« Déclaration sur la situation critique au Tibet » par Kalon Dicki Chhoyang – Dharamsala, 6 février 2012
L’administration centrale du Tibet (CTA) se dit très préoccupée et tire la sonnette d’alarme au vu des derniers événements : trois nouvelles auto-immolations à Serthar, dans le Sichuan, le vendredi 3 février 2012.
Selon des sources non confirmées, il s’agirait de trois Tibétains, deux dans la soixantaine et le dernier âgé d’une trentaine d’années. Tous les trois sont blessés, mais l’on ignore la gravité exacte de leur état et le lieu où ils se trouvent.
Nous avons aussi entendu parler de nombreuses forces de sécurité et d’une présence policière renforcée dans les environs de Lhasa et à l’intérieur de la ville, ainsi qu’autour des monastères principaux de Ganden, Sera et Drepung. D’autre part, les mesures draconiennes qui ont été prises pour réduire les déplacements des Tibétains dans la capitale pourraient exacerber la situation déjà très tendue au Tibet. A la veille du nouvel an tibétain, le 22 février prochain, et à l’approche du 10 mars date commémorative du soulèvement des Tibétains en 1959, nous redoutons de nouveaux affrontements sanglants avec des morts. L’administration centrale du Tibet, élue démocratiquement pour représenter la communauté tibétaine, exhorte la communauté internationale à se rapprocher directement et immédiatement du pouvoir central de la Chine afin que ce dernier exerce son contrôle sur les autorités locales et interdise les violences policières et les coups de feu sur des citoyens non armés.
Des actes aussi drastiques que ces auto-immolations nous prouvent que les mesures chinoises au Tibet ont franchi un nouveau seuil de répression. Ces actes, qui ne sont pas des signes ordinaires de protestation, nous envoient un message que l’on ne saurait ignorer. Ils témoignent d’un rejet catégorique de l’occupation incessante du Tibet et des mesures répressives du gouvernement chinois. Ils indiquent la détermination du peuple tibétain à recouvrer la liberté. Il y a plus de cinquante ans, des milliers de Tibétains ont été poussés à l’exil à cause de l’invasion du Tibet par la Chine. Depuis lors, un vaste réseau d’amis du Tibet s’est tissé dans le monde entier. Aujourd’hui, en cette période critique, nous souhaitons exprimer notre profonde gratitude à l’égard de ces personnes, ces ONG, ces groupes de défense du Tibet, et des différents gouvernements étrangers qui ont récemment et publiquement exprimé leur préoccupation face à la situation actuelle au Tibet. Votre indéfectible soutien pour rétablir la vérité et la justice a permis de maintenir en vie la question tibétaine.
Nous exhortons le gouvernement chinois à entendre les doléances prioritaires du peuple tibétain. C’est seulement ainsi que l’on pourra trouver une solution pérenne à l’escalade des tensions dans la région et au conflit de longue date qui oppose les Tibétains au gouvernement chinois. Comme nous l’avons vu récemment, les régions tibétaines ont été fermées et les journalistes interdits. La communauté internationale doit faire savoir sans détour aux dirigeants de Pékin que le monde entier est inquiet et suit de près le déroulement des événements au Tibet.
Pour montrer notre solidarité et pour nous faire entendre, nous tous qui soutenons les droits fondamentaux du peuple tibétain en cette période critique, nous invitons la communauté internationale à participer à une journée de veille mondiale pour le Tibet, le 8 février 2012. Nous demandons à chacun de conduire ces rassemblements dans le calme, en respectant les lois de votre pays, et avec dignité. A Dharamsala, l’administration centrale du Tibet se réunira à 15 heures pour prier dans le temple principal deTsuglakhang.
Le Kalon Dicki Chhoyang
Ministère de l’information et des relations internationales
Le 6 février 2012
*Traduction FM / FRANCE TIBET










