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	<title>Savetibet &#187; Articles de presse</title>
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		<title>Nicolas Sarkozy en Chine : les droits humains sont-ils au programme ?</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Apr 2010 09:05:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Metten</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition Universelle]]></category>
		<category><![CDATA[Shanghai]]></category>

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		<description><![CDATA[Visite d'Etat de Nicolas Sarkozy en Chine: Un collectif de huit associations réitère leurs préoccupations en matière de droits humains...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte vml 1]><v:shapetype id="_x0000_t75"  coordsize="21600,21600" o:spt="75" o:preferrelative="t" path="m@4@5l@4@11@9@11@9@5xe"  filled="f" stroked="f"> <v:stroke joinstyle="miter" /> <v:formulas> <v:f eqn="if lineDrawn pixelLineWidth 0" /> <v:f eqn="sum @0 1 0" /> <v:f eqn="sum 0 0 @1" /> <v:f eqn="prod @2 1 2" /> <v:f eqn="prod @3 21600 pixelWidth" /> <v:f eqn="prod @3 21600 pixelHeight" /> <v:f eqn="sum @0 0 1" /> <v:f eqn="prod @6 1 2" /> <v:f eqn="prod @7 21600 pixelWidth" /> <v:f eqn="sum @8 21600 0" /> <v:f eqn="prod @7 21600 pixelHeight" /> <v:f eqn="sum @10 21600 0" /> </v:formulas> <v:path o:extrusionok="f" gradientshapeok="t" o:connecttype="rect" /> <o:lock v:ext="edit" aspectratio="t" /> </v:shapetype><v:shape id="_x0000_i1025" type="#_x0000_t75" style='width:375pt;  height:164.25pt'> <v:imagedata src="file:///C:\DOCUME~1\VMA2F3~1.D62\LOCALS~1\Temp\msohtml1\09\clip_image001.png" mce_src="file:///C:\DOCUME~1\VMA2F3~1.D62\LOCALS~1\Temp\msohtml1\09\clip_image001.png"   o:title="" /> </v:shape><![endif]--><!--[if !vml]--><!--[endif]--></p>
<p><strong><img class="alignnone" title="Exposition universelle de Shanghai: Le pavillon de la France " src="http://www.consulfrance-hongkong.org/local/cache-vignettes/L450xH184/Pavillon2-40b73.jpg" alt="" width="426" height="173" /></strong></p>
<p><strong>Nicolas Sarkozy en Chine : les droits humains sont-ils au programme ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em>Paris, le 26 avril 2010</em></p>
<p><em><br />
</em></p>
<p>Un collectif de huit associations pour le respect des droits humains en Chine s’unit en amont de la visite d’Etat de Nicolas Sarkozy mercredi à Pékin puis à Shanghai à l’inauguration de l’Exposition Universelle, pour réitérer leurs préoccupations en matière de droits humains en Chine.</p>
<p>De nombreux citoyens chinois, intellectuels, avocats, internautes, ouvriers, ou paysans, qui tentent de faire entendre leur voix de façon pacifique continuent de subir la répression, la violence de la police ou des autorités chinoises. A l’approche de l’Exposition universelle qui ouvre ses portes le 1er mai prochain, force est de constater qu’il n’y a pas de signes d’ouverture. La France, comme l’Union Européenne et en particulier la nouvelle représentante pour les Relations extérieures Mme Ashton, doivent saisir l’opportunité de ces visites en Chine, pour apporter un soutien sans faille aux militants des droits humains et de la démocratie dans le pays.</p>
<p>Des Chinois, que la France a elle-même honorés en leur décernant le Prix des Droits de l’Homme ou le titre de Citoyen d’honneur de la Ville de Paris, sont toujours en détention. Ainsi de Hu Jia, qui milite pour l’écologie et lutte contre le SIDA, malade et sans accès au traitement, et de Chen Guangcheng, avocat aveugle. On compte également, Gao Zhisheng et Li Heping, deux avocats torturés par la police, et encore le Dalaï Lama, citoyen d’honneur de la Ville de Paris, empêché de se rendre auprès des victimes du récent séisme de Qinghaï.</p>
<p>Les manifestations et les révoltes sont quotidiennes dans toute la Chine, face aux abus de pouvoir et à l&#8217;injustice. La volonté des autorités chinoises de maintenir à tout prix la stabilité empêche la mise en place de réformes politiques. Le système souffre de multiples maux : corruption, absence de transparence, liberté d’expression bafouée.</p>
<p><strong>A la veille de la visite de Nicolas Sarkozy, le collectif d’associations dénonce:</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p>- des entraves systématiques à la liberté d’expression alors que le contrôle politique sur Shanghai et les journalistes va s’accentuer à l’occasion de l’Exposition universelle.</p>
<p>- la politique de censure des autorités chinoises notamment sur internet. L’entreprise Google a, elle-même, dénoncé le piratage de comptes de messageries électroniques de défenseurs des droits humains.</p>
<p>- la situation des Ouïghours et des Tibétains qui subissent, en permanence, l’oppression et toutes formes de discriminations. Au Xinjiang, les autorités accusent généralement les Ouïghours des « trois maux » : « terrorisme, séparatisme et extrémisme religieux ». Quant au Tibet, à la suite des manifestations qui ont débuté le 10 mars 2008, dont la grande majorité étaient pacifiques, plus de 700 personnes ont été arrêtées ou ont disparues et de nombreuses autres ont été condamnées à des peines allant de trois ans d&#8217;emprisonnement ferme à la réclusion à perpétuité ou la peine de mort</p>
<p>- le secret d’Etat qui entoure les informations sur la peine de mort, le nombre de condamnations et d’exécutions de 2009 et ne permet pas d’estimations fiables.</p>
<p><strong>COMMUNIQUE DE PRESSE COLLECTIF :</strong></p>
<p>ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)</p>
<p>Agir pour les Droits de l’homme</p>
<p>Amnesty International France</p>
<p>Fédération Internationale des Droits de l’Homme</p>
<p>Comité de soutien au Peuple Tibétain</p>
<p>International Campaign for Tibet</p>
<p>Solidarité Chine</p>
<p>Reporters Sans Frontières</p>
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		<title>Le «séisme en Chine» s’est en réalité produit au Tibet</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Apr 2010 14:09:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Metten</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia]]></category>

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		<description><![CDATA[Claude B. Levenson, auteure et spécialiste du Tibet, trouve curieux que les messages de sympathie aient été adressés à la Chine plutôt qu’aux Tibétains, ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Claude B. Levenson </strong></p>
<p>Crée le 20 avril 2010 (Le Temps)</p>
<div id="attachment_781" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><a href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/tremblement1.jpg"><img class="size-full wp-image-781" title="tremblement" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/tremblement1.jpg" alt="" width="500" height="364" /></a><p class="wp-caption-text">La population du Qinghai, à majorité bouddhiste, attend l&#39;incinération des victimes du séisme qui a touché la région mardi 13 avril. © EPA</p></div>
<p>Jour après jour après le violent séisme qui a endeuillé le haut plateau tibétain, alors que s’allonge la liste des morts, que les secours s’organisent vaille que vaille et que la fumée des bûchers funéraires obscurcit un ciel naguère d’une rare pureté, une autre bataille est d’ores et déjà engagée où la politique mène le jeu. Et les dirigeants d’ici et d’ailleurs qui se sont précipités pour envoyer des messages de condoléances au président chinois doivent se rendre à l’évidence qu’ils auraient été tout aussi bien inspirés d’en présenter au dalaï-lama et aux Tibétains, principales victimes de ce coup de colère tellurique.</p>
<p>Les autorités chinoises elles-mêmes sont maintenant forcées de reconnaître que pour des secours efficaces sur place et dans les hôpitaux des villes des alentours qui accueillent d’innombrables blessés, il faut recourir à des interprètes, les étudiants tibétains se trouvant en Chine s’étant spontanément offerts à servir d’intermédiaires. Quant aux titres de la presse internationale concernant le «séisme en Chine», ils traduisent à leur manière soit une déplorable méconnaissance de la géographie ou une incapacité à lire des cartes, soit l’extrême sensibilité des responsables chinois à tout ce qui touche au Tibet. Et mieux vaut ne pas s’appesantir sur de curieuses expressions du genre «le premier ministre s’entretient avec une Chinoise tibétaine» ou «un secouriste aide un Chinois d’ethnie tibétaine», qui ne font qu’ajouter l’insulte à la souffrance. A croire qu’il existe dorénavant une consigne générale imposant le «chinoisement» correct. Drame accentuant la tragédie, on en vient à nier aux victimes leur identité, succombant ainsi à une propagande perverse cherchant à assimiler de force un voisin militairement occupé il y a six décennies qui défend son altérité et ses propres valeurs en évitant la violence.</p>
<p>La confusion savamment entretenue sur l’appellation des lieux – Jyekundo selon le nom historiquement utilisé devenu Yushu en mandarin, ou le Kham et l’Amdo disparus au profit du Qinghaï imposé en 1965 lors du démembrement administratif du territoire tibétain en vue de la création officielle de la Région autonome du Tibet – témoigne d’une volonté d’appropriation de l’espace pour effacer la mémoire de l’histoire locale. L’arrivée sur place d’abord du premier ministre Wen Jiabao, dont la réputation n’est plus à faire de «visage compatissant» du pouvoir, puis du président Hu Jintao rentré du Brésil «afin de prendre en main la direction des secours» illustre également la sensibilité du régime à tout ce qui touche ces marches lointaines et délaissées dont la propagande officielle ne cesse de vanter le bien-être apporté à des populations arriérées et «libérées du servage». Les Tibétains, eux, retiennent que les premiers à leur porter secours ont été les moines accourus de divers monastères, ce qui n’est pas forcément du goût des autorités. Ils n’ont pas oublié non plus que Hu Jintao a fait ses armes comme proconsul au Tibet, où sa politique répressive lui avait valu en 1989 le surnom de «boucher de Lhassa».</p>
<p>C’est aussi un rappel opportun du but réitéré de la direction du Parti communiste qui proclame le caractère prioritairement politique du développement du Tibet visant à «assurer la stabilité et la sécurité par un contrôle central accru en vue d’une plus grande assimilation du Tibet dans un Etat chinois unifié». Une récente recommandation précisant la nécessité de tenir compte des «caractéristiques locales» dans cette politique ne fait rien à l’affaire, et n’a pas vraiment convaincu les principaux intéressés. Dans cette contrée foncièrement tibétaine et qui entend le rester, les survivants du séisme craignent que les soldats arrivés sous couvert de secours ne s’installent à demeure pour renforcer la surveillance, remarquant que les immeubles officiels et les quartiers résidentiels sont prioritaires, aux dépens des urgences des plus mal lotis. Non seulement les écoles ont beaucoup souffert, comme ce fut le cas en 2008 lors du tremblement de terre au Sichuan, mais surtout les «villages socialistes» où les nomades ont été sédentarisés de force par dizaines de milliers n’ont résisté ni au séisme ni aux répliques. Et les survivants préfèrent regagner collines et montagnes vivre sous tente plutôt que de rester sous un toit dans des villes où ils sont des parias.</p>
<p>La communauté exilée, qui a accueilli ces dernières années nombre de jeunes réfugiés de ces régions fuyant précisément la sédentarisation ou les campagnes de rééducation patriotique dans les monastères, recueille et recoupe des informations faisant état d’un certain ressentiment diffus contrastant avec les nouvelles officielles, alors qu’une lettre des sinistrés au président chinois demande que le dalaï-lama soit autorisé à se rendre sur place pour les réconforter.</p>
<p>C’est donc bel et bien un nouvel épisode du combat pour le Tibet qui se livre dans le sillage de ce séisme, comme pour rappeler le constat désabusé de Mao apprenant l’arrivée sain et sauf du jeune dalaï-lama en Inde en mars 1959: «Nous avons gagné la bataille de Lhassa, mais perdu la guerre.»</p>
<p>Auteure de Tibet, Tibétains, Glénat, 2010.</p>
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		<title>Chine, la fin d’un cycle</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 10:53:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon la tradition chinoise, un laps de soixante années représente un cycle de vie : en effet les douze animaux du zodiaque chinois se sont présentés cinq fois...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> Le Soir, mardi 29 septembre 2009</strong></p>
<h3>Marie Holzman Sinologue, auteur de nombreux ouvrages sur la Chine contemporaine, dont « Chine, on ne bâillonne pas la lumière » (chez J.C. Gawsevitch, Paris 2009)</h3>
<h3>Vincent Metten Directeur européen pour International Campaign for Tibet</h3>
<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_cycle.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-390" style="margin-top: 4px; margin-bottom: 4px; margin-left: 6px; margin-right: 6px;" title="tribunes_cycle" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_cycle-300x227.jpg" alt="tribunes_cycle" width="240" height="182" /></a>Selon la tradition chinoise, un laps de soixante années représente un cycle de vie : en effet les douze animaux du zodiaque chinois se sont présentés cinq fois dans les cinq éléments qui déterminent leur nature (feu, bois, métal, eau et terre) et 12 × 5 = 60. Donc, à l’âge de 60 ans, la République populaire de Chine se trouve bien à la fin d’un cycle. Elle doit se résoudre à entrer dans un nouveau cycle alors que la question de sa survie est toujours posée : va-t-elle rester arc-boutée sur un système monopolisé par le Parti communiste ou pourra-t-elle se permettre de laisser une forme d’opposition et de liberté individuelle se développer ? En effet, le système politique chinois n’a jamais opéré sa « démaoïsation ». La forte présence du fondateur de la République populaire de Chine, Mao Zedong, reste, plus que jamais, une des sources de légitimité des dirigeants actuels. Un nouveau film a été réalisé à sa gloire pour ce soixantième anniversaire. Son portrait et son mausolée écrasent encore le cœur vital de la Chine : sur la place et sur la porte de la Paix céleste, Tian’anmen.<br />
« Élevons notre niveau de vigilance » était l’un des mots d’ordre favoris du président Mao jusqu’à la fin de sa vie en 1976. En effet, le système s’est construit sur le concept de la lutte des classes. Cela a induit l’idée paranoïaque que l’ennemi intérieur devait être débusqué en tout lieu et à toute heure. Au début des années 1950, les Chinois se sont lancés dans la lutte contre les bourgeois, les capitalistes, les propriétaires terriens. À la fin des années cinquante, la cible s’est tournée contre les « droitiers », c’est-à-dire l’élite intellectuelle du pays. Dans les années 1960, le président Mao s’est appuyé sur la jeunesse pour lancer la Révolution culturelle. À la fin des années 1970, il y a eu une petite variante et le successeur de Mao a provoqué une guerre éclair contre le Vietnam pour maintenir la cohésion nationale dans la phase de transition la plus délicate qu’ait connue ce vaste pays. Il fallait en effet amener la population à se réconcilier avec une idée qu’elle avait dû réprimer pendant trente ans : le profit. Tout d’un coup, les notions d’égalitarisme, d’économie planifiée allaient s’écrouler pour laisser la place à l’initiative privée. Et pourtant, il ne fallait pas que le monopole du PCC en pâtisse. Une gageure rondement menée puisque, trente ans plus tard, le taux de croissance économique est devenu la seule source<br />
de légitimité d’un régime aux abois. L’État défend maintenant l’intérêt des patrons et veille à éviter que les conflits sociaux débouchent sur l’émergence de syndicats indépendants, qui sonnerait le glas du régime.<br />
Dans le contexte actuel, relancer la lutte des classes engendrerait un tel chaos que cette stratégie n’est plus envisageable. En revanche, depuis les événements du 11 septembre 2001, la lutte contre le terrorisme et sa variante chinoise du séparatisme ont pris le relais. En l’absence de toute idéologie constructive, quoi de plus « porteur » que de dénoncer les menées « hypocrites » du Dalaï-lama pour récupérer la direction du Tibet, ou la main noire de Rabyia Kadeer, célèbre exilée ouïghoure, pour expliquer les explosions de violence qui se sont produites au Xinjiang depuis juillet dernier ? Ce sont maintenant les ethnies qui vivent à la périphérie de la Chine qui jouent le rôle de catalyseur d’un nationalisme de plus en plus volatil. C’est ainsi que le monde entier a pu assister, par vidéos interposées, à l’entrée des tanks et de l’armée dans Lhassa en mars 2008, et, cet été, à de véritables massacres interethniques dans les rues d’Urumqi qui auraient fait près de deux cents morts, Han et Ouighours confondus, et plus de sept mille blessés, selon les chiffres officiels. Il est clair que le système politique actuel a atteint ses limites et nombreux sont les intellectuels chinois, les anciens cadres du Parti, les opposants, les militants pour la défense des droits civiques, actifs ou en prison, qui le clament : une Chine non démocratique devient une menace pour<br />
sa population, et pour le monde entier. Le pouvoir étant incapable de tenir compte des revendications et des attentes locales, régionales ou internationales, ses réactions restent placées sous le signe de la force et non du dialogue, ce qui augmente le ressentiment et la frustration, et provoque une violence accrue.<br />
Un système fédéral responsable permettrait aux Han (92 % de la population) et aux minorités de jouir d’une véritable autonomie qui fait aujourd’hui défaut. C’est ce que des intellectuels chinois comme Yan Jiaqi, Wang Lixiong proposent depuis des décennies. Les envoyés du Dalaï-lama ont quant à eux ont demandé par écrit la mise en œuvre d’une véritable autonomie pour tous les Tibétains, mais ces propositions ont été rejetées dans leur totalité par le gouvernement chinois.<br />
Pourtant, depuis les massacres au Xinjiang, des voix isolées se font entendre en Chine pour faire remarquer que la méthode pacifique du dialogue, prônée par le Dalaï-lama, serait sans doute de loin préférable au déferlement de violence qui risque de se produire si l’exaspération des Chinois et des minorités malmenés par les conséquences d’un développement économique brutal atteint un point de non-retour. La fin d’un cycle : venu au pouvoir grâce à l’armée, le PCC ne risque-t-il pas de perdre le pouvoir par les armes ? Une perspective rarement évoquée mais pas si invraisemblable, hélas.</p>
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		<title>La nouvelle offensive de la propagande chinoise sur le Tibet</title>
		<link>http://www.savetibet.fr/2009/03/la-nouvelle-offensive-de-la-propagande-chinoise-sur-le-tibet/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 11:02:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia]]></category>

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		<description><![CDATA[Face à la vague de manifestations essentiellement pacifiques qui a déferlé sur l’ensemble du plateau tibétain l’année passée, le gouvernement chinois...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Soir, lundi 30 mars 2009</strong></p>
<h3><strong></strong><br />
Vincent Metten Directeur européen pour International Campaign for Tibet (Bruxelles)</h3>
<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_off.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-332" style="margin-top: 4px; margin-bottom: 4px; margin-left: 6px; margin-right: 6px;" title="tribunes_off" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_off-300x224.jpg" alt="tribunes_off" width="300" height="224" /></a>Face à la vague de manifestations essentiellement pacifiques qui a déferlé sur l’ensemble du plateau tibétain l’année passée, le gouvernement chinois, dont l’autorité est contestée au Tibet, a imposé des mesures de répression violentes. Les nouvelles images vidéo rendues publiques la semaine dernière par le gouvernement tibétain en exil montrent des Tibétains tabassés par la police armée et le corps mutilé d’un Tibétain décédé des suites des tortures infligées en détention. Mais ce week-end, Pékin a voulu envoyer une image bien différente au reste du monde, celle d’un peuple célébrant dans la joie sa « libération » par le parti communiste.<br />
Les autorités gouvernementales au Tibet ont décrété le 28 mars « journée de libération du servage » pour marquer la fin de l’époque féodale au Tibet. Pour les Tibétains, le 28 mars revêt une tout autre signification puisque cette date symbolise la défaite de la révolte tibétaine, la dissolution du gouvernement tibétain et 50 années de séparation et d’exil du 14e Dalaï-lama.<br />
Le fossé entre la rhétorique officielle et la réalité des faits ne semble pas avoir entamé la détermination du pouvoir de célébrer la première édition de ce nouvel anniversaire, imposé aux Tibétains. Les cérémonies de commémoration sont en fait une tentative de camoufler les nombreux problèmes et la sérieuse crise de légitimité du parti communiste au Tibet.<br />
L’invasion et l’occupation du Tibet et les ravages et drames qui en ont découlé étaient, selon le gouvernement chinois, des mesures indispensables pour abolir la théocratie, le féodalisme et l’esclavage. Le Dalaï-lama et la communauté tibétaine en général reconnaissent aisément que la société tibétaine – comme beaucoup d’autres sociétés à l’époque, en particulier en Asie – connaissait de nombreuses formes d’injustices auxquelles il fallait mettre fin. Cependant, il n’y a jamais eu un esclavage systématique dans la société tibétaine traditionnelle et il est incorrect de décrire l’ancien Tibet comme féodal. Ce n’était certainement pas une théocratie, étant donné que les bouddhistes ne croient pas en un Dieu. L’actuel 14e Dalaï-lama était et reste un réformateur qui a cherché à améliorer la société au Tibet et qui a eu le mérite de mettre en place un gouvernement démocratique en exil. Il ne fait aucun doute que le Tibet sans la domination chinoise se serait acheminé seul vers sa propre voix de modernisation comme ce fut le cas pour tous les pays d’Asie.<br />
Cette « journée de libération des serfs », dont la population chinoise tout à fait désinformée sur ce qui se passe au Tibet reste la principale cible, risque d’attiser l’animosité croissante entre populations chinoises et tibétaines. Certains Chinois qui connaissent le Tibet se disent inquiets par la rhétorique hostile utilisée par la propagande chinoise contre le Dalaï-lama comparé par Pékin à Hitler et qualifié de menteur.<br />
La voie médiane prônée par le Dalaï-lama visant l’autonomie pour tous les Tibétains au sein de la Chine – et non l’indépendance – est vue par Pékin, qui joue le rôle de la victime et la fibre nationaliste, comme un « complot méprisable cherchant à diviser la mère patrie » et à attaquer la souveraineté nationale.<br />
L’Histoire sera juge. Dans le court terme, cependant, afin de modifier la propagande chinoise sur le Tibet et atténuer le ressentiment entre les Chinois et les Tibétains (et l’instabilité qui risque d’en découler), la « communauté internationale » doit adopter une approche commune et forte pour convaincre Pékin de changer de cap. Il est temps pour la Chine de faire son autocritique sur la manière dont elle a géré le Tibet ces 50 dernières années, elle doit commencer à prendre en compte les aspirations et attentes du peuple tibétain et négocier avec le Dalaï-lama un accord qui lui permette de retourner au Tibet pour rejoindre les siens.</p>
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		<title>Nos valeurs démocratiques sont l’enjeu de la crise Union européenne-Chine sur le Tibet</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Nov 2008 11:07:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
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		<description><![CDATA[Le mouvement tibétain se radicalise », « Le dalaï-lama renonce au dialogue avec la Chine », « Le dalaï-lama revendique l’indépendance »…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Soir, Vendredi 28 novembre 2008</strong></p>
<h3>Vincent Metten Directeur européen pour International Campaign for Tibet (ICT)</h3>
<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_valeurs.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-334" style="margin: 6px;" title="tribunes_valeurs" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_valeurs-300x224.jpg" alt="tribunes_valeurs" width="300" height="224" /></a>Le mouvement tibétain se radicalise », « Le dalaï-lama renonce au dialogue avec la Chine », « Le dalaï-lama revendique l’indépendance »…<br />
Différentes expressions ont été utilisées pour commenter le rassemblement historique de 600 représentants de la diaspora tibétaine venus de 15 pays qui s’est tenu du 17 au 22 novembre à Dharamsala, dans le nord de l’Inde.<br />
Quelques clarifications s’imposent ! Non, le dalaï-lama ne réclame pas l’indépendance. Non, il ne renonce pas au dialogue avec la Chine et à son projet d’autonomie pour son peuple. Non, le mouvement tibétain ne se radicalise pas…<br />
Une grande diversité d’opinions a toujours traversé la communauté tibétaine en exil qui est loin de constituer un groupe monolithique. Mais pour la première fois, ces opinions ont pu s’exprimer dans le cadre d’une plateforme officielle dont les recommandations seront prises en compte par le pouvoir tibétain. Certains individus et organisations, dont le Congrès de la jeunesse tibétaine, se réclament davantage de l’indépendance que de l’autonomie, ce qui suffit pour que Pékin qualifie cette association de « groupe terroriste ».<br />
Il faut cependant savoir que la position des Tibétains reste ancrée dans une philosophie de non-violence et de dialogue. Même les plus « radicaux » n’ont pas appelé à recourir à une quelconque forme de violence cette année malgré la terrible répression en cours. Dans son dernier rapport sur la Chine, le Comité contre la torture des Nations unies déplore d’ailleurs l’usage de la torture dans les régions tibétaines et regrette l’absence d’enquête.<br />
Face au durcissement de la politique chinoise sur le Tibet et au refus de négocier avec les envoyés tibétains, le dalaï-lama a jugé nécessaire de réunir un « Congrès extraordinaire » pour faire le point et réfléchir à l’avenir du Tibet. Dix-sept mille avis clandestinement recueillis au Tibet ont permis d’enrichir le débat et de créer l’important lien entre exilés et Tibétains vivant sur place. La grande majorité des délégués a renouvelé sa confiance dans le dalaï-lama et dans son projet d’autonomie (voie médiane).<br />
Cet exercice de consultation populaire montre à quel point le dalaï-lama a toujours été attaché aux valeurs et aux fondements démocratiques. Il a maintes fois répété que le pouvoir et l’avenir du Tibet se trouvent entre les mains de la population tibétaine. Lobsang Sangay, professeur à la Harvard School of Law, émet son avis sur cette réunion : « C’est un moment de transition entre un mouvement tibétain dirigé par le dalaï-lama et un mouvement dirigé par son peuple. »<br />
Dès son arrivée en Inde en 1959, le dalaï-lama a voulu organiser la Communauté tibétaine en exil sur la base de principes démocratiques. En 1961, il promulgue une Constitution proclamant la séparation des pouvoirs et dont les fondements sont ceux de toute démocratie : égalité des citoyens(ne)s devant la loi, élections libres et pluralisme politique.<br />
Un parlement et un gouvernement en exil sont installés et, depuis 2001, le Premier ministre est élu au suffrage universel direct par tous les électeurs tibétains vivant hors du Tibet. Dans l’hypothèse d’un retour du dalaï-lama au Tibet, ce dernier a affirmé qu’il n’accepterait aucun statut politique, pour ne conserver qu’une fonction morale et religieuse. Son attitude, en rupture avec une tradition séculaire, démontre son ouverture d’esprit et son progressisme.<br />
Ces développements constituent la preuve que l’élite tibétaine, loin de se crisper sur ses privilèges passés et contrairement aux accusations véhiculées par Pékin, aurait été dotée des qualités nécessaires pour faire entrer le Tibet dans la modernité démocratique si l’opportunité lui en avait été laissée.<br />
Mais l’une des craintes du pouvoir chinois, selon les propos du dalaï-lama, « c’est précisément que la démocratie vienne en Chine via les Tibétains ». Il est aujourd’hui difficile d’imaginer que le pouvoir à Pékin laisse une « bulle démocratique » s’instaurer au Tibet. La mise en œuvre de fondements démocratiques au Tibet a pour précondition que le régime chinois et le parti communiste s’ouvrent, se réforment et se démocratisent eux-mêmes.<br />
Deux semaines après ce grand exercice démocratique, le dalaï-lama s’apprête à effectuer une tournée européenne. Il s’arrêtera en République tchèque, puis en Belgique où il s’adressera en session plénière au Parlement européen le 4 décembre (son passage au Parlement belge fait des remous car l’OPEN VLD s’oppose à ce qu’il soit reçu dans l’hémicycle), et enfin en Pologne pour prendre part à une réunion de Prix nobel de la Paix. Le président Sarkozy a annoncé qu’il profiterait de l’occasion pour le rencontrer à Gdansk. Malgré un intense contre-lobbying chinois, le président français n’est pas revenu sur sa décision, ce dont il faut se féliciter. Les autorités chinoises ont alors pris la décision spectaculaire de reporter le prochain sommet UE-Chine ! Cette réaction musclée est contre-productive et disproportionnée. La Chine s’isole et fragilise ses relations avec l’Europe. Cette provocation vise sans doute à tester la réaction politique d’une Europe dont Pékin tente d’exploiter les divisions internes tout en essayant d’isoler le dalaï-lama.<br />
Les Vingt-sept doivent afficher leur unité et rester ferme, par exemple en invitant le dalaï-lama à un Sommet européen ou à une réunion des ministres des Affaires étrangères.<br />
Dans un second temps, l’UE pourrait coordonner sa politique extérieure sur la Chine et mettre à profit son expérience dans la prévention et la gestion des conflits et les talents de ses diplomates chevronnés pour aider le gouvernement de Pékin et le dalaï-lama à surmonter leur différend. Pourquoi l’UE n’essaierait-elle pas de jouer un rôle de facilitation voire de médiation pour débloquer le dialogue sino-tibétain ?<br />
L’implication de l’Union européenne dans ce dossier est d’autant plus nécessaire que le Tibet a maintenant un impact réel et sérieux sur ses relations avec la Chine. Ce dont il est finalement question, c’est la défense des valeurs démocratiques au cœur de la construction européenne, valeurs qui ne sont pas si éloignées de celles défendues par le dalaï-lama.</p>
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		<title>Tibet : une répression à huis clos</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jun 2008 11:08:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A la fin des années 80, Lhassa était secouée par des vagues de manifestations que la répression policière n’arrivait pas à étouffer...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Soir, Jeudi 5 juin 2008</strong></p>
<h3>Vincent Metten Directeur européen pour International Campaign for Tibet (ICT)</h3>
<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_rep.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-339" style="margin-top: 4px; margin-bottom: 4px; margin-left: 6px; margin-right: 6px;" title="tribunes_rep" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_rep-300x225.jpg" alt="tribunes_rep" width="300" height="225" /></a>A la fin des années 80, Lhassa était secouée par des vagues de manifestations que la répression policière n’arrivait pas à étouffer. Dans la nuit du 7 mars 1989, après trois jours de rébellion et voyant que la situation était sur le point de leur échapper, les autorités chinoises instaurèrent la loi martiale à Lhassa et en expulsèrent tous les étrangers. Ces événements mirent le Tibet sous le feu de l’actualité mondiale. Ils ont préfiguré le mouvement de protestation politique qui s’étendit à la Chine entière au printemps 1989, pour déboucher le 4 juin sur le massacre de la place Tiananmen. Dix-neuf années plus tard, la population tibétaine s’est de nouveau soulevée pour exprimer de manière massive et déterminée son attachement au Dalaï-lama, sa difficulté de vivre sous la domination chinoise et son espoir de liberté. Le vent de la contestation continue de souffler aujourd’hui : le 28 mai, plusieurs manifestations ont encore été signalées dans le Kham entraînant l’arrestation de plus de 80 nonnes à Kardze.<br />
La répression silencieuse en cours au Tibet prouve que les autorités chinoises continuent de gérer toute contestation de manière brutale et violente sans comprendre ni tenir compte des raisons derrière les mécontentements. Jouant avec beaucoup d’efficacité la dangereuse carte du nationalisme, le pouvoir chinois a mis en avant des actes violents perpétrés par les Tibétains et accusé le Dalaï-lama d’en être l’investigateur. S’il faut effectivement regretter la mort de plusieurs chinois à Lhassa le 14 mars, il est important de savoir que ces violences ne sont absolument pas caractéristiques de l’ensemble des mouvements. Depuis le début de la crise, le Dalaï-lama a répété ses appels au calme et à la non-violence et rappelé qu’il ne souhaite pas l’indépendance mais une autonomie négociée.<br />
Pékin impose un black-out et veut à tout prix éviter que les rares images de manifestations ou de cadavres tibétains transmises à l’étranger quelques jours après le début de la contestation ne puissent se répéter : les communications téléphoniques et internet sont strictement contrôlées, des téléphones portables ont été confisqués, des antennes relais mises hors-service et des personnes ont même été arrêtées pour avoir reçu des SMS de l’étranger. En dépit de ce blocus, des témoignages nous parviennent et bien que fragmentaires sont à notre sens illustratifs de la réaction de Pékin. Un déploiement massif de troupes chinoises a été constaté sur tout le plateau tibétain. Les barrages policiers et miliaires ainsi que les contrôles d’identité restent fréquents au centre de Lhassa. Seuls les habitants qui possèdent un permis de résidence sont autorisés à rester dans la capitale. Les déplacements des Tibétains sont encore limités et contrôlés.<br />
Des témoignages confirment que les troupes chinoises ont fait feu sur la population tibétaine de Lhassa le 14 mars, de même qu’à l’occasion de manifestations dans plusieurs autres monastères dans l’Amdo et la Kham. Alors que Pékin cite le chiffre d’une vingtaine de morts, le Gouvernement tibétain en exil, qui reçoit de nombreux témoignages, oppose le chiffre de plus de 200 victimes tibétaines et de 5.000 arrestations ou disparitions. Selon un habitant de la capitale « une personne dans chaque foyer à Lhassa a disparu ». Certains préfèrent dormir habillé par crainte des raids nocturnes. Des villageois et des moines se cachent dans les montagnes de peur d’être arrêtés. Un climat de grande peur et de vive tension règne sur l’ensemble du haut plateau.<br />
Des photos et peintures du 14e Dalaï-lama ont été saccagées dans des monastères, dont certains au cœur de la résistance (Sera, Drepung, Ganden, Nechung, Kirti, Labrang…), auraient été vidés d’une bonne partie de leurs occupants. Des centaines de moines ont été expédiés par convois de camions et par train sans doute vers des centres de détention plus lointains, dans la province du Sichuan notamment.<br />
Les conditions de vie dans les prisons et centres de détention sont très mauvaises et la torture y est de pratique courante. Des procès expéditifs qui bafouent les normes de droit international ont déjà condamné une trentaine de Tibétains à des peines de prison s’étalant de 3 ans à la détention à perpétuité. Vingt et un avocats chinois qui se proposaient de défendre les manifestants ont été contraints de faire marche arrière sous la pression des autorités judiciaires de Pékin qui menaçaient de leur retirer leur droit d’exercer leur profession.<br />
Une autre facette de la répression est la nouvelle vague de « campagne de rééducation patriotique » qui sévit sur l’ensemble du haut plateau. Des équipes de rééducateurs sont dépêchées dans les monastères, dans les écoles, sur les lieux de travail, dans les villages. Les Tibétains sont forcés sous peine d’arrestation de dénoncer le Dalaï-lama et d’affirmer leur allégeance au pouvoir central de l’Etat et au parti communiste. Tous les monastères et de nombreux foyers sont contraints d’afficher le drapeau rouge aux cinq étoiles. Certains Tibétains utilisent l’expression ’seconde révolution culturelle’ pour qualifier l’ampleur des campagnes politiques en cours.<br />
Le 4 mai, le gouvernement chinois a renoué un contact informel avec deux représentants du Dalaï-lama. Une septième rencontre formelle devrait se tenir dans les prochains jours. Si les dirigeants chinois sont véritablement sincères et veulent restaurer le calme au Tibet, ils se doivent de mettre fin à toutes ces formes de répression. Ces dernières ne peuvent qu’exacerber les rancœurs, les frustrations et les ressentiments des Tibétains à l’encontre du pouvoir chinois et accroître l’antagonisme envers le peuple chinois.<br />
Pour atteindre un compromis et instaurer une véritable autonomie pour tous les Tibétains, il est critique que l’option du boycott de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques soit maintenue (le Ministre De Gucht a annoncé de manière prématurée son intention de proposer au gouvernement d’envoyer un représentant officiel) et que la pression internationale, y compris celle de l’Union Européenne ne faiblisse pas. Elle est plus que jamais nécessaire pour encourager Pékin à s’engager dans la voie de la négociation, la seule possible pour trouver une solution durable et acceptable à la question tibétaine.</p>
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		<title>Tibet : l&#8217;autonomie, pas l&#8217;indépendance</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Apr 2008 11:07:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
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		<description><![CDATA[Ces dernières semaines, nous avons été témoins de soulèvements sans précédent sur le plateau tibétain. Le gouvernement chinois a réagi par des mesures exceptionnellement brutales...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Libération, 14 avril 2008, LODI GYALTSEN GYARI , Envoyé spécial du Dalaï-Lama pour le dialogue avec la Chine</h3>
<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_autonomie.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-327" style="margin-left: 6px; margin-right: 6px; margin-top: 4px; margin-bottom: 4px;" title="tribunes_autonomie" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_autonomie-300x300.jpg" alt="tribunes_autonomie" width="210" height="210" /></a></p>
<p>Ces dernières semaines, nous avons été témoins de soulèvements sans précédent sur le plateau tibétain. Le gouvernement chinois a réagi par des mesures exceptionnellement brutales, à quelques mois seulement des Jeux olympiques de Pékin. Depuis le début du dialogue avec le gouvernement chinois en 2002, j&#8217;ai, en ma qualité d&#8217;envoyé spécial de sa Sainteté le dalaï-lama, profondément redouté que de tels événements ne finissent un jour par se produire. Mais aucun d&#8217;entre nous n&#8217;aurait pu imaginer l&#8217;ampleur de ces manifestations compte tenu du contrôle très strict exercé par la Chine sur le Tibet.<br />
Plus d&#8217;une fois, au cours de nos six rencontres avec les représentants chinois, j&#8217;ai souligné avec vigueur que la politique de Pékin finirait par acculer les Tibétains. Nous savions en effet que la mise en oeuvre impitoyable de mesures destinées à saper l&#8217;identité du peuple tibétain, associées à l&#8217;arrivée massive de migrants chinois et à des attaques virulentes à l&#8217;encontre du dalaï-lama, allaient provoquer auprès des Tibétains un profond sentiment d&#8217;exaspération et de frustration. Les protestations des Tibétains ont des racines profondes. Elles sont issues d&#8217;un demi-siècle d&#8217;une gestion défaillante du Tibet par la république populaire de Chine.<br />
La Chine doit assumer l&#8217;entière responsabilité de la situation tragique qui prévaut aujourd&#8217;hui au Tibet. Nous sommes profondément préoccupés par l&#8217;interprétation tronquée que les autorités chinoises donnent de la crise. Les antagonismes qui s&#8217;aggravent entre les peuples chinois et tibétain pourraient perdurer pendant des générations et porter un préjudice irréparable à l&#8217;harmonie de leurs relations. L&#8217;étendue des manifestations, qui dépassent largement les frontières de la Région autonome du Tibet, donnent raison au dalaï-lama qui demande l&#8217;établissement d&#8217;une entité administrative unique regroupant tous les Tibétains. En porte-à-faux avec les accusations du gouvernement chinois selon lesquelles les Tibétains en exil seraient les instigateurs du soulèvement, les récents événements ont montré que ce sont nos compatriotes à l&#8217;intérieur même du Tibet qui ont cette fois inspiré les Tibétains de la diaspora. Je salue le courage des Tibétains qui, au risque de leur vie et de leur liberté, se battent pour la préservation de leur identité et de leur culture.<br />
En dépit du caractère tragique de la crise, le dalaï-lama a réitéré son engagement en faveur de la voie médiane (une véritable autonomie pour tous les Tibétains et non l&#8217;indépendance) et ne s&#8217;est départi à aucun moment de sa position de principe basée sur la non-violence. Il est convaincu que les deux parties, tibétaine et chinoise, ne doivent pas perdre espoir mais plutôt considérer la crise actuelle comme un défi pour trouver une solution équitable en vue de restaurer la paix et la stabilité au Tibet. Nous avons la ferme volonté de poursuivre nos efforts dans le respect de ces principes. La répression contre la population tibétaine sur tout le haut plateau doit cesser avant que nous ne puissions parler d&#8217;avenir. Il est impératif que les gouvernements à travers le monde, qui invitent chacune des parties à reprendre le dialogue, requièrent des autorités chinoises qu&#8217;elles leur donnent, ainsi qu&#8217;à nous-mêmes, l&#8217;assurance que ce dialogue aboutira à des progrès réels et concrets. Des personnes clairvoyantes, comme certains intellectuels à l&#8217;intérieur de la Chine, ont reconnu que la politique de Pékin est à un tournant historique et que le dalaï-lama a un rôle déterminant à jouer. L&#8217;appel du dalaï-lama, en faveur d&#8217;une enquête internationale sur les causes des récents événements au Tibet, devrait être bien accueilli car il serait de nature à nous révéler la vérité, et à favoriser la restauration d&#8217;une relation de confiance entre les peuples tibétain et chinois. Le président Hu Jintao est à présent placé devant un choix unique : substituer à une politique purement répressive, une approche réfléchie, mieux adaptée à une superpuissance émergente, soucieuse de s&#8217;attirer le respect de la communauté internationale, qui suit le dossier tibétain de près.</p>
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		<title>Quel espoir pour les droits de l&#8217;homme en Chine et au Tibet ?</title>
		<link>http://www.savetibet.fr/2008/03/quel-espoir-pour-les-droits-de-lhomme-en-chine-et-au-tibet/</link>
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		<pubDate>Tue, 18 Mar 2008 11:04:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 8 août prochain, Pékin accueillera avec beaucoup de fierté et en grande pompe les premiers Jeux olympiques de l’histoire de la Chine...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Le Soir, mardi 18 mars 2008</strong></p>
<p><strong>Souhayr Belhassen</strong> Fédération Internationale des Ligues des Droits de l&#8217;Homme (Paris),</p>
<p><strong>Sharon Hom </strong>Directrice exécutive Human Rights in China (New York),</p>
<p><strong>Vincent Metten</strong> Directeur européen pour International Campaign for Tibet (Bruxelles)</p>
<div id="attachment_660" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2008/03/flamme_jo.jpg"><img class="size-medium wp-image-660    " style="margin-top: 1px; margin-bottom: 1px; margin-left: 6px; margin-right: 6px;" title="flamme_jo" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2008/03/flamme_jo-300x263.jpg" alt="" width="300" height="263" /></a><p class="wp-caption-text">Manifestation à Paris lors du passage de la flamme olympique</p></div>
<p><strong>Le 8 août prochain, Pékin accueillera avec beaucoup de fierté et en grande pompe les premiers Jeux olympiques de l&#8217;histoire de la Chine. </strong>Conformément aux principes fondamentaux de la Charte olympique, cet événement sportif a pour but la promotion « d&#8217;une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine ». Le respect de l&#8217;esprit olympique exige « la compréhension mutuelle, l&#8217;esprit d&#8217;amitié, de solidarité et de fair-play ». Les Jeux de Pékin doivent donc être un moment de partage, de joie et de célébration populaire en Chine et dans le monde entier.<br />
Pourtant un épais nuage noir obscurcit cet horizon et plane déjà au-dessus de la ville hôte. Au mépris des promesses faites par le régime en 2001 pour obtenir les Jeux censés être libres et ouverts, le gouvernement chinois n&#8217;a pas amélioré la situation des droits de l&#8217;homme. L&#8217;attribution des Jeux risque même de produire l&#8217;effet inverse à celui escompté par la communauté internationale, et pourrait conférer une plus grande légitimité pour le parti communiste sans avancées significatives dans le domaine des droits de l&#8217;homme.<br />
L&#8217;inquiétude de nombreuses ONG augmente face à la récente intensification des persécutions dont sont la cible les défenseurs des droits de l&#8217;homme, les journalistes, les avocats et les militants de la société civile (tels que Hu Jia, Teng Biao, Chen Guangcheng, Yang Maodong, Yu Jianli, Li Heping…). La surveillance et la censure des sites internet ont été renforcées et la situation des minorités reste très préoccupante. Sur le haut plateau himalayen, les Tibétains sont de plus en plus marginalisés d&#8217;un point de vue social et économique, et l&#8217;exploitation des ressources naturelles s&#8217;accélère depuis l&#8217;extension du chemin de fer jusqu&#8217;à Lhassa. Le 10 mars dernier, à l&#8217;occasion du 49e anniversaire de l&#8217;insurrection de la capitale tibétaine, le dalaï-lama a dénoncé dans des termes inhabituellement sévères « le manque de respect du gouvernement à l&#8217;égard du peuple tibétain » et les « violations nombreuses, inimaginables et flagrantes des droits de l&#8217;homme, le déni de la liberté religieuse et la politisation des problèmes religieux ». Les récentes manifestations, sans précédent depuis 1989, de moines, de nonnes et d&#8217;une partie de la population de Lhassa et des autres provinces tibétaines confirment les propos du dalaï-lama.<br />
Face à ce constat amer, la résignation et la passivité politiques dans le reste du monde semblent prendre le pas sur l&#8217;action et la volonté de changement. Certaines exceptions méritent tout de même d&#8217;être retenues. Le Prince Charles a annoncé qu&#8217;il ne souhaitait pas assister à la cérémonie d&#8217;ouverture des Jeux en raison de sa sensibilité sur la question tibétaine. Steven Spielberg a renoncé à exercer une fonction de conseiller artistique à cause de la position chinoise concernant le Darfour. Plusieurs athlètes, qui n&#8217;ont pas été bâillonnés par leur comité olympique national, ont averti qu&#8217;ils feraient des déclarations sur des sujets sensibles. Ces actions ponctuelles prouvent que les JO sont bel et bien une opportunité dont il faut profiter au maximum pour adresser au gouvernement chinois par tous les canaux possibles des messages sur la situation des droits de l&#8217;homme et pour l&#8217;inciter à introduire des changements positifs dans le domaine des droits humains.<br />
L&#8217;Union européenne s&#8217;est abstenue jusqu&#8217;ici de saisir l&#8217;occasion offerte par la proximité des JO pour exprimer publiquement ses sérieuses préoccupations concernant les droits de l&#8217;homme, à l&#8217;exception notable du Parlement européen. Il est grand temps qu&#8217;elle sorte du bois et aborde cette question avec davantage de fermeté et de détermination. Deux fois pas an, l&#8217;UE et la Chine tiennent un dialogue (et un séminaire avec des experts académiques et des ONG) entièrement consacré aux droits de l&#8217;homme. En 2008, la seconde réunion se tiendra à Pékin sous présidence française. Ces réunions confinent malheureusement les droits de l&#8217;homme dans une sphère isolée des autres domaines de coopération. Il faut briser cette séparation. L&#8217;amélioration des relations commerciales de l&#8217;UE avec la Chine doit être liée à des réformes dans le domaine des droits de l&#8217;homme. Les impératifs commerciaux ne sont pas inconciliables avec les droits de l&#8217;homme, comme certains tentent de le faire croire. Le principal partenaire commercial européen avec la Chine, l&#8217;Allemagne, en a fait la démonstration lorsque la chancelière Angela Merkel a reçu officiellement le dalaï-lama en septembre dernier, juste avant qu&#8217;il ne reçoive la médaille d&#8217;or du Congrès américain. Espérons que d&#8217;autres chefs d&#8217;États et de gouvernements européens suivront cet exemple sans craindre le courroux de Pékin.<br />
Dans cette perspective, le Partenariat stratégique en cours de négociation entre l&#8217;UE et la Chine devra reposer sur des fondations saines et des valeurs communes comme les respects de la diversité d&#8217;opinion, de la liberté d&#8217;association, de la liberté de religion et de la dignité humaine. Certaines de ces valeurs sont au cœur de l&#8217;héritage olympique que l&#8217;UE et la Communauté internationale doivent veiller à sauvegarder, et ce de manière proactive.<br />
Le gouvernement chinois quant à lui a encore beaucoup d&#8217;épreuves à surmonter s&#8217;il veut trouver une place respectable et respectée dans le cercle des autres grandes nations de ce monde et prouver que sa capitale mérite d&#8217;accueillir les Jeux. Il devra commencer par se libérer des fantômes qui hantent toujours la place Tiananmen, où se tiendront d&#8217;ailleurs certaines cérémonies des JO. La Chine doit affronter son passé avec courage et arrêter de nier la répression du 4 juin 1989. Il est temps pour elle d&#8217;exorciser ses vieux démons en établissant un dialogue direct avec les Mères de Tiananmen et en répondant à leurs revendications (mener une enquête publique approfondie sur la répression du 4 juin, exprimer des excuses publiques, donner des compensations aux familles des victimes et déterminer les responsabilités des personnes impliquées). La Chine doit également respecter toutes les promesses qu&#8217;elle a faites pour obtenir les Jeux, ainsi que ratifier le Pacte International relatif aux droits civils et politiques, étendre après les Jeux et aux journalistes chinois les réglementations temporaires dont bénéficient les journalistes étrangers, réformer les lois régissant internet et assouplir les restrictions sur l&#8217;accès et la diffusion d&#8217;information… La Chine sera également jugée sur sa capacité à s&#8217;engager dans de réelles négociations avec le dalaï-lama et ses représentants afin<br />
d&#8217;obtenir une véritable autonomie pour tous les Tibétains. Inviter le dirigeant tibétain à se rendre à Pékin pour rencontrer les hauts dirigeants politiques serait un signal extrêmement positif de nature à améliorer la perception et l&#8217;image de la Chine à l&#8217;étranger.<br />
Le 6 avril prochain, la flamme olympique brillera à Londres, le 7 avril à Paris, avant de poursuivre sa route vers l&#8217;Asie en passant symboliquement par le sommet de l&#8217;Everest et rejoindre Pékin. Sur son parcours, elle brillera de l&#8217;espoir de toutes celles et tous ceux qui désirent ardemment que la Chine réalise des progrès réels dans le domaine des droits fondamentaux, progrès que la population chinoise et la communauté internationale pourront alors légitimement considérer comme un héritage durable des Jeux olympiques. La Fédération internationale des Ligues des droits de l&#8217;homme, Human Rights in China et International Campaign for Tibet considèrent qu&#8217;il est de la responsabilité de l&#8217;UE et de la future présidence française de déployer tous les efforts possibles pour convaincre et aider la Chine à s&#8217;engager rapidement dans cette direction.</p>
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		<title>La seconde invasion du Tibet</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Feb 2008 11:05:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
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		<description><![CDATA[Le 1er juillet 2006, la Chine inaugurait en grande pompe la connexion ferroviaire entre la ville de Golmud, dans la province du Qinghai...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Soir, jeudi 14 février 2008</strong></p>
<h3>Vincent Metten Directeur européen pour International Campaign for Tibet (ICT)</h3>
<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_inva.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-330" style="margin-top: 4px; margin-bottom: 4px; margin-left: 6px; margin-right: 6px;" title="tribunes_inva" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_inva-300x225.jpg" alt="tribunes_inva" width="300" height="225" /></a>Le 1er juillet 2006, la Chine inaugurait en grande pompe la connexion ferroviaire entre la ville de Golmud, dans la province du Qinghai, et Lhassa. Grâce à la réalisation de ce gigantesque chantier, il est maintenant possible de rejoindre la capitale du toit du monde à partir de Pékin en 48 heures.</p>
<p>Arrivé à Goldmud, le train entame une ascension entre les montages de Kunlun aux monts enneigés, franchit un col à 5.072 mètres avant de descendre à travers les terres herbeuses et vallonnées, le long de lacs et de rivières, jusqu’à Lhassa. La ligne de chemin de fer est un exploit d’ingénierie, au coût estimé à 4,1 milliards de dollars, sur un trajet de 1.142 km dont plus de la moitié sur du permafrost, un sol instable qui alterne entre gel et dégel, si bien qu’il a fallu concevoir une assiette qui supporte un affaissement pouvant atteindre 30 centimètres. Pour enjamber les vallées, 675 ponts ont été construits qui, mis bout à bout, totalisent 160 km. 80 % de la ligne se situe à plus de 4.000 mètres, où la raréfaction de l’oxygène implique de recourir à trois locomotives diesel pour tracter les wagons. Ces derniers, construits par la firme canadienne Bombardier (tout comme les nouveaux trams bruxellois de la STIB) sont conçus comme les fuselages d’avion, pressurisés et avec des fenêtres spéciales traitées contre les féroces rayonnements ultraviolets.<br />
La propagande officielle n’a pas épargné ses efforts pour tirer le plus grand profit patriotique de cette construction, qui est comparée à la gloire obtenue grâce à la conquête spatiale chinoise ou à la tenue des premiers Jeux olympiques à Pékin en août prochain. Dans les reportages, dans les livres, sur les timbres ou sur les inscriptions calligraphiques, la conquête du plateau tibétain par le « dragon de fer » est utilisée comme une preuve de la grandeur chinoise.<br />
Le gouvernement chinois décrit le train comme une pièce maîtresse de sa « stratégie de développement occidental », un projet censé apporter dans les zones plus pauvres de la Chine une prospérité comparable à celle des régions riches de la côte Est. Il n’en est rien pour les populations tibétaines dont les conditions de vie précaires restent inchangées. Citoyens de seconde zone, dont 80 % habitent dans le monde rural, les Tibétains sont tenus à l’écart du développement urbain. Ainsi leur taux d’illettrisme en 2000 était de 47 % contre 8,6 % pour les Chinois. Dans la municipalité de Lhassa, 70 % des commerces sont tenus par des Chinois Han (restaurants, taxis, magasins…). Signes de l’échec du système de santé dans les zones rurales, la mortalité maternelle en 2004 dans la Région « autonome » du Tibet était de 310,4 (pour 100.000 femmes enceintes), soit 6 fois plus élevée que la moyenne nationale, et presque la moitié des enfants tibétains souffrent de malnutrition chronique, ce qui affecte leur développement neurologique et physique et les rend plus vulnérables aux maladies telles que la tuberculose.<br />
Face à cette situation, les Tibétains sont tenus au silence et les Autorités chinoises ne tolèrent aucune contestation. Lors d’un festival hippique le 1er août 2007 au Lithang (sud-est du Tibet), un nomade respecté de 53 ans, Runggye Adak, dont l’unique tort est d’avoir exprimé en public son souhait de voir revenir le dalaï-lama, a été condamné à 8 années de prison. Son neveu Adak Lupoe, moine au monastère de Lithang, et un professeur d’art et musicien, Kunkhyen, ont été condamnés dans la même affaire respectivement à 10 et 9 années de prison pour « espionnage au profit d’organisations étrangères et implication dans des activités séparatistes ».<br />
Dans ce contexte, comment faut-il comprendre la décision de relier Pékin à Lhassa par le train ? L’ex-président Jiang Zemin nous le dit lui-même : « Certaines personnes m’ont déconseillé d’aller de l’avant avec le projet parce qu’il n’est pas viable commercialement. J’ai dit que c’était une décision politique. » Un des principaux promoteurs du projet, Hu Jintao, est l’actuel président de la République et ancien secrétaire général du Parti communiste dans la région tibétaine.<br />
Avant tout, le train va accentuer l’exploitation des ressources naturelles et minérales du plateau tibétain acheminées vers les usines de la zone côtière (cuivre, zinc, plomb, chromite, magnétite, or…). L’exploitation minière, souvent clandestine, dévaste le fragile écosystème du haut plateau : des flancs de montagnes sont excavés, des arbres déracinés, des rivières polluées. Rappelons que le Tibet est le château d’eau de l’Asie, tous les grands fleuves qui arrosent le continent prennent leur source au Tibet : Brahmapoutre, Indus, Mékong, Yangtsé, fleuve Jaune… D’ici 2010, la ligne ferroviaire sera étendue vers Shigatse, où l’un des plus importants gisements de cuivre de Chine a été découvert, puis jusqu’à la frontière du Népal. L’Inde ne voit pas d’un bon œil l’influence grandissante de la Chine sur son voisin népalais, d’autant plus que le train a été utilisé pour la première fois le 30 novembre 2007 pour transporter des troupes jusqu’à Lhassa. Une consolidation par Pékin de sa capacité de défense à la frontière et une militarisation accrue du plateau tibétain ne sont donc pas à exclure.<br />
La liaison ferroviaire Pékin-Lhassa, qui peut transporter jusqu’à 4.000 personnes par jour, a accéléré le flux des travailleurs migrants en provenance des autres régions de la Chine. Confrontés aux arrivées incessantes de migrants chinois, surtout des ethnies Han et Hui (musulmans), les Tibétains, aujourd’hui minoritaires dans leur propre capitale, parlent de « la seconde invasion » du Tibet. Ces mouvements de population accélèrent l’urbanisation du haut plateau, phénomène amplifié par la sédentarisation forcée des nomades.<br />
Selon les estimations officielles de l’agence nationale de presse Xinhua, 4 millions de touristes se sont rendus dans la Région « autonome » du Tibet en 2007, dont 93 % de Chinois. Mais les revenus du tourisme ne bénéficient pas aux Tibétains.<br />
La véritable question qu’il convient de se poser est la suivante : quel type de développement souhaitent les Tibétains et à quel point désirent-ils être intégrés à la Chine ? International Campaign for Tibet recommande l’adoption d’une politique qui tienne davantage compte des besoins et des attentes des Tibétains au lieu de leur imposer un modèle de développement et des projets sur lesquels ils n’ont pas de pouvoir de décision et dont ils ne tirent aucun profit.<br />
Ce qu’il faut, c’est « tibétaniser » le développement. Il faut réorienter la politique économique en impliquant les Tibétains et en investissant dans les projets locaux en faveur de la santé, de l’éducation scolaire, de la formation professionnelle, de la lutte contre la pauvreté, de la préservation de l’environnement, plutôt que développer des projets pharaoniques comme le train qui est utilisé comme un instrument de conquête colonial. Le gouvernement chinois se doit également de freiner l’arrivée massive de migrants, d’arrêter de sédentariser de force les nomades et de réguler de toute urgence l’exploitation sauvage des ressources naturelles. C’est la seule manière de bâtir les fondations d’une véritable « société harmonieuse » qui respecte le bien-être de toutes les populations qui la composent.<br />
Quels sont les impacts du train et de la politique économique chinoise sur la vie des Tibétains ? C’est à cette question que tente de répondre le dernier rapport d’International Campaign for Tibet. Cette étude est le fruit de plusieurs mois de recherches et de nombreux entretiens, également effectués auprès de Tibétains vivant sur place, et ce malgré le climat d’oppression politique qui y règne.<br />
Quels sont les impacts du train et de la politique économique chinoise sur la vie des Tibétains ? C’est à cette question que tente de répondre le dernier rapport de International Campaign for Tibet, qui sera disponible à partir du 20 février sur le site <a href="http://www.savetibet.org">www.savetibet.org</a>.</p>
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		<title>Les tentatives d’intimidation chinoises ont prouvé leurs limites à Washington et à Berlin</title>
		<link>http://www.savetibet.fr/2007/10/les-tentatives-d%e2%80%99intimidation-chinoises-ont-prouve-leurs-limites-a-washington-et-a-berlin/</link>
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		<pubDate>Fri, 19 Oct 2007 11:10:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce mercredi, j’ai eu la chance d’assister à Washington à la remise, en présence du Président Bush, de la prestigieuse médaille d’or du Congrès américain à Tenzin Gyatso, le 14e Dalaï-Lama...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Soir, vendredi 19 octobre 2007</strong></p>
<h3>Vincent Metten Directeur européen pour la Campagne internationale pour le Tibet</h3>
<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_intimidation.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-387" style="margin-top: 4px; margin-bottom: 4px; margin-left: 6px; margin-right: 6px;" title="tribunes_intimidation" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/01/tribunes_intimidation-300x199.jpg" alt="tribunes_intimidation" width="300" height="199" /></a>Ce mercredi, j’ai eu la chance d’assister à Washington à la remise, en présence du Président Bush, de la prestigieuse médaille d’or du Congrès américain à Tenzin Gyatso, le 14e Dalaï-Lama. La plus haute distinction civile américaine a été remise par le passé à des personnalités aussi diverses que Martin Luther King, Winston Churchill, Mère Teresa ou encore Nelson Mandela.<br />
Fait hautement symbolique mais aussi politique, c’est la première fois qu’un président américain en exercice apparaît en public au côté du Dalaï-Lama. Dix-huit ans après le Prix Nobel de la Paix, la remise de la médaille d’or au leader bouddhiste est une marque de reconnaissance internationale pour son engagement en faveur de la paix, de la non-violence, des droits de l’homme et du dialogue interreligieux.<br />
Pékin n’a pas négligé ses efforts pour tenter de contrer le Congrès américain. Avant le vote, l’ambassadeur chinois aux Etats-Unis a en vain essayé de dissuader certains membres du Congrès d’attribuer la médaille d’or au leader tibétain. Récemment le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Liu Jianchao, a mené une nouvelle offensive en protestant à Washington contre cette décision qui « est une grossière interférence dans les affaires intérieures chinoises ». Enfin, Pékin a tenté de convaincre Washington de reporter la cérémonie pour éviter qu’elle ne coïncide avec le 17e Congrès du Parti communiste.<br />
Nouvel échec !<br />
En guise de représailles la Chine a annulé sa participation à une réunion sur la question nucléaire iranienne prévue mercredi 17 octobre à Berlin. Triste et irresponsable réaction !<br />
Autre grande première politique, le 23 septembre dernier le moine bouddhiste rencontrait la chancelière allemande Angela Merkel. Parmi les différentes répliques chinoises, la plus virulente et disproportionnée a été le report de la prochaine réunion du dialogue bilatéral sur les droits de l’homme avec l’Allemagne qui devait normalement se tenir à Pékin en décembre. Le Dalaï-Lama a récemment déclaré au sujet de toutes ces pressions : « C’est le pouvoir de l’arrogance. Où que j’aille, la Chine proteste ! »<br />
Enfin, troisième camouflet politique pour Pékin, un peu avant sa rencontre avec Angela Merkel le Dalaï-Lama a serré la main du Chancelier autrichien Gusenbauer à Vienne.<br />
Les tentatives d’intimidation chinoises ont prouvé leurs limites aux Etats-Unis, en Allemagne et en Autriche, contrairement à notre plat pays, où le lobbying chinois a réussi à contraindre le Dalaï-Lama à annuler une visite prévue en mai dernier. Espérons que l’actualité tibétaine fasse encore méditer notre ministère des Affaires étrangères et que cet enchaînement de rencontres politiques inédites se poursuive en Europe et ailleurs.<br />
En décernant la médaille d’or au chef tibétain, les membres du Congrès ont voulu envoyer un triple message politique à Pékin :<br />
– ils veulent rappeler aux dirigeants chinois qu’ils doivent cesser leurs attaques contre le Dalaï-Lama et au contraire lui accorder leur confiance ;<br />
– que la Chine doit mettre fin aux violations des droits de l’homme au Tibet,<br />
– et enfin, qu’il faut poursuivre le dialogue politique avec les envoyés du Dalaï-Lama dans le but d’accorder aux près de six millions de Tibétains de Chine une véritable autonomie sociale, culturelle et religieuse.<br />
En 2008, de nombreuses autres personnes se verront remettre des médailles d’or. Mais cette fois, ce ne sera ni par le Congrès ni à Washington, mais à Pékin dans le cadre des prochains Jeux olympiques de 2008. Pour convaincre les membres du Comité international olympique de leur attribuer les jeux, la Chine avait promis d’améliorer la situation des droits de l’homme. Or aujourd’hui, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme qui travaillent sur la Chine s’accordent à dire que, non seulement la situation ne s’est pas améliorée, mais au contraire elle s’est détériorée de manière significative (1). Ces derniers mois on a pu constater un renforcement du contrôle sur Internet, sur les cyberdissidents (2) et sur la presse écrite, une plus grande répression envers les avocats des défenseurs des droits de l’homme, ou encore un contrôle plus étroit sur le bouddhisme au Tibet.<br />
Sur ce dernier point, de nouvelles dispositions légales viennent d’être mises en œuvre qui obligent les lamas réincarnés à être dorénavant reconnus par le pouvoir chinois !<br />
Dans son obsession permanente de maintenir la stabilité et le calme sur son territoire, le gouvernement chinois met tout en œuvre pour éviter que des incidents ne viennent entacher les prochains JO. Quarante-trois catégories de personnes ou d’organisations susceptibles de perturber le bon déroulement des Jeux ont ainsi été épinglées par Pékin et font l’objet d’une surveillance accrue. Le Dalaï-Lama, le gouvernement tibétain en exil et les associations dites « affiliées » figurent en bonne place dans la rubrique « séparatistes » de cette liste noire (3).<br />
De nombreuses ONG utilisent, quant à elles, le contexte des Jeux olympiques pour mener des campagnes de sensibilisation et d’action sur les droits de l’homme en Chine. C’est le cas de la Campagne internationale pour le Tibet qui espère profiter au maximum de cette opportunité sportive pour faire parler de la question tibétaine (4).<br />
Les Jeux olympiques ont donc à ce stade produit l’effet inverse de celui escompté par la communauté internationale : ils ont uniquement renforcé la légitimité du pouvoir de Pékin sans permettre aucune avancée démocratique en contrepartie. Mais la Chine ne pourra jamais gagner une véritable légitimité internationale ni devenir un pays respectable et respecté tant qu’elle refuse de réformer son système politique.<br />
Le moment est maintenant venu d’entrer dans de véritables négociations avec les Tibétains. Inviter le Dalaï-Lama à se rendre en Chine avant les prochains Jeux olympiques serait déjà un premier pas dans la bonne direction.</p>
<hr />(1) Voir à ce sujet les différents rapports et notes d’Amnesty International.<br />
(2) Deux cyberdissidents chinois, Zeng Jinyan et Hu Jia, sont d’ailleurs dans les derniers nominés pour le prix Sakharov 2007 du Parlement européen récompensant des personnes ou organisations qui se sont illustrées dans leur combat en faveur des droits de l’homme.<br />
(3) Voir le dernier rapport de Human Rights in China : Human Rights Forum, 2008 and Beyond, pages 48-50,<br />
<a href="http://www.hrichina.org">www.hrichina.org</a>.<br />
(4) Pour plus d’informations, consultez : www.racefortibet.org ou<br />
<a href="http://www.savetibet.org">www.savetibet.org</a>.</p>
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