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Le dernier rapport d’ICT se penche sur la répression  qui frappe les écrivains et les artistes tibétains depuis mars 2008.

La détention de l’influent auteur tibétain, Shogdung, le 23 avril à Xining rend compte de la nouvelle vague de répression qui frappe les auteurs, les artistes et les enseignants du Tibet depuis les événements de mars 2008. Shogdung (qui signifie « la Conque du matin») est le nom de plume de Tagyal.

Il est l’un des plus remarqués parmi les 31 auteurs, bloggeurs et intellectuels qui se trouvent actuellement en prison. Toutes ces personnes ont été condamnées pour avoir exprimé leur point de vue, écrit de la poésie et de la prose ou tout simplement, pour avoir partagé des informations sur les politiques mises en place par la Chine et leurs impacts sur le Tibet aujourd’hui. « Séparer le ciel de la terre » qui est le nouveau livre de Shogdung et bien d’autres ouvrages écrits depuis le printemps 2008 par des Tibétains se classent parmi les plus larges actes d’accusation concernant la politique chinoise au Tibet des 50 dernières années.

Une résurgence littéraire et culturelle se fait nettement sentir sur le plateau tibétain depuis les événements du printemps 2008 à Lhassa qui se sont placés contre les politiques chinoises et en soutien au Dalaï-lama.

Les écrivains tibétains de Xining et des autres districts de l’Amdo (province tibétaine aujourd’hui incorporée en grande partie dans le Qinghai) comprennent généralement aussi bien le Chinois que le Tibétain et utilisent Internet et des photocopieuses. Ils sont les premiers acteurs de ce renouveau. Des chanteurs et des enseignants sont également engagés dans ce processus de résurgence d’une forte identité culturelle tibétaine.

Ceux qui osent réfuter la version officielle des événements de mars 2008 et qui constituent la nouvelle génération d’intellectuels représentent un défi bien plus important qu’auparavant, pour le Parti communiste chinois. Cela signifie par conséquent que chaque individu est soumis à davantage de risques. Pour la première fois depuis la fin de la Révolution culturelle en 1976, chanteurs, artistes et auteurs sont les cibles de représailles contre la culture tibétaine dans laquelle la moindre expression de son identité qui n’aurait pas été validée par l’Etat chinois peut être qualifiée de « séparatiste ».

Bien qu’ils soient moins connus à l’extérieur de la Chine que les dissidents chinois tels que Liu Xiaobo et Hu Jia, beaucoup d’intellectuels tibétains sont célèbres parmi les leurs, et ils effectuent de longues peines de prison pour s’être exprimé de manière pacifique. Leurs préoccupations concernant les restrictions et la répression reflètent ceux de leurs homologues chinois.

Le rapport détaille :

• Les cas de plus de 50 Tibétains, dont 13 auteurs, engagés dans le milieu artistique et la sphère publique. Ils sont en prison ou ils ont disparus ou ils sont soumis à des tortures et du harcèlement parce qu’ils ont exprimé leur point de vue.

• De nouvelles informations sur la détention de fonctionnaires qui étaient bien établis, sur le rédacteur et essayiste Shogdung, et la première traduction en anglais d’extraits de son dernier livre, « Séparer le ciel de la terre ». Cet ouvrage qui est très probablement à l’origine de son arrestation le 23 avril est une analyse détaillée des manifestations de 2008 qu’il décrit comme le réveil de la conscience et de la solidarité nationale tibétaines. C’est un plaidoyer en faveur du droit à la désobéissance civile sur l’exemple du courant de non-violence de Gandhi.

• Les cas des Tibétains qui ont été condamnés à de longues peines de prison pour s’être exprimé au sujet du resserrement de la situation par des mails ou par des conversations téléphoniques. Les peines qu’ils encourent indiquent que la Chine s’est engagée dans une politique de tolérance zéro vis-à-vis de ceux qui livrent des informations sur le Tibet, qu’elles soient ou non de grande importance. En vertu de la loi nationale et de la Charte universelle des Droits de l’Homme, cette politique est contraire aux engagements contractés par l’Etat chinois au sujet de la liberté d’expression dans le pays.

• Une liste des chanteurs et artistes tibétains qui ont été arrêtés à cause des textes de leurs chansons, une traduction en anglais des documents officiels de condamnation d’un jeune chanteur qui prouve la nature des mesures prises par les autorités chinoises pour faire taire les Tibétains qui n’adopteraient pas la version officielle de la Chine, que ce soit sur la situation du Tibet avant les années 50 ou sur les émeutes du printemps 2008.

Pour accéder au rapport (en anglais) “A raging storm: The crackdown on Tibetan writers and artists after the Tibet’s Spring 2008 Protests”

LE RAPPORT au format PDF

Texte traduit de l’anglais par Elodie Bernard


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