Les Tibétains perdent un grand soutien.
Danielle Mitterrand est décédée aujourd’hui à Paris, à l’âge de 87 ans.

1999, Light of Truth d’ICT : Danielle Mitterrand, Riki Hyde-Chambers (au nom de Hugh Richardson), Richard Blum (au fond) avec sa Sainteté le Dalaï-lama.
Madame Mitterrand était la veuve de François Mitterrand, Président français de 1981 à 1995, et était connue pour son travail en faveur des droits de l’homme. Elle a été honorée par Sa Sainteté le Dalaï-lama, en collaboration avec International Campaign for Tibet, du prix Light of Truth (Lumière de la vérité) en 1999 « pour son appui indéfectible aux populations vivant sous contrainte et pour sa promotion des principes démocratiques et ses autres initiatives en faveur d’un monde plus pacifique ».
Danielle Mitterrand a fait partie de la Résistance française pendant la seconde guerre mondiale et avait été décorée pour son héroïsme. Elle pensait que la France avait un rôle spécial dans la promotion des droits de l’homme à travers le monde. Bien qu’elle ait séparé ses combats de son rôle officiel de première dame de France, elle s’est servie de sa réputation pour attirer l’attention sur le Tibet et pour inciter le gouvernement chinois à respecter les droits du peuple tibétain.
« Madame Mitterrand a été une force puissante et persévérante, lorsque la France cherchait sa voix pour le Tibet. De telles voix claires doivent continuer à être entendues, si nous voulons vraiment honorer son héritage », explique Vincent Metten, directeur d’ICT à Bruxelles.
En 1986, Madame Mitterrand a fondé France Libertés, une association qui œuvre à faire avancer la cause des droits de l’homme dans le système international. En 1989, France Libertés a remis le premier prix de la Mémoire au Dalaï-lama, ce qui était, a-t-il dit, « une claire indication de la reconnaissance internationale de valeurs telles que la non-violence ».
Dans son dernier message public destiné aux soutiens de France Libertés, elle écrit : « Les tapis rouges des voyages présidentiels ne m’ont pas égarée, pas plus que les lustres ne m’ont éblouie. J’ai vu s’effondrer des dictatures, d’autres se constituer avec la protection et parfois l’encouragement des puissants de ce monde. J’ai vu s’écrouler le communisme comme un château de cartes bousculé par les peuples qui ne supportaient plus le mépris de ses dirigeants. »
Madame Mitterrand avait gardé un œil fixé sur la situation au Tibet. S’adressant à des journalistes en 2004 à Agen, dans le sud de la France, elle avait averti que le Tibet était en passe de devenir une poudrière d’envergure internationale, puisque les pays voisins se trouvent eux-mêmes entraînés dans des conflits non souhaités en raison des systèmes hydrauliques transfrontaliers qui s’amenuisent.
Le Parlement tibétain en exil a publié une déclaration, stipulant notamment : « Avec son décès, le peuple tibétain a perdu une véritable amie. »
Traduit par Elodie Bernard









