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	<title>Savetibet &#187; Actualités</title>
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		<title>Une dangereuse traversée</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 08:01:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Documentation]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports d'ICT]]></category>

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		<description><![CDATA[En 2009, la situation des Tibétains au Népal a été d’autant plus dégradée que les autorités chinoises ont cherché à empêcher toutes les manifestations...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="font-weight: normal;">Résumé du rapport :</span><br />
« Une dangereuse traversée : des conditions qui affectent l’émigration des réfugiés tibétains », 2009.</h3>
<h3><img class="alignnone size-full wp-image-870" style="border: 1px solid black;" title="dangereuse-traversee2009-a" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/06/dangereuse-traversee2009-a.jpg" alt="" width="584" height="367" /></h3>
<p>En 2009, la situation des Tibétains au Népal a été d’autant plus dégradée que les autorités chinoises ont cherché à empêcher toutes les manifestations contre la répression au Tibet. A la suite de l’aggravation de la situation, résultant des troubles qui ont secoué l’ensemble du plateau tibétain en mars 2008, la sécurité aux frontières demeure fragile. Bien qu’il soit plus important qu’en 2008, le nombre de Tibétains qui ont choisi l’exil en 2009 est faible, en comparaison aux années précédentes.</p>
<p>Au total, en 2009, 838 Tibétains ont effectué la dangereuse traversée de l’Himalaya pour atteindre le Népal et l’Inde, la destination finale. Ce nombre ne se situe que légèrement au-dessus de celui de l’an dernier qui était approximativement de 652. Il est bien en-dessous des 2 500 à 3 500 personnes qui tous les ans traversaient la frontière ces dernières années. Cette spectaculaire baisse du nombre d’émigrants peut être attribuée à l’augmentation des risques auxquels s’exposent les Tibétains du Tibet face au resserrement de la situation qui est en cours depuis le début des protestations de 2008, et au renforcement de la sécurité le long de la frontière tibéto-népalaise.</p>
<p>Les raisons qui poussent chaque année des Tibétains sur les routes de l’exil, du Népal et de l’Inde, sont détaillées dans ce rapport. Très souvent, ils fuient la politique répressive et le climat de terreur au Tibet. Les parents préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles en Inde afin qu’ils reçoivent une éducation impossible à obtenir en RAT. D’autres ont perdu leurs terres et leur moyen de subsistance à cause des objectifs stratégiques et économiques de la Chine au Tibet.</p>
<p>Une fois arrivés au Népal, les Tibétains se retrouvent encore menacés, en raison de la situation instable qui leur est attribuée. Au cours des dernières années, sous la pression du gouvernement chinois, l’attitude népalaise a changé vis-à-vis des Tibétains qui entrent ou restent en transit sur le territoire. Ce rapport traite en particulier la question de la situation des Tibétains qui ont traversé le Népal en 2009.</p>
<p>Selon une tendance initiée il y a deux ans, les autorités népalaises ont réitéré en 2009 le langage utilisé par le gouvernement chinois, lorsqu’il s’agit de traiter la question des réfugiés tibétains au Népal. Elles mettent en avant une approche davantage fondée sur « la loi et l’ordre » que sur les aspects humanitaires qui avaient pourtant caractérisé le traitement de la question, ces dernières décennies. Par exemple, les réfugiés tibétains sont plus fréquemment décrits aujourd’hui comme « des immigrants illégaux ». Régulièrement, des leaders népalais affirment la nécessité d’empêcher des actions « anti-Chine » sur leur sol. En 2009, à un an des manifestations de mars 2008 qui avaient éclaté à travers tout le Tibet, l’attention collective s’était concentrée autour des manifestations tibétaines à l’extérieur de l’Ambassade de Chine à Katmandou que certains Népalais tentaient d’empêcher.</p>
<p>Depuis mars 2009, des Tibétains en exil à Katmandou continuent, en dépit des risques, à s’engager dans des mouvements de protestation, guidés par la détresse et la colère, au vu des effets de la répression actuelle sur le Tibet. La réponse des autorités népalaises a été sévère et brutale. Elles ont adopté un seuil de tolérance moindre vis-à-vis des manifestants. Pékin avait expressément demandé au gouvernement népalais d’arrêter toutes protestations de ce type, déclarant qu’elles étaient une cause d’irritation pour les relations entre la Chine et le Népal.</p>
<p>Qu’ils transitent par le Népal ou qu’ils résident sur le territoire, les Tibétains du Népal sont de plus en plus vulnérables. Ceux qui ont quitté le chef supérieur de la communauté tibétaine dans le quartier de Bodnath à Katmandou pour les environs sont décrits comme des « désespérés » et se sentent « comme s’ils étaient invisibles, comme s’ils n’avaient pas le droit d’exister ».</p>
<p>La vague de protestations qui a commencé en mars 2008 à Lhassa et qui s’est répandue sur tout le plateau tibétain a profondément transformé le paysage politique des Tibétains, tant pour ceux du Tibet que pour ceux du Népal. ICT a enregistré plus de 200 actes de protestation au Tibet depuis le 10 mars 2008. Le violent resserrement de la situation par le gouvernement chinois a entraîné le décès, la disparition ou l’emprisonnement de centaines de Tibétains dont plus de 700 ont été arrêtés ou détenus sur des charges politiques.</p>
<p>Quelques temps avant les Jeux Olympiques de Pékin en 2008, le gouvernement chinois avait fermé la frontière entre le Népal et le Tibet, dans le but d’empêcher les manifestations qui auraient pu avoir lieu au moment de l’ascension du cortège de la flamme olympique sur le Mont Everest. La sécurité le long de la frontière a été, une fois de plus, renforcée à la suite des manifestations de mars 2008. Ajouté au resserrement politique de la situation, ce renforcement contribue à une baisse significative du nombre de Tibétains qui ont fait cette périlleuse traversée jusqu’au Népal.</p>
<p>Selon les informations obtenues par ICT, plus de 25 éminents Tibétains ont été détenus, les 8 et 9 mars 2009, par la police népalaise qui souhaitait prévenir les protestations de mars 2009 à Katmandou. Ils étaient suspectés d’avoir joué un rôle de leader dans les manifestations à Katmandou en 2008. Dans certains cas, les Tibétains sont restés en détention, alors que des policiers procédaient à une fouille de leur maison. Ils n’ont ni reçu de mandat d’arrêt, ni obtenu les raisons de leur détention. Ces détentions ont eu lieu avant la date anniversaire du rassemblement du 10 mars.</p>
<p>Aucun refoulement n’a été rapporté en 2009 mais les difficultés pour obtenir des informations sur la situation aux zones frontières rendent compte du fait qu’assurer la sécurité des Tibétains qui franchissent les montagnes devient de plus en plus difficile.</p>
<p><em>Traduit de l’anglais par Elodie Bernard. </em></p>
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		<title>Le nouveau rapport d’ICT</title>
		<link>http://www.savetibet.fr/2010/05/le-nouveau-rapport-d%e2%80%99ict/</link>
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		<pubDate>Mon, 24 May 2010 19:10:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Documentation]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports d'ICT]]></category>

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		<description><![CDATA[Le dernier rapport d’ICT se penche sur la répression  qui frappe les écrivains et les artistes tibétains depuis mars 2008...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>Le dernier rapport d’ICT se penche sur la répression  qui frappe les écrivains et les artistes tibétains depuis mars 2008.</strong></h3>
<p><strong><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/05/raging-storm.jpg"><img class="size-medium wp-image-855 alignleft" style="margin-left: 6px; margin-right: 6px;" title="raging-storm" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/05/raging-storm-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a>La détention de l’influent auteur tibétain, Shogdung, le 23 avril à Xining rend compte de la nouvelle vague de répression qui frappe les auteurs, les artistes et les enseignants du Tibet depuis les événements de mars 2008. Shogdung (qui signifie « la Conque du matin») est le nom de plume de Tagyal.</strong></p>
<p>Il est l’un des plus remarqués parmi les 31 auteurs, bloggeurs et intellectuels qui se trouvent actuellement en prison. Toutes ces personnes ont été condamnées pour avoir exprimé leur point de vue, écrit de la poésie et de la prose ou tout simplement, pour avoir partagé des informations sur les politiques mises en place par la Chine et leurs impacts sur le Tibet aujourd’hui. <em>« Séparer le ciel de la terre »</em> qui est le nouveau livre de Shogdung et bien d’autres ouvrages écrits depuis le printemps 2008 par des Tibétains se classent parmi les plus larges actes d&#8217;accusation concernant la politique chinoise au Tibet des 50 dernières années.</p>
<p>Une résurgence littéraire et culturelle se fait nettement sentir sur le plateau tibétain depuis les événements du printemps 2008 à Lhassa qui se sont placés contre les politiques chinoises et en soutien au Dalaï-lama.</p>
<p>Les écrivains tibétains de Xining et des autres districts de l’Amdo (province tibétaine aujourd’hui incorporée en grande partie dans le Qinghai) comprennent généralement aussi bien le Chinois que le Tibétain et utilisent Internet et des photocopieuses. Ils sont les premiers acteurs de ce renouveau. Des chanteurs et des enseignants sont également engagés dans ce processus de résurgence d&#8217;une forte identité culturelle tibétaine.</p>
<p>Ceux qui osent réfuter la version officielle des événements de mars 2008 et qui constituent la nouvelle génération d’intellectuels représentent un défi bien plus important qu’auparavant, pour le Parti communiste chinois. Cela signifie par conséquent que chaque individu est soumis à davantage de risques. Pour la première fois depuis la fin de la Révolution culturelle en 1976, chanteurs, artistes et auteurs sont les cibles de représailles contre la culture tibétaine dans laquelle la moindre expression de son identité qui n’aurait pas été validée par l&#8217;Etat chinois peut être qualifiée de « séparatiste ».</p>
<p>Bien qu’ils soient moins connus à l’extérieur de la Chine que les dissidents chinois tels que Liu Xiaobo et Hu Jia, beaucoup d’intellectuels tibétains sont célèbres parmi les leurs, et ils effectuent de longues peines de prison pour s’être exprimé de manière pacifique. Leurs préoccupations concernant les restrictions et la répression reflètent ceux de leurs homologues chinois.</p>
<p>Le rapport détaille :</p>
<p>• Les cas de plus de 50 Tibétains, dont 13 auteurs, engagés dans le milieu artistique et la sphère publique. Ils sont en prison ou ils ont disparus ou ils sont soumis à des tortures et du harcèlement parce qu’ils ont exprimé leur point de vue.</p>
<p>• De nouvelles informations sur la détention de fonctionnaires qui étaient bien établis, sur le rédacteur et essayiste Shogdung, et la première traduction en anglais d’extraits de son dernier livre, « Séparer le ciel de la terre ». Cet ouvrage qui est très probablement à l’origine de son arrestation le 23 avril est une analyse détaillée des manifestations de 2008 qu’il décrit comme le réveil de la conscience et de la solidarité nationale tibétaines. C’est un plaidoyer en faveur du droit à la désobéissance civile sur l’exemple du courant de non-violence de Gandhi.</p>
<p>• Les cas des Tibétains qui ont été condamnés à de longues peines de prison pour s’être exprimé au sujet du resserrement de la situation par des mails ou par des conversations téléphoniques. Les peines qu’ils encourent indiquent que la Chine s’est engagée dans une politique de tolérance zéro vis-à-vis de ceux qui livrent des informations sur le Tibet, qu’elles soient ou non de grande importance. En vertu de la loi nationale et de la Charte universelle des Droits de l&#8217;Homme, cette politique est contraire aux engagements contractés par l’Etat chinois au sujet de la liberté d’expression dans le pays.</p>
<p>• Une liste des chanteurs et artistes tibétains qui ont été arrêtés à cause des textes de leurs chansons, une traduction en anglais des documents officiels de condamnation d&#8217;un jeune chanteur qui prouve la nature des mesures prises par les autorités chinoises pour faire taire les Tibétains qui n’adopteraient pas la version officielle de la Chine, que ce soit sur la situation du Tibet avant les années 50 ou sur les émeutes du printemps 2008.</p>
<p>Pour accéder au rapport (en anglais) “<a href="http://www.savetibet.org/media-center/ict-news-reports/raging-storm-crackdown-tibetan-writers-and-artists-after-tibets-spring-2008-protests">A raging storm: The crackdown on Tibetan writers and artists after the Tibet’s Spring 2008 Protests”</a></p>
<p><a href="/pdf/Raging_Storm.pdf">LE RAPPORT au format PDF</a></p>
<p><em>Texte traduit de l’anglais par Elodie Bernard </em></p>
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		<title>Encore un intellectuel tibétain arrêté</title>
		<link>http://www.savetibet.fr/2010/04/encore-un-intellectuel-tibetain-arrete/</link>
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		<pubDate>Wed, 28 Apr 2010 17:29:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[L'intellectuel tibétain Shogdung (ou Zhogs dung), chef de file du groupe "La nouvelle école de pensée" de Xining, province du Qinghai, vient d'être arrêté...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="font-weight: 800; font-size: 13px;">Résumé : L&#8217;intellectuel tibétain Shogdung (ou Zhogs dung), chef de file du groupe &#8220;La nouvelle école de pensée&#8221; de Xining, province du Qinghai, vient d&#8217;être arrêté.</span></h3>
<p><strong><strong> </strong></strong></p>
<p><strong><strong>Par Ursula Gauthier (Nouvel Observateur)</strong></strong></p>
<p><a href="http://gauthier.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/04/27/encore-un-intellectuel-tibetain-arrete.html">http://gauthier.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/04/27/encore-un-intellectuel-tibetain-arrete.html</a></p>
<p><a href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/Shogdung.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-845" title="Shogdung" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/Shogdung.jpg" alt="" width="320" height="214" /></a><br />
J’ai rencontré Shogdung il y a deux semaines, à Xining. Il savait qu’il pouvait être arrêté à tout moment.</p>
<p>Il ne se trompait pas. Vendredi dernier 23 avril, à 17 heures, une demi-douzaine de policiers se sont présentés sur son lieu de travail et l’ont emmené. Son logement a été fouillé, ses ordinateurs confisqués. Depuis, sa femme n’a plus de nouvelles. Aucun motif n’a été donné, pas plus que le lieu ou la durée de sa détention.</p>
<p>Shogdung s’attendait – avec un courage quelque peu fataliste – à devoir <em><em>« payer le prix »</em></em> du dernier livre qu’il a publié il y a quelques mois, en-dehors des circuits normaux d’édition, sans numéro ISBN, c&#8217;est-à-dire sans autorisation. Le premier tirage, 10.000 exemplaires, a été rapidement épuisé. Des éditions pirates ont pris la relève. En Chine, on pirate tous les livres, même écrits en langue tibétaine, même illégaux, à condition qu’ils se vendent. Celui de Shogdung était un succès de librairie, un pur phénomène de bouche à oreille. On pouvait se le procurer partout à Xining, y compris à la grande gare. Il n’était pas mis en évidence, il fallait le demander.</p>
<p>Bien qu’il soit lui-même un éditeur de longue date et auteur de plusieurs ouvrages remarqués, Shogdung n’a pas trouvé d’éditeur pour cet ouvrage intitulé <em><strong><em>« Séparer le ciel de la terre »</em></strong></em> (une expression qui signifie « une première historique »). Il n’en était pas étonné : le livre traite en effet des événements de mars 2008 qui ont secoué Lhassa avant de se propager à toutes les régions tibétaines de Chine (aujourd&#8217;hui éclatées entre cinq provinces différentes).</p>
<p>J’ai demandé à Shogdung de m’en parler. Il a hésité : il ne se sentait pas capable de résumer de façon satisfaisante un travail qui avait exigé une considérable remise en question de sa propre pensée. Il m’a cependant suggéré : <em><em>« Puisque vous ne lisez pas le tibétain, vous aurez une assez bonne idée du propos en vous faisant traduire le sommaire »</em></em>.</p>
<p>Une amie m’a fourni cette traduction. Dans la préface, Shogdung déclare qu’aucune des formules par lesquelles on désigne les événements de mars 2008 ne réussit à en rendre l’esprit révolutionnaire et innovateur, l’audace extrême qui consiste à <em><em>« abandonner la vieille voie socialiste » </em></em>et à <em><em>« jeter les bases d’une société nouvelle »</em></em>. De fait, il suffit de jeter un coup d’œil sur le sommaire pour comprendre que Shogdung a décidé de faire le réquisitoire de la politique chinoise au Tibet. On y trouve des chapitres intitulés « Comment le Tibet est devenu la boucherie du Dieu de la Mort », « Comment le Tibet est devenu une prison infernale » ou encore « Comment le Tibet est devenu un lieu de conflit et de terreur »…</p>
<p>Aussi implacable que le constat puisse paraître, Shogdung veut s’en tenir à une résistance non-violente, à <em><em>« la voie pacifique »</em></em> et aux <em><em>« valeurs universelles »</em></em>. La déclaration universelle des droits de l’Homme est d’ailleurs jointe en annexe du livre.</p>
<p>Ce livre constitue un revirement à 180 degrés. Longtemps, Shogdung s’est acharné sur les travers de la culture tibétaine, les tenant pour responsables de ce qu’il appelait <em><em>« l’arriération »</em></em> tibétaine. S’il y avait autant d’analphabètes parmi les Tibétains, si leur société était si archaïque, c’était d’abord à cause du bouddhisme et de la tradition.</p>
<p>Dans une série d’articles publiés en 1999, Shogdung écrivait que le Tibet souffrait de n’avoir connu ni Renaissance, ni Meiji, ni rien qui ressemblait au mouvement (moderniste) du 4 mai 1919 en Chine. Il était resté confit dans une tradition étouffante : <em><em>« L’ancienne religion des divinités temporelles qui se laissent guider par les dieux, les nagas, les esprits et autres démons présents dans ce monde ; la croyance dans les divinités, la divination, l’astrologie ; l’usage des malédictions, des sorts et des formules magiques ; ainsi que les notions de « non-soi » et de « karma », etc. ; toutes ces croyances par lesquelles les dieux et les démons prétendent nous posséder sont les vieilles propensions dont nous parlons et qui ont si souvent noyé de leurs ténèbres les jeunes qui voulaient réfléchir… Ce monde grouillant de divinités et de démons ne nous a apporté que de la honte. Il ne nous a en rien sauvés ».</em></em> Shogdung concluait cette diatribe d’une rare violence en prônant une modernisation à la hache.</p>
<p>Ces articles ayant été publiés dans le journal &#8220;Qinghai Tibetan News&#8221;, organe du Parti de la province, Shogdung est alors apparu comme un <em><em>« intellectuel officiel »</em></em>, proche des positions du gouvernement chinois. Pour certains Tibétains, ce n’était qu’un vendu, un traître à son peuple. D’autres, et spécialement les plus jeunes, appréciaient la nouveauté de ses analyses, son franc-parler et son courage. Avec un petit groupe de ses amis de Xining, Shogdung avait fondé un groupe baptisé « Nouvelle Ecole de Pensée ». Parmi ces intellectuels tibétains quadragénaires, modernistes affirmés, une femme : Jamyang Kyi, chanteuse et journaliste, est la première Tibétaine à affirmer la nécessité d’une révolution féministe dans cette société ultra-patriarcale. Quand je l’avais rencontrée en 2007, quelques mois avant les événements de Lhassa, elle m’avait longuement expliqué comment la tradition patriarcale était à ses yeux responsable du retard de la société tibétaine, y compris du statut de soumission auquel elle se trouvait réduite. <em><em>« Et le rôle des Chinois ? »</em></em> lui avais-je demandé. <em><em>« Les Chinois, on peut en dire beaucoup de choses, mais au moins ils traitent leurs femmes plus correctement que nous. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’ils sont plus modernes et plus puissants… »</em></em><em><br />
</em><br />
Le soulèvement de Lhassa en 2008 a été un énorme choc pour les membres de la Nouvelle Ecole de Pensée. Shogdung écrit qu’il avait été trop effrayé pour prendre la parole au moment des faits, mais que l’événement a marqué un grand tournant pour lui comme pour tous les Tibétains, en rendant manifeste la réappropriation d’une conscience nationale. Dans les semaines qui ont suivi mars 2006, la féministe Jamyang Kyi avait d’ailleurs été arrêtée – son crime consiste à avoir communiqué une information par mail concernant les émeutes – et torturée pendant les interrogatoires. Aujourd’hui, elle continue les actions de sensibilisation sur le statut des femmes. Mais les priorités ont changé : il ne suffit plus de s’interroger sur les causes endogènes du « retard » tibétain, il faut désormais s’interroger sur les facteurs « externes ». En clair, sur la responsabilité chinoise.</p>
<p>Quelques jours avant l’arrestation de Shogdung, le groupe de Xining avait publié une lettre ouverte de condoléances à leurs frères tibétains victimes du séisme de Yushu. Le texte se termine par un passage étonnamment franc où les signataires conseillent de ne pas donner d’argent à <em><em>« certaines organisations »</em></em> – allusion à peine voilée à la Croix rouge chinoise, seule habilitée officiellement à recueillir des dons – car <em><em>« qui peut assurer qu’elles soient à l’abri de la corruption et des détournements ? »</em></em><em><br />
</em><br />
La plupart des commentateurs dans la presse occidentale ont vu dans cette lettre ouverte la cause de l’arrestation de Shogdung. Selon les échos que j’ai pu obtenir à Xining, la lettre ouverte a tout au plus joué le rôle de prétexte. Cette arrestation n’était qu’une affaire de timing. Elle confirme le sentiment dominant chez ceux qui observent la politique chinoise et constatent que la Chine n’a qu’une façon de réagir à la contestation quand elle porte sur des sujets « sensibles » comme les droits de l’homme ou les régions peuplées par les minorités : elle sévit. Tôt ou tard, malgré tous ses discours sur le <em><em>« soft power »</em></em> ou sur la <em><em>« diplomatie publique »</em></em>, elle sévit.</p>
<p>Qu’un intellectuel tibétain ultra-moderniste et anti-clérical comme Shogdung ait choisi de monter au créneau pour exprimer le ras-le-bol de ses compatriotes est en soi un sérieux revers pour la politique chinoise au Tibet. Qu’il ait été arrêté transforme ce revers en une grave défaite.</p>
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		<title>Nicolas Sarkozy en Chine : les droits humains sont-ils au programme ?</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Apr 2010 09:05:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Metten</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Droits humains]]></category>
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		<category><![CDATA[Shanghai]]></category>

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		<description><![CDATA[Visite d'Etat de Nicolas Sarkozy en Chine: Un collectif de huit associations réitère leurs préoccupations en matière de droits humains...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte vml 1]><v:shapetype id="_x0000_t75"  coordsize="21600,21600" o:spt="75" o:preferrelative="t" path="m@4@5l@4@11@9@11@9@5xe"  filled="f" stroked="f"> <v:stroke joinstyle="miter" /> <v:formulas> <v:f eqn="if lineDrawn pixelLineWidth 0" /> <v:f eqn="sum @0 1 0" /> <v:f eqn="sum 0 0 @1" /> <v:f eqn="prod @2 1 2" /> <v:f eqn="prod @3 21600 pixelWidth" /> <v:f eqn="prod @3 21600 pixelHeight" /> <v:f eqn="sum @0 0 1" /> <v:f eqn="prod @6 1 2" /> <v:f eqn="prod @7 21600 pixelWidth" /> <v:f eqn="sum @8 21600 0" /> <v:f eqn="prod @7 21600 pixelHeight" /> <v:f eqn="sum @10 21600 0" /> </v:formulas> <v:path o:extrusionok="f" gradientshapeok="t" o:connecttype="rect" /> <o:lock v:ext="edit" aspectratio="t" /> </v:shapetype><v:shape id="_x0000_i1025" type="#_x0000_t75" style='width:375pt;  height:164.25pt'> <v:imagedata src="file:///C:\DOCUME~1\VMA2F3~1.D62\LOCALS~1\Temp\msohtml1\09\clip_image001.png" mce_src="file:///C:\DOCUME~1\VMA2F3~1.D62\LOCALS~1\Temp\msohtml1\09\clip_image001.png"   o:title="" /> </v:shape><![endif]--><!--[if !vml]--><!--[endif]--></p>
<p><strong><img class="alignnone" title="Exposition universelle de Shanghai: Le pavillon de la France " src="http://www.consulfrance-hongkong.org/local/cache-vignettes/L450xH184/Pavillon2-40b73.jpg" alt="" width="426" height="173" /></strong></p>
<p><strong>Nicolas Sarkozy en Chine : les droits humains sont-ils au programme ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em>Paris, le 26 avril 2010</em></p>
<p><em><br />
</em></p>
<p>Un collectif de huit associations pour le respect des droits humains en Chine s’unit en amont de la visite d’Etat de Nicolas Sarkozy mercredi à Pékin puis à Shanghai à l’inauguration de l’Exposition Universelle, pour réitérer leurs préoccupations en matière de droits humains en Chine.</p>
<p>De nombreux citoyens chinois, intellectuels, avocats, internautes, ouvriers, ou paysans, qui tentent de faire entendre leur voix de façon pacifique continuent de subir la répression, la violence de la police ou des autorités chinoises. A l’approche de l’Exposition universelle qui ouvre ses portes le 1er mai prochain, force est de constater qu’il n’y a pas de signes d’ouverture. La France, comme l’Union Européenne et en particulier la nouvelle représentante pour les Relations extérieures Mme Ashton, doivent saisir l’opportunité de ces visites en Chine, pour apporter un soutien sans faille aux militants des droits humains et de la démocratie dans le pays.</p>
<p>Des Chinois, que la France a elle-même honorés en leur décernant le Prix des Droits de l’Homme ou le titre de Citoyen d’honneur de la Ville de Paris, sont toujours en détention. Ainsi de Hu Jia, qui milite pour l’écologie et lutte contre le SIDA, malade et sans accès au traitement, et de Chen Guangcheng, avocat aveugle. On compte également, Gao Zhisheng et Li Heping, deux avocats torturés par la police, et encore le Dalaï Lama, citoyen d’honneur de la Ville de Paris, empêché de se rendre auprès des victimes du récent séisme de Qinghaï.</p>
<p>Les manifestations et les révoltes sont quotidiennes dans toute la Chine, face aux abus de pouvoir et à l&#8217;injustice. La volonté des autorités chinoises de maintenir à tout prix la stabilité empêche la mise en place de réformes politiques. Le système souffre de multiples maux : corruption, absence de transparence, liberté d’expression bafouée.</p>
<p><strong>A la veille de la visite de Nicolas Sarkozy, le collectif d’associations dénonce:</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p>- des entraves systématiques à la liberté d’expression alors que le contrôle politique sur Shanghai et les journalistes va s’accentuer à l’occasion de l’Exposition universelle.</p>
<p>- la politique de censure des autorités chinoises notamment sur internet. L’entreprise Google a, elle-même, dénoncé le piratage de comptes de messageries électroniques de défenseurs des droits humains.</p>
<p>- la situation des Ouïghours et des Tibétains qui subissent, en permanence, l’oppression et toutes formes de discriminations. Au Xinjiang, les autorités accusent généralement les Ouïghours des « trois maux » : « terrorisme, séparatisme et extrémisme religieux ». Quant au Tibet, à la suite des manifestations qui ont débuté le 10 mars 2008, dont la grande majorité étaient pacifiques, plus de 700 personnes ont été arrêtées ou ont disparues et de nombreuses autres ont été condamnées à des peines allant de trois ans d&#8217;emprisonnement ferme à la réclusion à perpétuité ou la peine de mort</p>
<p>- le secret d’Etat qui entoure les informations sur la peine de mort, le nombre de condamnations et d’exécutions de 2009 et ne permet pas d’estimations fiables.</p>
<p><strong>COMMUNIQUE DE PRESSE COLLECTIF :</strong></p>
<p>ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)</p>
<p>Agir pour les Droits de l’homme</p>
<p>Amnesty International France</p>
<p>Fédération Internationale des Droits de l’Homme</p>
<p>Comité de soutien au Peuple Tibétain</p>
<p>International Campaign for Tibet</p>
<p>Solidarité Chine</p>
<p>Reporters Sans Frontières</p>
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		</item>
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		<title>Premier livre d&#8217;Elodie Bernard: Le vol du paon mène à Lhassa</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Apr 2010 09:21:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Metten</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Documentation]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard livre JO]]></category>

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		<description><![CDATA[En 2008, Elodie Bernard, alors âgée de 24 ans, a choisi de pénétrer seule et sans autorisation sur le Toit du Monde et traverser le Tibet...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Elodie Bernard</strong></p>
<h2>Le vol du paon mène à Lhassa</h2>
<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/elodiebernard.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-817" style="margin-top: 2px; margin-bottom: 2px; margin-left: 6px; margin-right: 6px; border: 1px solid black;" title="elodiebernard" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/elodiebernard-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a>Peu de temps après les émeutes de 2008 à Lhassa, alors que la planète regarde vers les Jeux olympiques de Pékin, la situation dans l’Ouest chinois est verrouillée. Hors d’un groupe organisé, le séjour pour de simples voyageurs en Région autonome du Tibet n’y est plus toléré. Sont nécessaires un guide, un chauffeur et un permis sur lequel sera retranscrit l’exact tracé des chemins empruntés au cours du périple, de manière à contrôler toutes les informations qui sortent du Tibet.</p>
<p>Elodie Bernard, alors âgée de 24 ans, a choisi de pénétrer seule et sans autorisation sur le Toit du Monde, pour s’immerger dans la société tibétaine, observer la vie quotidienne dans les villes et les campagnes, assembler des témoignages de l’intérieur sur la répression en cours. En se déplaçant au gré des rencontres, sans itinéraire prédéterminé, elle a interrogé des dizaines de personnes qui, attachées à leur terre, ne souhaitent pas fuir en exil et s’efforcent de continuer de vivre selon leur culture et leurs coutumes. En partageant gîte et couvert, ces gens lui livrent leur vision de la vie et le sens de leur combat quotidien.</p>
<p>Née en 1984, Elodie Bernard signe son premier livre avec Le Vol du paon mène à Lhassa.</p>
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		<title>Le «séisme en Chine» s’est en réalité produit au Tibet</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Apr 2010 14:09:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Metten</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia]]></category>

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		<description><![CDATA[Claude B. Levenson, auteure et spécialiste du Tibet, trouve curieux que les messages de sympathie aient été adressés à la Chine plutôt qu’aux Tibétains, ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Claude B. Levenson </strong></p>
<p>Crée le 20 avril 2010 (Le Temps)</p>
<div id="attachment_781" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><a href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/tremblement1.jpg"><img class="size-full wp-image-781" title="tremblement" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/04/tremblement1.jpg" alt="" width="500" height="364" /></a><p class="wp-caption-text">La population du Qinghai, à majorité bouddhiste, attend l&#39;incinération des victimes du séisme qui a touché la région mardi 13 avril. © EPA</p></div>
<p>Jour après jour après le violent séisme qui a endeuillé le haut plateau tibétain, alors que s’allonge la liste des morts, que les secours s’organisent vaille que vaille et que la fumée des bûchers funéraires obscurcit un ciel naguère d’une rare pureté, une autre bataille est d’ores et déjà engagée où la politique mène le jeu. Et les dirigeants d’ici et d’ailleurs qui se sont précipités pour envoyer des messages de condoléances au président chinois doivent se rendre à l’évidence qu’ils auraient été tout aussi bien inspirés d’en présenter au dalaï-lama et aux Tibétains, principales victimes de ce coup de colère tellurique.</p>
<p>Les autorités chinoises elles-mêmes sont maintenant forcées de reconnaître que pour des secours efficaces sur place et dans les hôpitaux des villes des alentours qui accueillent d’innombrables blessés, il faut recourir à des interprètes, les étudiants tibétains se trouvant en Chine s’étant spontanément offerts à servir d’intermédiaires. Quant aux titres de la presse internationale concernant le «séisme en Chine», ils traduisent à leur manière soit une déplorable méconnaissance de la géographie ou une incapacité à lire des cartes, soit l’extrême sensibilité des responsables chinois à tout ce qui touche au Tibet. Et mieux vaut ne pas s’appesantir sur de curieuses expressions du genre «le premier ministre s’entretient avec une Chinoise tibétaine» ou «un secouriste aide un Chinois d’ethnie tibétaine», qui ne font qu’ajouter l’insulte à la souffrance. A croire qu’il existe dorénavant une consigne générale imposant le «chinoisement» correct. Drame accentuant la tragédie, on en vient à nier aux victimes leur identité, succombant ainsi à une propagande perverse cherchant à assimiler de force un voisin militairement occupé il y a six décennies qui défend son altérité et ses propres valeurs en évitant la violence.</p>
<p>La confusion savamment entretenue sur l’appellation des lieux – Jyekundo selon le nom historiquement utilisé devenu Yushu en mandarin, ou le Kham et l’Amdo disparus au profit du Qinghaï imposé en 1965 lors du démembrement administratif du territoire tibétain en vue de la création officielle de la Région autonome du Tibet – témoigne d’une volonté d’appropriation de l’espace pour effacer la mémoire de l’histoire locale. L’arrivée sur place d’abord du premier ministre Wen Jiabao, dont la réputation n’est plus à faire de «visage compatissant» du pouvoir, puis du président Hu Jintao rentré du Brésil «afin de prendre en main la direction des secours» illustre également la sensibilité du régime à tout ce qui touche ces marches lointaines et délaissées dont la propagande officielle ne cesse de vanter le bien-être apporté à des populations arriérées et «libérées du servage». Les Tibétains, eux, retiennent que les premiers à leur porter secours ont été les moines accourus de divers monastères, ce qui n’est pas forcément du goût des autorités. Ils n’ont pas oublié non plus que Hu Jintao a fait ses armes comme proconsul au Tibet, où sa politique répressive lui avait valu en 1989 le surnom de «boucher de Lhassa».</p>
<p>C’est aussi un rappel opportun du but réitéré de la direction du Parti communiste qui proclame le caractère prioritairement politique du développement du Tibet visant à «assurer la stabilité et la sécurité par un contrôle central accru en vue d’une plus grande assimilation du Tibet dans un Etat chinois unifié». Une récente recommandation précisant la nécessité de tenir compte des «caractéristiques locales» dans cette politique ne fait rien à l’affaire, et n’a pas vraiment convaincu les principaux intéressés. Dans cette contrée foncièrement tibétaine et qui entend le rester, les survivants du séisme craignent que les soldats arrivés sous couvert de secours ne s’installent à demeure pour renforcer la surveillance, remarquant que les immeubles officiels et les quartiers résidentiels sont prioritaires, aux dépens des urgences des plus mal lotis. Non seulement les écoles ont beaucoup souffert, comme ce fut le cas en 2008 lors du tremblement de terre au Sichuan, mais surtout les «villages socialistes» où les nomades ont été sédentarisés de force par dizaines de milliers n’ont résisté ni au séisme ni aux répliques. Et les survivants préfèrent regagner collines et montagnes vivre sous tente plutôt que de rester sous un toit dans des villes où ils sont des parias.</p>
<p>La communauté exilée, qui a accueilli ces dernières années nombre de jeunes réfugiés de ces régions fuyant précisément la sédentarisation ou les campagnes de rééducation patriotique dans les monastères, recueille et recoupe des informations faisant état d’un certain ressentiment diffus contrastant avec les nouvelles officielles, alors qu’une lettre des sinistrés au président chinois demande que le dalaï-lama soit autorisé à se rendre sur place pour les réconforter.</p>
<p>C’est donc bel et bien un nouvel épisode du combat pour le Tibet qui se livre dans le sillage de ce séisme, comme pour rappeler le constat désabusé de Mao apprenant l’arrivée sain et sauf du jeune dalaï-lama en Inde en mars 1959: «Nous avons gagné la bataille de Lhassa, mais perdu la guerre.»</p>
<p>Auteure de Tibet, Tibétains, Glénat, 2010.</p>
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		<title>Message du Dalai Lama du 10 mars 2010</title>
		<link>http://www.savetibet.fr/2010/03/discours-du-dalai-lama-10-mars/</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Mar 2010 10:36:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Metten</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[10 mars]]></category>
		<category><![CDATA[dalai lama]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici le message du Dalaï Lama du 10 mars 2010 prononcé à l'occasion du 51ème anniversaire du soulèvement national tibétain...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/03/IMG_8742.jpg"><img class="size-medium wp-image-760 alignleft" style="margin: 2px 6px;" title="IMG_8742" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/03/IMG_8742-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a></p>
<p><strong> Message du Dalaï Lama à l&#8217;occasion du 51ème anniversaire du soulèvement national tibétain (10 mars 2010). </strong></p>
<p>C’est aujourd’hui le 51<sup>ème</sup> anniversaire du soulèvement pacifique tibétain de 1959 contre la répression communiste chinoise au Tibet, et le deuxième anniversaire des manifestations pacifiques qui ont éclaté au Tibet en mars 2008. À cette occasion, je rends hommage aux héros tibétains et aux héroïnes tibétaines qui ont donné leur vie à la cause du Tibet et je prie pour une fin rapide des souffrances infligées à ceux qui sont toujours opprimés au Tibet.</p>
<p>Malgré les grands épreuves rencontrées depuis des décennies, les Tibétains ont réussi à maintenir leur courage et leur détermination, à préserver leur culture de la compassion et l’unicité de leur identité. Qu’une nouvelle génération de Tibétains continue aujourd’hui d’entretenir la juste cause du Tibet est une source d’inspiration. Je salue le courage de tous ces Tibétains qui sont livrés à la peur et à l’oppression.</p>
<p>Quelle que soit notre situation, il est du devoir de chaque Tibétain de préserver l’égalité, l’harmonie et l’unité parmi les diverses ethnies, tout en continuant de protéger notre culture et notre identité uniques. Beaucoup de Tibétains des zones tibétaines occupent divers postes à responsabilité au sein du parti, du gouvernement et de l’armée, aidant les Tibétains comme ils le peuvent. Nous reconnaissons la contribution positive que beaucoup d’entre eux ont ainsi fournie jusqu’à présent et à l’avenir, quand le Tibet atteindra une autonomie significative, ceux-ci devront poursuivre ces responsabilités.</p>
<p>Je le répète, dès que la question du Tibet sera résolue, je n’assumerai pas de rôle politique personnel au sein du gouvernement du Tibet et les membres de l’administration en exil non plus. J’ai clarifié ce point précis à plusieurs reprises par le passé. J’invite les fonctionnaires tibétains des différentes zones autonomes tibétaines à rendre visite aux Tibétains établis dans le monde libre, de manière officielle ou privée, dans le souci d’une bonne compréhension des aspirations de la diaspora tibétaine et d’observer par eux-mêmes la situation.</p>
<p>Où que les exilés tibétains se soient établis, nous avons réussi à préserver et à promouvoir notre culture singulière et nos traditions spirituelles tout en œuvrant à une prise de conscience à la cause tibétaine. Contrairement aux autres réfugiés, nous avons rencontré un certain succès car nous avons pu fournir une éducation moderne à nos enfants tout en les élevant dans le respect de nos valeurs traditionnelles. Du fait que les chefs de nos quatre grandes écoles du bouddhisme tibétain et de religion Bon sont en exil, nous avons pu ouvrir ailleurs diverses institutions dispensant enseignement et pratique religieux. Plus de dix mille moines et nonnes ont la liberté de suivre leur vocation dans ces centres. Nous sommes arrivés à offrir des opportunités à ces moines, ces nonnes et ces étudiants qui continuent d’arriver du Tibet. Parallèlement, le fait sans précédent que le bouddhisme tibétain se répande en Orient et en Occident et la perspective qu’il continue de fleurir dans le futur nous donne l’espoir qu’il survive. C’est pour nous un réconfort alors que nous traversons la période la plus critique de l’histoire du Tibet.</p>
<p>Aujourd’hui, les autorités chinoises mènent diverses campagnes politiques, dont la campagne de rééducation patriotique, dans beaucoup de monastères à travers le Tibet. Elles placent moines et nonnes tibétains dans des conditions semblables à la détention carcérale, les privant ainsi de la possibilité d’étudier et de pratiquer en paix. Ces conditions assimilent les monastères à des musées et visent à annihiler le bouddhisme tibétain.</p>
<p>La culture tibétaine est fondée sur les valeurs bouddhiques de compassion et de non-violence qui apportent non seulement aux Tibétains mais aux peuples à travers le monde en général, ce qui englobe les Chinois. Par conséquent, nous, les Tibétains, ne devons pas placer nos espoirs uniquement dans les progrès matériels ; c’est pourquoi il est essentiel que tous les Tibétains élargissent leur champ d’éducation en alliant l’éducation traditionnelle à l’éducation moderne. Et surtout, que le plus de jeunes Tibétains possible se spécialisent et deviennent experts dans des domaines professionnels précis.</p>
<p>Il est très important que les Tibétains entretiennent des relations amicales avec toutes les nationalités, mais également entre eux. Les Tibétains ne doivent pas se laisser aller à des brouilles pour des motifs secondaires. J’en appelle sincèrement à tous pour que ces querelles soient résolues avec patience et compréhension.</p>
<p>Que le gouvernement chinois le reconnaisse ou non, le Tibet connaît un problème de taille. Le monde en a conscience et preuve en est qu’un énorme dispositif militaire y est stationné et que d’importantes restrictions de circulation sont en vigueur au Tibet. C’est une mauvaise période pour les deux parties. Chaque chance de résoudre le problème doit être saisie. Depuis plus de 30 ans, je fais de mon mieux pour engager le dialogue avec la République Populaire de Chine pour résoudre la question tibétaine, grâce à l’approche de la « Voie Médiane », qui profitera aux deux peuples. Malgré le fait que j’aie clairement articulé les aspirations tibétaines dans le cadre constitutionnel de la  République Populaire de Chine et dans celui des lois sur l’autonomie nationale régionale, nous ne sommes pas encore parvenus à un résultat concret. À en juger par l’attitude de l’actuel gouvernement chinois, il est permis de douter qu’un tel résultat soit atteint dans un avenir proche. Néanmoins, notre volonté de poursuivre le dialogue demeure inchangée.</p>
<p>Que notre approche par la « Voie Médiane », bénéfique aux deux parties, et la légitimité de la lutte du peuple tibétain soient de plus en plus comprises et aient gagné le soutien d’une multitude de dirigeants spirituels et politiques, comme le Président des États-Unis d’Amérique, de prestigieuses organisations non-gouvernementales, de la communauté internationale, et tout particulièrement d’intellectuels chinois, au fil des ans, est une source de fierté et de satisfaction. Il est évident que la question tibétaine n’est pas seulement un différend entre Chinois et Tibétains mais résulte des politiques de l’ultra gauche des autorités communistes chinoises.</p>
<p>Depuis le soulèvement au Tibet de 2008, des intellectuels chinois en Chine et au dehors ont rédigé plus de 800 articles impartiaux sur la question tibétaine. Au cours de mes déplacements à l’étranger, où que j’aille, lorsque je rencontre des Chinois en général, et notamment des intellectuels et des étudiants, ils me témoignent de leur sympathie et de leur soutien sincères. Puisque le problème du Tibet doit être résolu par nos deux peuples, j’essaye de tendre la main aux Chinois chaque fois que je le peux, afin que la compréhension s’instaure entre nous. Il est donc important que, partout, les Tibétains tissent des liens étroits avec les Chinois et qu’ils leur fassent connaître la véracité de la cause tibétaine et de la situation actuelle au Tibet.</p>
<p>Rappelons-nous de la population du Turkestan Oriental qui a rencontré de grandes difficultés et une oppression accrue de la part des Chinois, ainsi que des intellectuels chinois qui ont fait campagne pour une plus grande liberté et qui ont été condamnés à de lourdes peines. Je souhaite leur adresser toute ma solidarité et je suis à leurs côtés.</p>
<p>Il est tout aussi essentiel que les 1,3 milliard de Chinois aient un accès libre à l’information concernant leur propre pays et au-delà, de même qu’ils jouissent de la liberté d’expression et de l’État de droit. Si la Chine était dotée de davantage de transparence, la confiance serait plus importante, ce qui constituerait une base adéquate pour la promotion de l’harmonie, de la stabilité et du progrès. C’est pourquoi tous ceux qui sont concernés doivent fournir leurs efforts dans ce sens.</p>
<p>En tant que porte-parole libre du peuple tibétain, je n’ai cessé d’énoncer les aspirations fondamentales de celui-ci aux dirigeants de la  République Populaire de Chine. Leur absence de réponse positive est une déception. Bien que les autorités actuelles se raccrochent à leur position intransigeante, à en juger par les changements politiques qui se déroulent sur la scène internationale ainsi que du point de vue du peuple chinois, le moment viendra pour que la vérité l’emporte enfin. Il est donc important que chacun soit patient et poursuive ses efforts.</p>
<p>Nous prenons acte de la décision du gouvernement central, prise lors du V<sup>ème</sup> Forum de Travail sur le Tibet, d’appliquer ses politiques uniformément dans toutes les zones tibétaines pour s’assurer d’un développement et d’un progrès futurs, ce que le Premier Ministre Wen Jiabao a réitéré lors de la récente session annuelle du Congrès national populaire. Cela s’accorde avec notre souhait répété d’une administration unique pour toutes les zones tibétaines. De même, nous apprécions l’évolution qui a eu lieu dans les zones tibétaines, et dans les régions peuplées de nomades et de paysans en particulier. Nous devons toutefois rester vigilants à ce que ces progrès n’endommagent pas notre précieuse culture, notre langue et l’environnement naturel du plateau tibétain auquel le bien-être de toute l’Asie est lié.</p>
<p>Je saisis cette occasion pour adresser mes remerciements les plus sincères aux dirigeants de multiples nations, à leurs intellectuels, à l’opinion publique, aux groupes de soutien au Tibet et aux autres, amoureux de la vérité et de la justice, pour continuer d’apporter leur soutien à la cause tibétaine malgré les pressions et le harcèlement exercés par le gouvernement chinois. J’adresse par dessus tout ma plus profonde gratitude au gouvernement indien aux différents États indiens et aux peuples de l’Inde pour leur soutien généreux et constant.</p>
<p>Pour terminer, j’adresse mes prières au bonheur et au bien-être de tous les êtres vivants.</p>
<p>Le 10 mars 2010</p>
<p>NB : <em>Le présent document a été traduit d’après un original publié en tibétain. En cas de différence de sens entre les deux, veuillez considérer la version en tibétain comme primant et finale sur toute autre.</em></p>
<p><em>Traduction française effectuée par le Bureau du Tibet, Bruxelles</em></p>
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		<title>LA NOTE SUR LE MEMORANDUM TIBETAIN POUR L’AUTONOMIE</title>
		<link>http://www.savetibet.fr/2010/03/la-note-explicative-sur-le-memorandum-en-faveur-d%e2%80%99une-veritable-autonomie-pour-le-peuple-tibetain/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 18:35:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[En novembre 2008, lors de la 8ème rencontre sino-tibétaine et suite aux demandes de la partie chinoise, ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_748" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/03/9th_round_press_conference.jpg"><img class="size-full wp-image-748 " style="margin-top: 4px; margin-bottom: 4px; margin-left: 6px; margin-right: 6px;" title="9th_round_press_conference" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/03/9th_round_press_conference.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">L’envoyé special Kasur Lodi Gyari (au centre) et Kelsang Gyaltsen (à droite) donnant une conférence de presse à Dharamsla le 2 février 2010 sur le dernier round de dialogue avec les représentants du gouvernement chinois (crédit photo DIIR/CTA) </p></div>
<p>En novembre 2008, lors de la 8ème rencontre sino-tibétaine et suite aux demandes de la partie chinoise, les émissaires du Dalaï Lama ont présenté le dossier sur les modalités de l’autonomie réelle souhaitée par le peuple tibétain. Ce dossier appelé &#8220;Mémorandum sur l’autonomie véritable pour le peuple tibétain&#8221; a été ensuite rendu publique en novembre 2008.  Mais le gouvernement chinois a rejeté net ce dossier et plusieurs accusations ont été lancées contre le Dalaï Lama et ses émissaires.  Afin de clarifier un certain nombre de points évoqués dans le Mémorandum, l’Administration en exil, vient de publier une &#8220;Note explicative du Mémorandum sur l’autonomie véritable pour le peuple tibétain&#8221; .  <em>En voici la version française.</em><br/><br />
<strong><br />
LA NOTE EXPLICATIVE SUR LE MEMORANDUM EN FAVEUR D’UNE VERITABLE AUTONOMIE POUR LE PEUPLE TIBETAIN</strong> <strong>Publiée par l’Administration centrale tibétaine, Dharamsala, Inde</strong> Date de référence : le 3 février 2010  <strong>INTRODUCTION</strong> La présente note traite des inquiétudes et des objections soulevées par le gouvernement central chinois quant au contenu du mémorandum sur l’autonomie véritable pour le peuple tibétain (désigné ci-après en tant que « mémorandum » ) qui a été présenté au gouvernement de la République populaire de Chine  (RPC) le 31 octobre 2008, lors de la huitième série de pourparlers à Pékin.  Ayant soigneusement étudié les réponses et les réactions du Ministre Du Qinglin et du Vice-ministre adjoint Zhu Weiqun lors de ces entretiens, la note écrite comprise, ainsi que les déclarations du gouvernement central chinois après ces pourparlers, il semble que certains points soulevés par le mémorandum ont été mal compris par le gouvernement central chinois.  Le gouvernement central chinois maintient que le mémorandum contredit la Constitution de la RPC ainsi que les « trois adhésions »<a href="#_ftn1">[1]</a>.  Les Tibétains croient possible de remplir leurs besoins, tels qu’énoncés dans le mémorandum, dans le cadre de la Constitution et de ses principes sur l’autonomie et que ces propositions ne contreviennent pas, ni n’entrent en conflit avec les « trois adhésions ».  Nous pensons que la présente note explicative contribuera à clarifier cela.  Sa Sainteté le Dalaï Lama a entamé des discussions internes dès 1974 pour trouver un moyen de résoudre la question du statut du Tibet par le biais d’un arrangement sur l’autonomie plutôt que de rechercher l’indépendance.  En 1979, le dirigeant chinois Deng Xiaoping avait exprimé sa volonté de discuter et de résoudre toutes les questions, sauf l’indépendance du Tibet.  Depuis lors, Sa Sainteté a entrepris bien des initiatives pour proposer une solution négociée mutuellement acceptable des deux côtés quant à la question du Tibet.  Ce faisant, Sa Sainteté a scrupuleusement suivi son approche « Voie médiane », qui implique la recherche d’une solution négociée, acceptable par les deux parties et mutuellement bénéfique, et ce, dans un esprit de réconciliation et de compromis.  Le plan de paix en cinq points et la Proposition de Strasbourg ont été présentés dans cet esprit.  N’arrivant pas à obtenir de réponse positive de la part du gouvernement central chinois face à ces initiatives, ceci ajouté à l’entrée en vigueur de la loi martiale en mars 1989 et la détérioration de la situation au Tibet, Sa Sainteté a dû décréter l’inefficacité de sa Proposition de Strasbourg.  Sa Sainteté a néanmoins maintenu son engagement à l’approche de la « Voie médiane ».  La reprise du processus de dialogue entre le gouvernement central chinois et les représentants de Sa Sainteté le Dalaï Lama en 2002 a permis à chaque partie d’expliquer ses positions et d’avoir une meilleure compréhension des préoccupations, des besoins et des intérêts de l’autre partie.  De plus, prenant en considération les réelles préoccupations, besoins et intérêts du gouvernement central chinois, Sa Sainteté a beaucoup réfléchi, en considérant tous les aspects, à la réalité de la situation. Cela démontre que Sa Sainteté est souple, ouverte, pragmatique et avant toute chose, sincère et déterminée à trouver une solution mutuellement bénéfique.  Le mémorandum sur l’autonomie véritable pour le peuple tibétain a été préparé en réponse à la suggestion du gouvernement central chinois lors de la septième série de pourparlers, en juillet 2008.  Cependant, les réactions et les principales critiques du gouvernement central chinois sur le mémorandum semblent davantage basées sur des propositions antérieures, rendues publiques, et sur d’autres déclarations faites à d’autres moments dans d’autres contextes, plutôt que sur les mérites de cette proposition-ci qui lui a été présentée officiellement.  Le mémorandum et la présente note explicative soulignent fermement que Sa Sainteté le Dalaï Lama ne recherche pas l’indépendance et la séparation mais une solution dans le cadre de la Constitution et de ses principes sur l’autonomie, ce qui a été réitéré de nombreuses fois par le passé.  L’Assemblée générale extraordinaire de la diaspora tibétaine qui s’est tenue en novembre 2008 à Dharamsala a, pour la première fois, confirme le mandat pour la poursuite du processus de dialogue avec la RPC selon l’approche de la « Voie médiane ».  De leur côté, les membres de la communauté internationale ont pressé les deux parties de retourner à la table des négociations.  Beaucoup ont estimé que le mémorandum constitue une bonne base pour le dialogue.  <strong>1 </strong><strong>Respect de la souveraineté  et de l’intégrité territoriale de la RPC</strong> Sa Sainteté le Dalaï Lama a plusieurs fois répété qu’il ne cherche pas la séparation du Tibet d’avec la République populaire de Chine et qu’il ne cherche pas l’indépendance du Tibet.  Il souhaite une solution durable dans le cadre de la RPC.  Cette position est édictée sans ambiguïté dans le mémorandum.  Le mémorandum appelle à exercer une autonomie véritable ce qui exclu l’indépendance, une demie indépendance, ou encore une indépendance déguisée.  Substantiellement, le mémorandum, qui explique ce que signifie « autonomie véritable », rend la définition ambiguë et floue.  La forme et le degré d’autonomie proposés par le mémorandum sont conformes aux principes d’autonomie contenus dans la Constitution de la RPC.  Des régions autonomes exercent une forme d’autogestion dans différentes régions du globe, comme proposé dans le mémorandum, sans pour autant remettre en question ni menacer la souveraineté et ni l’unité de l’Etat dont elles font partie.  Cela est vrai pour des régions autonomes au sein d’Etats unitaires aussi bien qu’à modèle fédéral.  Les observateurs de la situation, dont les dirigeants et des académiques politiques internationaux impartiaux, ont aussi reconnu que le mémorandum constitue un appel à l’autonomie <em>au sein</em> de la RPC et non à la sécession ou à l’indépendance d’avec la Chine.  Le point de vue du gouvernement chinois sur l’histoire du Tibet diffère de celui des Tibétains et Sa Sainteté le Dalaï Lama a pleinement conscience que les Tibétains ne peuvent pas y souscrire.  Les événements passés constituent l’histoire et on ne peut les altérer.  Néanmoins, la position de Sa Sainteté est d’aller de l’avant, pas de s’agripper au passé.  Elle ne souhaite pas faire des différences d’opinion sur l’histoire un obstacle dans la recherche d’un avenir commun mutuellement bénéfique dans le cadre de la RPC.  Les réponses du gouvernement central chinois au mémorandum révèlent des soupçons persistants envers les propositions de Sa Sainteté le Dalaï Lama taxées d’être des initiatives tactiques pour faire progresser un agenda occulte pour l’indépendance.  Sa Sainteté a conscience des inquiétudes et des sensibilités de la RPC relatives à la légitimité de la situation actuelle au Tibet.  C’est pour cela que Sa Sainteté a envoyé, par le truchement de ses émissaires, et a publiquement déclaré qu’elle était prête à donner sa caution morale à un accord d’autonomie, une fois celui-ci atteint, avec la légitimité qu’il faudra à celui-ci pour gagner l’approbation populaire et être appliqué dans de bonnes conditions.  <strong>2 </strong><strong>Respect de la Constitution de la RPC</strong> Le mémorandum stipule explicitement que l’autonomie véritable que Sa Sainteté le Dalaï Lama recherche pour les Tibétains se situe dans le cadre de la Constitution et de ses principes, et non en dehors.  Le principe fondamental soulignant le concept d’autonomie régionale nationale est la protection et la préservation de l’identité, de la langue, des coutumes, de la tradition et de la culture d’une minorité au sein d’un Etat fondé sur l’égalité et la coopération.  La Constitution prévoit la possibilité d’établir des organes d’autogestion dans les foyers de forte concentration de minorités nationales, afin de pouvoir exercer leur autonomie.  Eu égard à ce principe, le document de mai 2004, « <em>Autonomie ethnique régionale au Tibet »</em>, stipule que les minorités nationales sont « <em>arbitres de leur propre destinée et maîtres de leurs propres affaires </em>».  Dans le cadre des paramètres de ces principes sous-jacents, une constitution doit apporter des réponses aux besoins à un moment donné et s’adapter à un contexte modifié ou nouveau.  Les dirigeants chinois ont démontré la souplesse de la Constitution de la RPC dans leur interprétation et l’application pour répondre à des évolutions de contexte.  Appliquée à la situation tibétaine, cette souplesse, telle que décrite dans le mémorandum, permettrait de remplir les besoins des Tibétains effectivement dans le cadre de la Constitution et de ses principes sur l’autonomie.  <strong>3 </strong><strong>Respect des « trois adhésions »</strong> Telle qu’exposée dans le mémorandum, la position de Sa Sainteté le Dalaï Lama ne remet aucunement en question ni ne conteste la légitimité du Parti communiste chinois en RPC.  Simultanément, on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’afin de promouvoir l’unité, la stabilité et une société harmonieuse, le Parti change d’attitude vis-à-vis de la culture, la religion et l’identité tibétaines, les considérants comme une menace.  Le mémorandum ne remet pas non plus en question le système socialiste de la RPC.  Rien dans son contenu ne suggère une exigence de changement de système ou son exclusion des régions tibétaines.  Pour ce qu’il en est de l’avis de Sa Sainteté sur le socialisme, il est de notoriété publique qu’elle a toujours été favorable à une économie et à une idéologie socialistes qui promeuvent l’égalité et qui permet aux franges les plus pauvres de la société de s’élever.  L’appel de Sa Sainteté pour une autonomie véritable au sein de la RPC reconnaît les principes d’autonomie pour les minorités nationales contenus dans la Constitution de la RPC et s’aligne sur les intentions déclarées de ces principes.  Comme exprimé dans le mémorandum, l’application actuelle des clauses sur l’autonomie ne résulte cependant effectivement qu’en un déni d’autonomie véritable pour les Tibétains et ne parvient pas à procurer aux Tibétains l’exercice de leur droit à se gouverner eux-mêmes et à être « <em>maîtres de leurs propres affaires </em>».  Aujourd’hui, d’importantes décisions relatives au bien-être des Tibétains ne sont pas prises par les Tibétains.  Appliquer l’autonomie véritable proposée et expliquée dans le mémorandum leur assurerait la capacité d’exercer leur droit à une réelle autonomie et à ainsi devenir maîtres de leurs propres affaires, selon les principes constitutionnels d’autonomie.  <strong>4 </strong><strong>Respect de la hiérarchie et de l’autorité du gouvernement central chinois</strong> Les propositions contenues dans le mémorandum n’impliquent aucunement un déni de l’autorités du Congrès national du Peuple ( CNP ), ni d’autres organes du gouvernement central chinois.  Comme indiqué dans le mémorandum, la proposition respecte entièrement les différences hiérarchiques entre le gouvernement central et ses organes ; dont le CNP et le gouvernement autonome du Tibet.  Toute forme d’autonomie véritable implique la division et l’attribution de certains pouvoirs et responsabilités ( dont ceux de légiférer) par le gouvernement central au gouvernement local autonome.  Naturellement, le pouvoir législatif se limite aux domaines de compétences de la région autonome.  Cela est vrai aussi bien dans les Etats unitaires que dans ceux dont le système est fédéral.  Ce principe est aussi reconnu par la Constitution.  L’esprit des clauses constitutionnelles relatives à l’autonomie vise à donner davantage de pouvoir aux régions autonomes à l’échelon local en matière de prise de décision sur et avant celui des provinces ordinaires.  Mais aujourd’hui, les exigences pour une approbation préalable de la part du comité effectif du CNP en matière de textes législatifs des régions autonomes ( article 116 de la Constitution ) s’exerce d’une telle manière que les régions autonomes se voient davantage retirer d’autorité décisionnelle, convenant pourtant aux contextes locaux, que les provinces ordinaires ( non-autonomes ) chinoises.  Quand il y a fragmentation et attribution du pouvoir décisionnel entre divers niveaux gouvernementaux (entre le gouvernement central chinois et le gouvernement autonome), il est important de disposer de processus de consultation et de coopération. Cela contribue à améliorer une compréhension mutuelle et à s’assurer que les contradictions et les divergences éventuelles contenues dans les politiques et les textes législatifs soient résolues.  Cela réduit par ailleurs les risques de conflit découlant de l’exercice des pouvoirs attribués à différents organes gouvernementaux.  De tels processus et mécanismes ne placent pas le gouvernement central et le gouvernement autonome sur le même pied d’égalité et n’impliquent pas un rejet de la légitimité du gouvernement central.  La caractéristique significative du retranchement des arrangements pour l’autonomie dans la Constitution, ou par d’autres voies adéquates, n’implique pas non plus une égalité de statuts entre le gouvernement central et le gouvernement local, ni ne restreint, ni n’affaiblit l’autorité du premier.  Cette mesure vise à fournir une sécurité ( légale ) à la foi au gouvernement central et aux autorités locales pour qu’aucun ne puisse modifier unilatéralement les caractéristiques de base élaborées et assure qu’un processus consultatif doit avoir lieu pour valider tout changement de fond.  <strong>5 </strong><strong>Préoccupation du gouvernement central chinois sur certaines compétences spécifiques mentionnées dans le mémorandum </strong> <strong>A Sécurité  publique</strong> Dans le mémorandum, une inquiétude a été exprimée quant à l’inclusion des aspects de sécurité publique dans le paquet de compétences attribué à la région autonome parce que le gouvernement semble interpréter cela en termes de défense.  La défense nationale et la sécurité publique sont deux choses différentes.  Sa Sainteté le Dalaï Lama est claire sur ce point : la responsabilité de la défense nationale relève et doit relever du gouvernement central de la RPC.  Il ne s’agit pas d’une compétence pouvant être exercée par une région autonome.  C’est effectivement le cas dans la plupart des aménagements d’autonomie.  En fait, le mémorandum mentionne spécifiquement la « sécurité et l’ordre public interne » et souligne le point important que la majorité du personnel de sécurité doit être tibétaine, plus à même de comprendre les coutumes et traditions locales.  Cela aide à régler des incidents locaux pouvant mener à une désharmonie entre les nationalités.  De ce point de vue, le mémorandum s’aligne sur le principe énoncé dans l’article 120 de la Constitution ( et se retrouve aussi dans l’article 24 de la loi sur l’autonomie nationale régionale), qui stipule : « <em>les organes d’autogestion des zones autonomes nationales peuvent, en accord avec le système militaire d’Etat et les besoins locaux concrets, approuvés par le Conseil d’Etat, organiser des forces de sécurité publiques locales pour maintenir l’ordre public </em>».  Dans ce contexte, il faut aussi souligner que le mémorandum ne propose nulle part un retrait de l’Armée de Libération populaire (ALP) des zones tibétaines.  <strong>B La langue</strong> La protection, l’utilisation et le développement de la langue tibétaine figurent parmi les problèmes clefs pour l’application d’une autonomie véritable pour les Tibétains.  Souligner le besoin de respecter le tibétain en tant que langue principale dans les zones tibétaines n’est pas polémique puisqu’une position similaire est exprimée dans le livre blanc du gouvernement central chinois sur <em>l’Autonomie ethnique régionale au Tibet</em> dans lequel sont décrites les législations adoptées par le gouvernement régional du Tibet qui prescrivent qu’ <em>« une attention égale doit être donnée aux langues tibétaine et chinoise Han dans la Région autonome du Tibet,</em> la langue tibétaine étant la langue principale » ( l’accent est mis).  De plus, l’utilisation même de « <em>langue principale </em>» dans le mémorandum implique clairement que d’autres langues sont également utilisées.  En l’absence, dans le mémorandum, d’une exigence que le chinois soit aussi utilisé et enseigné ne doit pas être perçu comme une « exclusion » de cette langue puisqu’elle est la langue principale et commune à l’ensemble de la RPC.  Il faut aussi remarquer que dans un tel contexte, le gouvernement en exil a encouragé les Tibétains en exil à apprendre le chinois.  Les propositions tibétaines appuyant l’étude de la propre langue du peuple tibétain ne doivent par conséquent pas être considérées comme des « <em>point de vue séparatistes </em>».  <strong>C La législation sur la migration de la population</strong> Le mémorandum propose que le gouvernement local de la région autonome ait la compétence pour légiférer en termes de résidence, d’établissement et d’activités économiques ou d’emploi concernant les personnes extérieures désireuses de venir s’installer dans les zones tibétaines. C’est une caractéristique commune de l’autonomie et n’est sûrement pas sans précédent au sein de la RPC.  Un certain nombre de pays ont instauré des systèmes ou adopté des lois pour protéger les régions vulnérables ou autochtones et les populations indigènes de l’immigration excessive de la part des autres parties des pays.  Le mémorandum stipule explicitement qu’il <em>ne suggère pas</em> l’expulsion des non-tibétains qui vivent dans les zones tibétaines depuis des années.  Sa Sainteté le Dalaï Lama et le Kashag ont aussi été très clairs dans leurs précédentes déclarations, comme l’ont été les émissaires au cours de leurs entretiens avec leurs homologues chinois.  Lors de son discours au Parlement européen, le 4 décembre 2008, Sa Sainteté le Dalaï Lama a réitéré qu’il n’était « <em>pas dans nos intentions d’expulser les non-tibétains.  Notre préoccupation, ce sont les flots massifs principalement les Hans, mais aussi d’autres nationalités, dans les zones tibétaines, ce qui marginalise la population tibétaine d’origine et menace l’environnement fragile du Tibet </em>».  A partir de cela, il est évident que Sa Sainteté ne suggère aucunement que le Tibet soit exclusivement peuplé de Tibétains, alors que d’autres nationalités n’auraient pas ce privilège.  Le problème concerne la division adéquate des pouvoirs en termes de régulation de la population de passage, des travailleurs saisonniers et des nouveaux colons afin de protéger la population autochtone fragilisée dans les zones tibétaines.  Répondant au mémorandum, le gouvernement central chinois a rejeté la proposition selon laquelle toutes les autorités réguleraient l’entrée et les activités économiques des personnes en provenance d’autres régions de la RPC, en partie parce qu’ « il n’y a, dans la Constitution et dans la loi sur l’autonomie nationale régionale, aucune clause restreignant les mouvements de population ».  En fait, la loi sur l’autonomie nationale régionale autorise une telle législation dans son article 43 : « <em>Respectivement aux stipulations légales, les organes d’autogestion des zones autonomes nationales trouveront des mesures de contrôle des mouvements de population </em>».  Ainsi, la proposition tibétaine contenue dans le mémorandum sur ce point n’est pas incompatible avec la Constitution.  <strong>D La religion </strong> La liberté octroyée aux Tibétains de pratiquer leur religion selon leurs propres croyances, comme indiqué dans le mémorandum, est entièrement compatible avec les principes de liberté religieuse inscrits dans la Constitution chinoise.  Elle est également compatible avec les principes de séparation de religion et de l’Etat, adoptés par bien des pays à travers le monde.  L’article 36 de la Constitution garantit que personne ne peut « <em>obliger les citoyens à embrasser ou à ne pas embrasser une religion </em>».  Nous approuvons ce principe mais nous observons qu’aujourd’hui, les autorités gouvernementales interfèrent de manière importante avec la possibilité des Tibétains de pratiquer leur religion.  La relation spirituelle entre enseignant et disciple, les enseignements religieux etc. sont des composantes essentielles à la pratique du Dharma.  Les restreindre constitue une violation de la liberté religieuse.  De même, l’interférence et l’implication directe de l’Etat et de ses institutions dans la reconnaissance des réincarnations des lamas adoptée par l’Etat le 18 juillet 2007, sont des violations sérieuses de la liberté de croyance religieuse inscrite dans la Constitution.  Exercer sa religion est une pratique commune et fondamentale pour les Tibétains.  Plutôt que d’envisager la pratique bouddhique comme une menace, les autorités concernées doivent la respecter.  Traditionnellement et historiquement, le bouddhisme a toujours été un facteur positif et unificateur majeur entre Tibétains et Chinois.  <strong>E Administration unique</strong> Le souhait des Tibétains d’être réunis sous une région autonome unique concorde tout à fait avec les principes constitutionnels d’autonomie.  Les raisons derrière le besoin de respecter l’intégrité de la nationalité tibétaine est clairement définie dans le mémorandum et ne signifie pas « Grand ou Petit Tibet ».  En fait, comme indiqué dans le mémorandum, la loi sur l’autonomie nationale régionale elle-même permet ce type de modification des limites administratives si l’on observe les procédures adéquates.  La proposition ne viole donc aucunement la Constitution.  Comme l’ont indiqué les émissaires lors des séries de pourparlers antérieures, beaucoup de dirigeants chinois, dont le Premier ministre Zhou En Laï, le Vice-premier ministre Chen Yi et le Secrétaire du Parti Hu Yaobang, ont soutenu la possibilité de réunir toutes les zones tibétaines en une administration unique.  Certains des plus hauts responsables tibétains au sein de la RPC, dont le 10<sup>ème</sup> Panchen Lama, Ngapo Ngawang Jigme et Phuntsok Wangyal, l’ont aussi souhaité et ont affirmé que cela respecterait la Constitution et les lois chinoises.  En 1956, une commission spéciale, comprenant un membre important du Parti communiste, Sangye Yeshi ( Tian Bao ) a été nommée par le gouvernement central chinois pour élaborer un plan détaillé d’intégration des zones tibétaines en une région administrative unique, mais les travaux furent ensuite interrompus à cause d’éléments d’extrême gauche.  La raison fondamentale derrière le besoin d’unifier les zones tibétaines en une seule région administrative, c’est de répondre au désir très profondément ancré des Tibétains d’exercer leur autonomie en tant que peuple et de se protéger et de développer leur culture et leurs valeurs spirituelles dans ce contexte.  Il s’agit également de la prémisse et du but fondamentaux des principes constitutionnels sur l’autonomie nationale régionale telle que présentée dans l’article 4 de la Constitution.  Les Tibétains se soucient de l’intégrité de leur nationalité, que la proposition respecte, ce que ne ferait pas la poursuite du système actuel.  Leur héritage historique, leur spiritualité, leur identité culturelle, leur langue communs et même leur affinité particulière envers l’unicité du milieu naturel qu’est le plateau tibétain est ce qui lie les Tibétains en une nationalité.  Au sein de la RPC, les Tibétains sont reconnus en tant qu’une seule nationalité, et non plusieurs.  Les Tibétains vivant dans des préfectures et des comtés autonomes tibétains incorporés à d’autres provinces sont aussi des nationaux tibétains.  Les Tibétains, et cela inclut Sa Sainteté le Dalaï Lama, sont très soucieux de la protection et l’évolution de la culture, des valeurs spirituelles, de l’identité nationale et de l’environnement tibétains.  Les Tibétains ne réclament pas l’expansion des zones autonomes tibétaines.  Ils ne font que demander que ces zones soient regroupées en une administration unique, comme c’est le cas pour d’autres régions autonomes de la RPC.  Tant que les Tibétains ne pourront pas se gouverner eux-mêmes par le biais d’une administration unique, la préservation de la culture et du mode de vie tibétains ne pourra s’effectuer.  Aujourd’hui, plus de la moitié de la population tibétaine est assujettie à des priorités et à des intérêts émanant avant tout de différents gouvernements provinciaux dans lequel ils ne jouent aucun rôle significatif.  Le peuple tibétain comme l’explique le mémorandum, est réellement capable d’exercer une autonomie nationale régionale s’il peut avoir son propre gouvernement autonome, son propre congère populaire et autres organes gouvernementaux administrant et régissant l’ensemble de la nation tibétaine.  Ce principe est inscrit dans la Constitution qui reconnaît le droit des minorités nationales à exercer leur autonomie régionale « <em>dans les zones dans lesquelles elles vivent en communautés concentrées </em>» et à <em>« instaurer des organes de gouvernement local pour l’exercice du pouvoir autonome </em>» ( article 4).  Si « l’Etat respecte entièrement et garantit le droit des minorités nationales à administrer leurs affaires intérieures », cela figure dans le préambule de la loi sur l’autonomie nationale régionale, l’interprétation n’inclut pas le droit de choisir de former une région autonome englobant toute la population présente dans les zones adjacentes où vivent certains de ses membres en communautés concentrées ; les principes constitutionnelles sur l’autonomie sont eux-mêmes sapés.  Entretenir la division entre les Tibétains et les soumettre à une législation différente interdisent aux Tibétains d’exercer leur autonomie véritable et les empêchent de maintenir leur identité culturelle distincte.  Il n’est pas impossible pour le gouvernement central chinois de procéder aux ajustements administratifs nécessaires alors qu’il l’a déjà fait ailleurs au sein de la RPC, notamment dans les Régions autonomes de Mongolie Intérieure, du Ningxia et du Guangxi.  <strong>F Système politique, social et économique</strong> Sa Sainteté le Dalaï Lama n’a cessé de répéter que personne, et certainement pas elle, n’a l’intention de restaurer l’ancien ordre politique, social ou économique en vigueur au Tibet avant 1959.  Un éventuel Tibet autonome souhaiterait améliorer la situation sociale, économique et politique des Tibétains et ne pas retourner à une situation passéiste.  La persistance du gouvernement chinois à accuser Sa Sainteté le Dalaï Lama et son administration de vouloir restaurer l’ancien système, malgré les nombreuses preuves du contraire, est perturbante et déconcertante.  Tous les pays et toutes les sociétés du monde, y compris la Chine, ont eu par le passé  des systèmes politiques impossibles à accepter aujourd’hui.  L’ancien système tibétain ne fait pas exception.  Le monde a évolué sur les plans politique et social et a parcouru un chemin considérable en termes de reconnaissance des Droits de l’Homme et de conditions de vie.  Les Tibétains en exil ont développé leur propre système démocratique moderne ainsi que leurs propres système et institutions de santé et d’éducation.  De cette manière, les Tibétains de la RPC ont également progressé sous le régime chinois et ils ont amélioré dans les domaines social, éducatif, économique et de santé.  Toutefois, le niveau de vie des Tibétains est le plus arriéré de toute la RPC et les Droits de l’Homme au Tibet ne sont pas respectés.  <strong>6 </strong><strong>Reconnaissance des problèmes cruciaux</strong> Sa Sainteté le Dalaï Lama et d’autres membres du gouvernement en exil n’ont aucune demande à caractère personnel à formuler.  Les droits et le bien-être du peuple tibétain constituent la préoccupation principale de Sa Sainteté.  Par conséquent, le problème fondamental qu’il faut résoudre est l’application fidèle de l’autonomie véritable permettant aux Tibétains de se gouverner eux-mêmes selon leurs propres conception et besoins.  Sa Sainteté s’exprime au nom du peuple tibétain avec lequel il partage une profonde relation basée sur la confiance.  En fait, les Tibétains ne sont pas aussi complètement et unanimement d’accord que sur le retour de Sa Sainteté le Dalaï Lama au Tibet.  Il est incontestable que Sa Sainteté le Dalaï Lama est le représentant légitime du peuple tibétain et elle est perçue comme son porte-parole et son représentant manifeste.  De fait, la question tibétaine ne peut être réglée que par un dialogue avec Sa Sainteté.  Cela souligne le fait que, comme Sa Sainteté l’a souvent déclaré, son engagement pour la cause tibétaine ne vise aucunement la revendication de certains privilèges personnels ou de position politique pour elle ou pour l’administration tibétaine en exil.  Une fois l’accord trouvé, le gouvernement en exil sera dissous et les Tibétains en poste au Tibet devront endosser la responsabilité d’administrer le Tibet.  Sa Sainteté le Dalaï Lama a clairement affirmé de nombreuses fois qu’elle ne détiendrait pas de position politique au Tibet.  <strong>7 </strong><strong>Coopération de Sa Sainteté  le Dalaï Lama</strong> Sa Sainteté le Dalaï Lama a offert de publier une déclaration officielle ( et reste prête à le faire ) pour apaiser les doutes et les anxiétés du gouvernement central chinois sur sa position et ses intentions dans des domaines précités.  La formulation de la déclaration devrait s’effectuer après d’amples consultations entre les représentants de Sa Sainteté le Dalaï Lama et le gouvernement central chinois pour s’assurer qu’une telle déclaration satisferait les attentes fondamentales du gouvernement central chinois autant que celles du peuple tibétain.  Il est important que chacun des deux camps exprime ses préoccupations directement à  ses homologues et n’utilise pas ces griefs pour obstruer le processus de dialogue, comme cela est arrivé par le passé.  Sa Sainteté le Dalaï Lama prend l’initiative de croire qu’il est possible de trouver un terrain d’entente avec la République populaire de Chine en accord avec les principes d’autonomie inscrits dans la Constitution de la RPC et avec les intérêts du peuple tibétain.  Dans cet esprit, Sa Sainteté attend et espère que les représentants de la RPC saisiront l’opportunité que constituent ce mémorandum et cette note pour approfondir le dialogue et apporter des progrès significatifs pour développer une compréhension mutuelle.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> * Les « trois adhésions », telles que stipulées par le gouvernement central chinois sont : 1. le commandement du Parti communiste chinois ;  2. le socialisme avec ses caractéristiques chinoises, et 3. le système de l’Autonomie nationale régionale.  ***  Source : Bureau du Tibet, Avenue des Arts 24, 1000 Bruxelles, Belgique</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> * Les « trois adhésions », telles que stipulées par le gouvernement central chinois sont : 1. le commandement du Parti communiste chinois ;  2. le socialisme avec ses caractéristiques chinoises, et 3. le système de l’Autonomie nationale régionale.</p>
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		<title>DÉCLARATION DE L’ÉMISSAIRE DE SA SAINTETÉ LE DALAÏ-LAMA,</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 11:20:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’émissaire Kelsang Gyaltsen et moi-même, accompagnés de deux membres de notre Task Force, Tenzin P. Atisha et Bhuchung K. Tsering...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>KASUR LODI GYARI, CHEF DE LA DÉLÉGATION ENVOYÉE EN CHINE EN JANVIER 2010</h4>
<div id="attachment_697" class="wp-caption alignnone" style="width: 586px"><a rel="lytebox" href="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/02/emissaire_dl_chine.jpg"><img class="size-full wp-image-697 " title="emissaire_dl_chine" src="http://www.savetibet.fr/wp-content/uploads/2010/02/emissaire_dl_chine.jpg" alt="" width="576" height="432" /></a><p class="wp-caption-text">L’envoyé special Lodi Gyari avec l’envoyé Keslang Gyaltsen lors de leur rencontre avec le Vice-Président du Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois Du Qinglin le 30 janvier 2010 (Photo DIIR/CTA)</p></div>
<p>L’émissaire Kelsang Gyaltsen et moi-même, accompagnés de deux membres de notre Task Force, Tenzin P. Atisha et Bhuchung K. Tsering, ainsi que Jigmey Passang du secrétariat de Task Force, nous sommes rendus en Chine entre le 26 et le 31 janvier 2010, pour une neuvième série de pourparlers avec les représentants des autorités chinoises.  Ces discussions ont eu lieu après une interruption de 15 mois.  Nous sommes retournés à Dharamsala le 1er février 2010 et avons dressé notre rapport officiel à Sa Sainteté le Dalaï-Lama, au Premier ministre (Kalon Tripa) Samdhong Rinpoche, ainsi qu’au Président et à la Vice-présidente du Parlement tibétain en exil.</p>
<p>Le 30 janvier, nous nous sommes entretenus à Pékin avec M. Du Qinglin, Vice-président de la Conférence consultative politique populaire chinoise et Ministre du Département du Travail du Front uni du Comité central.  Le lendemain, le 31 janvier 2010, nous avons passé une journée en pourparlers avec Zhu Weiqun, Vice-ministre adjoint et avec le Vice-ministre Sithar. M. Nyima Tsering, l’un des Vice-directeurs du Congrès populaire de la Région autonome du Tibet, a également assisté à ces entretiens.</p>
<p>Nous sommes arrivés à Changsha, capitale de la province de Hunan, le 26 janvier 2010. Avant d’entamer notre programme sur place, nous avons officiellement présenté au Département du Travail du Front uni du Comité central une Note relative au Mémorandum sur l’autonomie réelle pour tous les Tibétains, que nous avions déjà proposée lors de la huitième série de pourparlers, en novembre 2008.  Cette Note contenait sept points sur les questions fondamentales soulevées par les autorités chinoises lors de cette huitième entrevue, ainsi que des suggestions constructives pour faire progresser le processus de dialogue.  Ces sept points comprennent le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République populaire de Chine, le respect de la Constitution de la RPC, le respect des « Trois Adhésions », le respect de la hiérarchie et de l’autorité du gouvernement central chinois.  Des questions soulevées par le gouvernement central sur des compétences particulières se rapportaient au Mémorandum, reconnaissant le cœur du problème et offrant la coopération de Sa Sainteté le Dalaï-Lama en vue d’une solution mutuellement bénéfique.</p>
<p>La Note indiquait clairement que Sa Sainteté le Dalaï-Lama et d’autres membres du gouvernement en exil n’ont aucune exigence personnelle à formuler.  Sa Sainteté se préoccupe des droits et du bien-être des Tibétains.  Par conséquent, la question fondamentale devant être résolue est l’application fidèle d’une autonomie réelle, permettant aux Tibétains de se gouverner eux-mêmes, selon leurs propres idées et besoins.</p>
<p>Sa Sainteté le Dalaï-Lama s’exprime au nom du peuple tibétain avec lequel il entretient une relation profonde et historique, basée sur une confiance totale. Il est indéniable que Sa Sainteté représente légitimement le peuple tibétain et elle est certainement perçue comme son légitime représentant et porte-parole.  En effet, ce n’est que par le dialogue avec Sa Sainteté le Dalaï-Lama que la question tibétaine pourra être résolue.  Il est capital de reconnaître cette réalité.</p>
<p>Nous insistons sur le fait que l’engagement de Sa Sainteté pour la cause tibétaine ne vise pas la revendication de droits personnels ou d’une position politique, ni pour le compte de l’administration tibétaine en exil.</p>
<p>Nous avons appelé nos homologues chinois à cesser les accusations infondées contre Sa Sainteté et de la traiter de séparatiste. Au contraire, nous enjoignons les autorités chinoises à travailler avec Elle afin de trouver une solution au problème du Tibet, acceptable des deux côtés et basée sur le Mémorandum. C’est ainsi que seront assurés la stabilité, l’unité et le développement d’une société harmonieuse.</p>
<p>Nos homologues chinois ont quant à eux exposés « les Quatre Interdit »s pour définir leur position. Ils nous ont aussi fourni un exposé détaillé sur les récents développements relatifs au Tibet, et en particulier à l’important Vème Forum sur le travail au Tibet.  Ils ont déclaré que le Forum visait à améliorer la vitalité des Tibétains dans la Région autonome du Tibet et dans toutes les zones tibétaines, et tout particulièrement, dans les services publics tels que l’éducation, les services médicaux et la protection de l’environnement.  En nous basant sur les rapports qui nous ont été transmis sur le Forum à l’origine, nous avons salué les questions qu’il a soulevées pour améliorer la vie des Tibétains, notamment dans les zones rurales.  Nous saluons le fait que le Vème Forum sur le travail au Tibet a examiné des points comme le développement dans toutes les zones tibétaines ( la Région autonome du Tibet ainsi que les autres zones tibétaines ). Nous croyons fermement que toutes les zones tibétaines doivent être régies par une politique uniforme et une administration unique. En nous débarrassant des slogans politiques, bien des problèmes dont le Forum a fait des priorités s’apparentent aux besoins de base des Tibétains, tels que mentionnés dans notre Mémorandum.</p>
<p>Le regard opposé porté sur l’analyse de la situation actuelle au Tibet demeure une différence majeure entre nos homologues chinois et nous.  Donc, pour une compréhension mutuelle de la situation réelle, nous avons suggéré un effort commun pour saisir la réalité de fait sur place, avec le souci de chercher la vérité d’après les faits. Cela aidera les deux parties à évoluer au-delà des controverses l’une de l’autre.</p>
<p>Ces prochains jours, nous examinerons les points soulevés par nos homologues, y compris les comptes-rendus du Vème Forum sur le travail au Tibet ainsi que « les Quatre Interdits ».  Comme je l’avais fortement précisé au cours de notre entretien, je souhaite ardemment que les autorités chinoises se livreront à un travail de réflexion sérieuse sur les points que nous avons soulevés. Comme Sa Sainteté le Dalaï-Lama n’a cessé de clarifier sa position quant à l’avenir du Tibet au sein de la République Populaire de Chine et qu’elle a fait preuve de volonté politique envers les autorités chinoises, nous ne voyons aucune raison pour laquelle un terrain d’entente ne pourrait être trouvé pour résoudre ces problèmes.  Nous souhaitons réitérer l’incessante volonté de Sa Sainteté à travailler avec le gouvernement central chinois là-dessus afin que le peuple tibétain puisse retrouver sa fierté et sa dignité et que la stabilité et l’unité de la République Populaire de Chine soient assurées.</p>
<p>Nous remercions nos hôtes, le Front uni du Hunan, le Front uni pékinois et le Département du Travail du Front du Comité central pour leur hospitalité au cours de ce séjour.</p>
<p><strong>Dharamsala, le 2 février 2010</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"> Traduction française d’Alexandre Huillet pour le Bureau du Tibet, Paris.</span></p>
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		<title>L’appel de parlementaires sur le changement climatique au Tibet</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 15:13:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>totodernoncourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Le Tibet en bref]]></category>
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		<description><![CDATA[Le plateau tibétain – surnommé le troisième pole – est l’un des endroits les plus touchés par le changement climatique. Les 18 et 19 novembre...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="lytebox" href="http://savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/12/tibet-pole1.jpg"><img class="size-full wp-image-23 alignleft" style="margin-left: 6px; margin-right: 6px; margin-top: 4px; margin-bottom: 4px;" title="tibet-pole" src="http://savetibet.fr/wp-content/uploads/2009/12/tibet-pole1.jpg" alt="tibet-pole" width="350" height="280" /></a> <strong><em>Le  Tibet est surnommé le troisième pole car il constitue le troisième pôle mondial d’alimentation en eau douce, après l’Arctique et l’Antarctique- (Photo: NASA)</em></strong></p>
<p>Le plateau tibétain – surnommé le troisième pole – est l’un des endroits les plus touchés par le changement climatique. Les 18 et 19 novembre derniers, des parlementaires de 30 pays se sont rassemblés à Rome pour la 5ème Conférence interparlementaire mondiale pour le Tibet et ont rédigé une lettre ouverte sur cette question à l’attention des participants de la Conférence des Nations-Unies réunis à Copenhague.</p>
<p>Lettre ouverte adressée à la Conférence des Nations Unies de Copenhague (Décembre 2009) sur le rôle du Tibet dans la recherche de solutions au changement climatique par le réseau parlementaire international sur le Tibet</p>
<p>Nous aimerions insister auprès des participant(e)s de la prochaine conférence des Nations-Unies sur le changement climatique de Copenhague sur l’attention sérieuse qu’il convient d’accorder au « troisième pôle », le Tibet, reconnu comme la troisième masse glaciaire de la planète après l&#8217;arctique et de l&#8217;antarctique. Nous sommes convaincus que les politiques menées dans un cadre multinational afin d’atténuer les causes et s’adapter aux effets du changement climatique doivent prendre en compte les défis du changement climatique au Tibet, et se doivent d’inclure la participation directe des Tibétains et en particulier celle des nomades.</p>
<p>Les 18-19 novembre derniers, les parlementaires de 30 pays différents se sont réunis à Rome pour participer à la 5ème Conférence parlementaire mondiale sur le Tibet. Les changements climatiques étaient un des thèmes majeurs des débats. La déclaration finale fait état des constatations suivantes :</p>
<p>« La dégradation de l’environnement sur le Plateau tibétain, dénommé le troisième pôle, est la conséquence du changement climatique causé par l’émission de gaz à effet de serre, la mauvaise gestion des ressources naturelles par le gouvernement chinois, les intérêts commerciaux, la relocalisation et la sédentarisation forcée des nomades tibétains qui les éloigne de leur cadre traditionnel de vie et de la gestion des prairies » ;  et</p>
<p>« Les politiques chinoises visant à atténuer et à s’adapter aux effets du changement climatique sur le plateau tibétain concernent plus d’un milliard de personnes en Asie ; l’implication et l’expérience des Tibétains est nécessaire à la réussite de la mise en œuvre de politiques sur le changement climatique ».</p>
<p>De plus, la déclaration parlementaire demande :</p>
<p>« Aux gouvernements d’explorer les mécanismes multinationaux qui permettront de travailler de manière coordonnée sur les défis du changement climatique au Tibet, y compris grâce à la participation directe des Tibétains. À cette fin, les participants de cette conférence rédigeront et publieront une lettre ouverte exprimant le rôle crucial du Tibet en tant que troisième pôle et ce avant la tenue de la conférence des NU sur le changement climatique de Copenhague ».</p>
<p>Les effets du changement climatique sur le Tibet ont été bien démontrés. Les températures sur le plateau s&#8217;élèvent plus rapidement que dans les autres régions du globe. Les glaciers fondent, ce qui augmente l’exposition des roches et du sol ainsi que l&#8217;absorption des radiations solaires et accélère le réchauffement. En raison de variations du cycle de la mousson, une grande partie du Tibet s’assèche et se désertifie. Ces changements ont été amplifiés par les politiques du gouvernement chinois envers le mode de vie traditionnel et ancestral des populations nomades.</p>
<p>Le Tibet, considéré par la Chine comme son « premier réservoir d’eau», fournit de l&#8217;eau à une dizaine de nations situées en aval. La disparition des glaciers entrainera à long terme de graves pénuries en eau. Plus d&#8217;un milliard de personnes en Asie sont directement concernées par l’avenir des glaciers et des prairies du Tibet. Le peuple tibétain est le principal concerné par les conséquences de ces changements et doit être amené à jouer un rôle prépondérant dans la mise en œuvre de solutions.</p>
<p>Le Tibet occupe une place centrale dans la recherche d’une solution globale au changement climatique. En tant que principal source d’approvisionnement des rivières et d’eau de pluie de la mousson en Asie, les prairies du Tibet pourraient être amenées à jouer un rôle de ‘puits de carbone’ si elles étaient correctement gérées. Pour ces raisons, nous demandons aux négociateurs de la Conférence de réfléchir à des politiques qui tiennent compte des points suivants :</p>
<p>1. Mener des évaluations scientifiques internationales et indépendantes sur les changements de l’écosystème et des ressources en eau et sur les politiques d’utilisation des terres sur le plateau tibétain.</p>
<p>La participation de scientifiques, de protagonistes tibétains ainsi que des nations qui dépendent de l&#8217;eau du Tibet est nécessaire pour mener à bien un examen rigoureux des conditions sur le plateau. Ceci permettra de définir une approche équitable et durable en vu d’adapter et d’atténuer les effets du changement climatique dans la région et de restaurer un écosystème et une gestion des prairies et forêts sur base des résultats des recherches scientifiques.</p>
<p>2. Impliquer les Tibétains et surtout les nomades dans le processus décisionnel et dans la gestion des ressources naturelles.</p>
<p>Les nomades ont été les principaux gestionnaires des ressources du haut plateau depuis plusieurs millénaires. Leur expérience est essentielle non seulement pour la compréhension des modifications de l’écosystème mais également pour faire face aux menaces de la désertification et de l’érosion. Malheureusement les politiques du gouvernement chinois ignorent ces aspects sociaux et continuent de déloger les nomades de leurs prairies au nom d’une soi-disant tentative de réduction de la désertification. Des études prouvent au contraire que la gestion des prairies par les nomades eux-mêmes aide à restaurer les régions dégradées.</p>
<p>3. Encourager la coopération transfrontalière et l’implication des acteurs régionaux et locaux dans les processus décisionnels et dans la gestion des ressources hydrauliques du plateau.</p>
<p>Une telle coopération multinationale rendra plus efficace les politiques d’atténuation des effets du changement climatique et favorisera des stratégies d&#8217;adaptation équitable à même de réduire le risque de conflits liés à l’eau.</p>
<p>Autant le rôle de la Chine est essentiel dans la mise en œuvre de solutions globales contre le changement climatique, autant le rôle du Tibet est indispensable à la Chine pour la réussite de leur mise en œuvre.</p>
<p>Nous invitons les négociateurs à s&#8217;assurer que les stratégies développées pour lutter contre le changement climatique tiennent compte des Tibétains et en particulier des nomades. Cette approche est essentielle pour comprendre, atténuer et s’adapter aux changements qui touchent les rivières, les forêts et les prairies du haut plateau dont dépendent plus d’un milliard de personnes pour garantir leur bien-être, et dont les pays voisins dépendent pour maintenir une sécurité et une stabilité régionales.</p>
<p><strong>Au nom du réseau parlementaire international sur le Tibet</strong></p>
<p>·        Matteo Mecacci, Député, Président de l’intergroupe sur le Tibet, Parlement, Italie<br />
·        Consiglio Di Nino, Co-président du groupe parlementaire les Amis du Tibet, Sénat, Canada<br />
·        Birgitta Jonsdottir, Députée, Présidente de l’intergroupe parlementaire sur le Tibet, Islande<br />
·        Peter Slipper, Député, Groupe parlementaire sur le Tibet, Chambre des Représentants, Australie<br />
·        Sanjoy Takem, Député, Président de l’intergroupe parlementaire sur le Tibet, Inde<br />
·        Thomas Mann, Député Européen, Président de l’Intergroupe sur le Tibet, Parlement européen<br />
·        Penpa Tsering, Député, Président du Parlement Tibétain en exil<br />
·        Dolma Gyari, Députée, Vice-Présidente du Parlement Tibétain en exil<br />
·        Lionnel Luca, Député, Président du Groupe d’étude sur le Tibet, Assemblée nationale, France<br />
·        Patrick Bloche, Député, Vice-Président du Groupe d’étude sur le Tibet, Assemblée nationale, France<br />
·        Dominique Tian, Député, Vice-Président du Groupe d’étude sur le Tibet, Assemblée nationale, France<br />
·        Mark Durkan, Député, Royaume-Uni<br />
·        Norman Baker, Député, Royaume-Uni<br />
·        Kent Olsson, Député, Président du groupe parlementaire sur le Tibet, Suède<br />
·        Dalia Kuodytė, Députée, Présidente du groupe parlementaire sur le Tibet, Lituanie<br />
·        Daniel Spagnou, Député, Membre du Groupe d’étude sur le Tibet, Assemblée nationale, France<br />
·        Harry Cohen, Député, Royaume-Uni<br />
·        Tim Loughton, Député, Royaume-Uni<br />
·        Lord David Steel, Député, Royaume-Uni<br />
·        Isabelle Durant, Députée européenne, Vice-présidente du Parlement européen<br />
·        Sukhdev Sharma, Membre du Comité Economique et Social Européen<br />
·        Heidi Hautala, Députée européenne, Présidente du Comité sur les Droits de l’Homme, Parlement euiropéen<br />
·        Eva Lichtenberger, Députée européenne, Vice-Présidente de l’Intergroupe sur le Tibet, Parlement européen<br />
·        Raul Romeva, Député européen<br />
·        Juliette Boulet, Députée fédérale, Belgique<br />
·        Xavier Baeselen, Député fédéral, Belgique<br />
·        Georges Dallemagne, Député fédéral, Belgique<br />
·        Mariko Peters, Député, Pays-Bas<br />
·        Villy Sovndal, Député, Danemark<br />
·        Nathalie Griesbeck, Députée européenne<br />
·        Aleksei Lotman, Député, Président du Groupe parlementaire sur le Tibet, Estonie<br />
·        Beata Bublewicz, Députée, Présidente du Groupe parlementaire sur le Tibet, Pologne<br />
·        Jolanta Szczypinska, Députée, Pologne<br />
·        Mike Pringle, Député, Président de l’Intergroupe écossais sur le Tibet<br />
Lien vers la déclaration parlementaire sur le Tibet de Rome (anglais)  <a href="http://www.savetibet.org/media-center/tibet-news/rome-declaration-tibet">http://www.savetibet.org/media-center/tibet-news/rome-declaration-tibet</a> (19 Novembre 2009)<br />
Lien vers la carte blanche du Soir cosignée par Richard Gere, Président de l’International Campaign for Tibet (8 décembre 2009) <a href="http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/2009-12-08/tibet-le-troisieme-pole-742340.shtml">http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/2009-12-08/tibet-le-troisieme-pole-742340.shtml</a></p>
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