept mille blessés, selon les chiffres officiels. Il est clair que le système politique actuel a atteint ses limites et nombreux sont les intellectuels chinois, les anciens cadres du Parti, les opposants, les militants pour la défense des droits civiques, actifs ou en prison, qui le clament : une Chine non démocratique devient une menace pour<br />
sa population, et pour le monde entier. Le pouvoir étant incapable de tenir compte des revendications et des attentes locales, régionales ou internationales, ses réactions restent placées sous le signe de la force et non du dialogue, ce qui augmente le ressentiment et la frustration, et provoque une violence accrue.<br />
Un système fédéral responsable permettrait aux Han (92 % de la population) et aux minorités de jouir d’une véritable autonomie qui fait aujourd’hui défaut. C’est ce que des intellectuels chinois comme Yan Jiaqi, Wang Lixiong proposent depuis des décennies. Les envoyés du Dalaï-lama ont quant à eux ont demandé par écrit la mise en œuvre d’une véritable autonomie pour tous les Tibétains, mais ces propositions ont été rejetées dans leur totalité par le gouvernement chinois.<br />
Pourtant, depuis les massacres au Xinjiang, des voix isolées se font entendre en Chine pour faire remarquer que la méthode pacifique du dialogue, prônée par le Dalaï-lama, serait sans doute de loin préférable au déferlement de violence qui risque de se produire si l’exaspération des Chinois et des minorités malmenés par les conséquences d’un développement économique brutal atteint un point de non-retour. La fin d’un cycle : venu au pouvoir grâce à l’armée, le PCC ne risque-t-il pas de perdre le pouvoir par les armes ? Une perspective rarement évoquée mais pas si invraisemblable, hélas.</p>
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		<title>La nouvelle offensive de la propagande chinoise sur le Tibet</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 11:02:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
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		<description><![CDATA[Face à la vague de manifestations essentiellement pacifiques qui a déferlé sur l’ensemble du plateau tibétain l’année passée, le gouvernement chinois...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Soir, lundi 30 mars 2009</strong></p>
<h3><strong></strong><br />
Vincent Metten Directeur européen pour International Campaign for Tibet (Bruxelles)</h3>
<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_off.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-332" style="margin-top: 4px; margin-bottom: 4px; margin-left: 6px; margin-right: 6px;" title="tribunes_off" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_off-300x224.jpg" alt="tribunes_off" width="300" height="224" /></a>Face à la vague de manifestations essentiellement pacifiques qui a déferlé sur l’ensemble du plateau tibétain l’année passée, le gouvernement chinois, dont l’autorité est contestée au Tibet, a imposé des mesures de répression violentes. Les nouvelles images vidéo rendues publiques la semaine dernière par le gouvernement tibétain en exil montrent des Tibétains tabassés par la police armée et le corps mutilé d’un Tibétain décédé des suites des tortures infligées en détention. Mais ce week-end, Pékin a voulu envoyer une image bien différente au reste du monde, celle d’un peuple célébrant dans la joie sa « libération » par le parti communiste.<br />
Les autorités gouvernementales au Tibet ont décrété le 28 mars « journée de libération du servage » pour marquer la fin de l’époque féodale au Tibet. Pour les Tibétains, le 28 mars revêt une tout autre signification puisque cette date symbolise la défaite de la révolte tibétaine, la dissolution du gouvernement tibétain et 50 années de séparation et d’exil du 14e Dalaï-lama.<br />
Le fossé entre la rhétorique officielle et la réalité des faits ne semble pas avoir entamé la détermination du pouvoir de célébrer la première édition de ce nouvel anniversaire, imposé aux Tibétains. Les cérémonies de commémoration sont en fait une tentative de camoufler les nombreux problèmes et la sérieuse crise de légitimité du parti communiste au Tibet.<br />
L’invasion et l’occupation du Tibet et les ravages et drames qui en ont découlé étaient, selon le gouvernement chinois, des mesures indispensables pour abolir la théocratie, le féodalisme et l’esclavage. Le Dalaï-lama et la communauté tibétaine en général reconnaissent aisément que la société tibétaine – comme beaucoup d’autres sociétés à l’époque, en particulier en Asie – connaissait de nombreuses formes d’injustices auxquelles il fallait mettre fin. Cependant, il n’y a jamais eu un esclavage systématique dans la société tibétaine traditionnelle et il est incorrect de décrire l’ancien Tibet comme féodal. Ce n’était certainement pas une théocratie, étant donné que les bouddhistes ne croient pas en un Dieu. L’actuel 14e Dalaï-lama était et reste un réformateur qui a cherché à améliorer la société au Tibet et qui a eu le mérite de mettre en place un gouvernement démocratique en exil. Il ne fait aucun doute que le Tibet sans la domination chinoise se serait acheminé seul vers sa propre voix de modernisation comme ce fut le cas pour tous les pays d’Asie.<br />
Cette « journée de libération des serfs », dont la population chinoise tout à fait désinformée sur ce qui se passe au Tibet reste la principale cible, risque d’attiser l’animosité croissante entre populations chinoises et tibétaines. Certains Chinois qui connaissent le Tibet se disent inquiets par la rhétorique hostile utilisée par la propagande chinoise contre le Dalaï-lama comparé par Pékin à Hitler et qualifié de menteur.<br />
La voie médiane prônée par le Dalaï-lama visant l’autonomie pour tous les Tibétains au sein de la Chine – et non l’indépendance – est vue par Pékin, qui joue le rôle de la victime et la fibre nationaliste, comme un « complot méprisable cherchant à diviser la mère patrie » et à attaquer la souveraineté nationale.<br />
L’Histoire sera juge. Dans le court terme, cependant, afin de modifier la propagande chinoise sur le Tibet et atténuer le ressentiment entre les Chinois et les Tibétains (et l’instabilité qui risque d’en découler), la « communauté internationale » doit adopter une approche commune et forte pour convaincre Pékin de changer de cap. Il est temps pour la Chine de faire son autocritique sur la manière dont elle a géré le Tibet ces 50 dernières années, elle doit commencer à prendre en compte les aspirations et attentes du peuple tibétain et négocier avec le Dalaï-lama un accord qui lui permette de retourner au Tibet pour rejoindre les siens.</p>
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		<title>Nos valeurs démocratiques sont l’enjeu de la crise Union européenne-Chine sur le Tibet</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Nov 2008 11:07:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia]]></category>

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		<description><![CDATA[Le mouvement tibétain se radicalise », « Le dalaï-lama renonce au dialogue avec la Chine », « Le dalaï-lama revendique l’indépendance »…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Soir, Vendredi 28 novembre 2008</strong></p>
<h3>Vincent Metten Directeur européen pour International Campaign for Tibet (ICT)</h3>
<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_valeurs.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-334" style="margin: 6px;" title="tribunes_valeurs" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_valeurs-300x224.jpg" alt="tribunes_valeurs" width="300" height="224" /></a>Le mouvement tibétain se radicalise », « Le dalaï-lama renonce au dialogue avec la Chine », « Le dalaï-lama revendique l’indépendance »…<br />
Différentes expressions ont été utilisées pour commenter le rassemblement historique de 600 représentants de la diaspora tibétaine venus de 15 pays qui s’est tenu du 17 au 22 novembre à Dharamsala, dans le nord de l’Inde.<br />
Quelques clarifications s’imposent ! Non, le dalaï-lama ne réclame pas l’indépendance. Non, il ne renonce pas au dialogue avec la Chine et à son projet d’autonomie pour son peuple. Non, le mouvement tibétain ne se radicalise pas…<br />
Une grande diversité d’opinions a toujours traversé la communauté tibétaine en exil qui est loin de constituer un groupe monolithique. Mais pour la première fois, ces opinions ont pu s’exprimer dans le cadre d’une plateforme officielle dont les recommandations seront prises en compte par le pouvoir tibétain. Certains individus et organisations, dont le Congrès de la jeunesse tibétaine, se réclament davantage de l’indépendance que de l’autonomie, ce qui suffit pour que Pékin qualifie cette association de « groupe terroriste ».<br />
Il faut cependant savoir que la position des Tibétains reste ancrée dans une philosophie de non-violence et de dialogue. Même les plus « radicaux » n’ont pas appelé à recourir à une quelconque forme de violence cette année malgré la terrible répression en cours. Dans son dernier rapport sur la Chine, le Comité contre la torture des Nations unies déplore d’ailleurs l’usage de la torture dans les régions tibétaines et regrette l’absence d’enquête.<br />
Face au durcissement de la politique chinoise sur le Tibet et au refus de négocier avec les envoyés tibétains, le dalaï-lama a jugé nécessaire de réunir un « Congrès extraordinaire » pour faire le point et réfléchir à l’avenir du Tibet. Dix-sept mille avis clandestinement recueillis au Tibet ont permis d’enrichir le débat et de créer l’important lien entre exilés et Tibétains vivant sur place. La grande majorité des délégués a renouvelé sa confiance dans le dalaï-lama et dans son projet d’autonomie (voie médiane).<br />
Cet exercice de consultation populaire montre à quel point le dalaï-lama a toujours été attaché aux valeurs et aux fondements démocratiques. Il a maintes fois répété que le pouvoir et l’avenir du Tibet se trouvent entre les mains de la population tibétaine. Lobsang Sangay, professeur à la Harvard School of Law, émet son avis sur cette réunion : « C’est un moment de transition entre un mouvement tibétain dirigé par le dalaï-lama et un mouvement dirigé par son peuple. »<br />
Dès son arrivée en Inde en 1959, le dalaï-lama a voulu organiser la Communauté tibétaine en exil sur la base de principes démocratiques. En 1961, il promulgue une Constitution proclamant la séparation des pouvoirs et dont les fondements sont ceux de toute démocratie : égalité des citoyens(ne)s devant la loi, élections libres et pluralisme politique.<br />
Un parlement et un gouvernement en exil sont installés et, depuis 2001, le Premier ministre est élu au suffrage universel direct par tous les électeurs tibétains vivant hors du Tibet. Dans l’hypothèse d’un retour du dalaï-lama au Tibet, ce dernier a affirmé qu’il n’accepterait aucun statut politique, pour ne conserver qu’une fonction morale et religieuse. Son attitude, en rupture avec une tradition séculaire, démontre son ouverture d’esprit et son progressisme.<br />
Ces développements constituent la preuve que l’élite tibétaine, loin de se crisper sur ses privilèges passés et contrairement aux accusations véhiculées par Pékin, aurait été dotée des qualités nécessaires pour faire entrer le Tibet dans la modernité démocratique si l’opportunité lui en avait été laissée.<br />
Mais l’une des craintes du pouvoir chinois, selon les propos du dalaï-lama, « c’est précisément que la démocratie vienne en Chine via les Tibétains ». Il est aujourd’hui difficile d’imaginer que le pouvoir à Pékin laisse une « bulle démocratique » s’instaurer au Tibet. La mise en œuvre de fondements démocratiques au Tibet a pour précondition que le régime chinois et le parti communiste s’ouvrent, se réforment et se démocratisent eux-mêmes.<br />
Deux semaines après ce grand exercice démocratique, le dalaï-lama s’apprête à effectuer une tournée européenne. Il s’arrêtera en République tchèque, puis en Belgique où il s’adressera en session plénière au Parlement européen le 4 décembre (son passage au Parlement belge fait des remous car l’OPEN VLD s’oppose à ce qu’il soit reçu dans l’hémicycle), et enfin en Pologne pour prendre part à une réunion de Prix nobel de la Paix. Le président Sarkozy a annoncé qu’il profiterait de l’occasion pour le rencontrer à Gdansk. Malgré un intense contre-lobbying chinois, le président français n’est pas revenu sur sa décision, ce dont il faut se féliciter. Les autorités chinoises ont alors pris la décision spectaculaire de reporter le prochain sommet UE-Chine ! Cette réaction musclée est contre-productive et disproportionnée. La Chine s’isole et fragilise ses relations avec l’Europe. Cette provocation vise sans doute à tester la réaction politique d’une Europe dont Pékin tente d’exploiter les divisions internes tout en essayant d’isoler le dalaï-lama.<br />
Les Vingt-sept doivent afficher leur unité et rester ferme, par exemple en invitant le dalaï-lama à un Sommet européen ou à une réunion des ministres des Affaires étrangères.<br />
Dans un second temps, l’UE pourrait coordonner sa politique extérieure sur la Chine et mettre à profit son expérience dans la prévention et la gestion des conflits et les talents de ses diplomates chevronnés pour aider le gouvernement de Pékin et le dalaï-lama à surmonter leur différend. Pourquoi l’UE n’essaierait-elle pas de jouer un rôle de facilitation voire de médiation pour débloquer le dialogue sino-tibétain ?<br />
L’implication de l’Union européenne dans ce dossier est d’autant plus nécessaire que le Tibet a maintenant un impact réel et sérieux sur ses relations avec la Chine. Ce dont il est finalement question, c’est la défense des valeurs démocratiques au cœur de la construction européenne, valeurs qui ne sont pas si éloignées de celles défendues par le dalaï-lama.</p>
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